Gears of War

C’est en lisant la note de Cliff Bleszinski, le responsable conception de Gears of War, faisant guise d’intro de la notice du jeu (comme quoi, c’est parfois intéressant de les lire), qu’on apprend comment lui ai venu l’idée de créer Gears of War. Trouvant les autres jeux de guerre pas du tout réaliste dans leur gameplay (sauter partout, tirer en cercle…), c’est tout simplement en jouant au paintball et n’osant pas bouger accroupi dans les bois, les billes de peinture éclatants partout autour de lui, qu’il s’est dit : « Etre pris dans une fusillade doit ressembler à ça ! »… Quelques minutes de jeu le pad en main suffisent pour dire que Mr Bleszinski a tout compris !

D’une beauté apocalyptique

Mais parlons du gameplay plus tard, puisque la première chose qui saute aux yeux c’est bien entendu les graphismes. Epic Games ne s’est pas restreint à proposer un gameplay révolutionnaire, mais aussi à en mettre plein les mirettes, tant sur la finesse des graphismes, sur le détail des textures ou sur la mise en scène à couper le souffle. Le jeu est sidérant durant les 5 chapitres, la profondeur de champ est incroyable, et certains effets comme la pluie qui ruisselle et qui s’illumine lors d’un éclair, prouvent à quel point la 360 en a dans le ventre. Certains reprocheront certainement l’effet de scintillement (voulu) et les graphismes en général trop sombres, mais cela renforce l’ambiance oppressante et l’atmosphère apocalyptique de Gears of War. On s’incline également devant la modélisation des protagonistes, alliés et ennemis, ainsi que sur leur variété.

Je parlais de mise en scène, en effet les développeurs ont mis les bouchées doubles pour que le joueur soit totalement immergé dans l’aventure, et celui-ci sursautera plus d’une fois. Mouvements de caméra soudain révélant une embuscade, caméra portée sur l’épaule lors des sprints, sang giclant sur l’écran… on s’y croirait. La bande son est quand à elle fabuleuse, tant au niveau des bruitages que de la musique, et on chipotera juste au niveaux des voix des soldats. Pas que le doublage soit mauvais, loin de là, mais on a parfois du mal à entendre ce que les personnages racontent, et à moins de régler les bruitages et les musiques sur « 0 », on y fera rien. Avec tout ça, Gears of War peut facilement être déclaré jeu techniquement le plus abouti de la machine… en tout cas pour l’instant.

Les mécanismes de la guerre

Pour rendre leur jeu « réaliste », les programmeurs ont préféré créer leur univers et miser tout sur la façon de jouer, plutôt que de s’inspirer de fait réels, comme il est souvent le cas dans ce genre de titre (Call of Duty, Medal of Honor…). Le pari est réussi, bien que l’ennemi soit composé d’humanoïdes monstrueux, on ne s’y est jamais autant cru. Le secret ? Une toute nouvelle façon de jouer. Derrière un aspect très bourrin et violent, Gears of War est certainement le jeu le plus intelligent de ce type, et foncer dans le tas se révèlera suicidaire (même dans le mode « recrue »). Ici, tout se base sur l’utilisation du bouton « A ». C’est en effet grâce à cette commande qu’on a accès à divers mouvement. Ainsi en face d’un mur, d’une haie ou de n’importe quel élément du décor, on se placera à couvert. Dans cette position d’autres actions seront disponibles. On pourra tirer à l’aveugle, permettant de rester protégé tout en arrosant le camp adverse de balles imprécises, prendre le risque de découvrir sa tête en tentant d’abattre un ennemi, ou encore trouvé une autre cache en inclinant le stick de déplacement dans la direction désirée et en cliquant de nouveaux sur « A ».

Une autre excellente idée concerne le rechargement de l’arme, en cliquant une seconde fois sur le bouton concerné, un « rechargement éclair » se produira, à condition de l’avoir effectuer avec le bon timing. En cas d’échec, l’arme s’enraye et recharger mettra deux fois plus de temps qu’à l’ordinaire, via un timing parfait (symbolisé par un témoin blanc dans la jauge de recharge), un bonus de dégâts sera attribué en plus. A savoir que les Locustes (les monstres humanoïdes) ont également accès à cette palette de mouvement, et dispose d’une IA particulièrement bien développée. Ainsi, il faudra faire preuve de stratégie durant les affrontements et heureusement, les possibilités seront nombreuses dans de tels face à face. Plutôt que de rester avec ses coéquipiers en restant à couvert et en mitraillant tout ce qui bouge, on pourra tenter de contourner les ennemis pour les prendre à revers et ainsi tenter un génocide au corps à corps. On appréciera d’ailleurs le sadisme des développeurs d’avoir équiper le Lanzor (l’arme principale faisant office de fusil d’assaut) d’une baïonnette tronçonneuse coupant littéralement l’ennemi en deux dans un flot de sang, violent et… jouissif ! Un jeu à ne pas mettre entre toutes les mains donc et on comprend aisément son interdiction aux mineurs.

Faites la mort !... pas la guerre !

On aurait très bien pu se contenter du mode solo, tant il apporte une expérience nouvelle, on aurait ainsi juste critiqué la durée de vie faiblarde du soft (c’est tellement bon que c’est trop court), mais voilà, les développeurs ont décidé de nous achever avec un mode multi à tomber par terre (d’ailleurs, on a apprit récemment que l’indétrônable Halo 2 s’est fait chipper la place du jeu le plus joué sur le Live). Avec une telle jouabilité, on ne s’étonne pas de prendre son pied contre des joueurs réels, et d’autres facteurs sont à tenir en compte et rendent le jeu encore plus prenant.

Rares sont les jeux à donner un tel intérêt au travail d’équipe, outre le fait qu’il est important de rester groupé et de bien écouter les directives de son groupe, on notera la possibilité de soigner un membre de son escouade blessé. En effet, si ce dernier a été touché suffisamment mais pas mortellement, il devient incapable de bouger et mourra si, un ennemi l’achève, ou si il perd trop de sang. Son rôle sera alors de mitrailler le bouton « A », pour minimiser le saignement et d’attendre qu’un équipier vienne le remettre d’aplomb. Ce principe peut ainsi permettre de tendre des embuscades, en blessant un joueur, on peut ainsi en attirer un autre (venu pour le soigner), et de faire ainsi une pierre deux coups. De plus les parties s’enchaînent très vite, c’est aussi tactique qu’un Rainbow Six, mais sans la contrainte d’attendre 3 plombes entre chaque partie. A noter aussi que le jeu ne perd en rien de sa superbe et reste toujours aussi magnifique. Seul bémol du mode multijoueurs, le combat au corps à corps devient un peu trop brouillon, fallait bien trouver quelque chose.

Gears of War est bien la bombe tant attendue, graphismes à couper le souffle, univers opressant et jouabilité originale et instinctive. Il met une claque à tous les jeux d'action . Halo 3 à intérêt à faire très fort pour nous faire détourner du regard la bombe d'Epic games