Oooh mon bel Empire !

La saga Total War de Sega est rapidement devenue une perle du Stratégie en Temps Réel en quelques années. Genre qui n'arrête plus d'évoluer, le STR se voit avec Medieval II devenir... Spectaculaire, là où le STR pouvait être synonyme de lenteur et de platitude, Sega nous prouve le contraire...

Le réalisme tactique

Avant toute chose, le gameplay de Medieval II est divisé en deux principes : gestion et combats.
On va s'attaquer au gros point fort de ce titre ou en tout cas le plus marquant ce sont les combats.
Vous avez votre armé que vous avez recruté au fil du temps de jeu, divisé en plusieurs groupes avec chaque caractéristique : fantassins, paysans, cavaliers lourds, archers, arbalétriers, etc que vous devez mettre en place avant chaque combat, différentes lignes offensives ou défensives et ordre d'attaque seront des bases tactiques à garder pour chaque combat. Préparées, vos troupes vont commencer à accomplir vos ordres qui seront plus ou moins simples mais bourrés de subtilités.

Vous allez donner à vos hommes l'ordre d'attaquer l'ennemi en quelques clics mais les conséquences seront bien différentes si vous êtes en faible nombre ou si vos hommes sont fatigués car vous leur avez demander de "courir", le morale est au plus bas car vous êtes en infériorité numérique, vos archers plombent l'ennemi pendant que des vos hommes sont dans le tas sera très dangereux et même peu efficace, la position des hommes sera aussi différente et donc influencera l'efficacité des attaques.
Bref, les combats sont tactiquement très subtils car très précis. Essayer de surprendre l'ennemi il sera alors déboussolé, ce sera le moment d'attaquer. Le jeu prend en considération les émotions des hommes ainsi que leurs actions. Toute action a une conséquence dans Medieval II, cela provoques des combats très réalistes.

Patience est la clé de la victoire

Mais cela provoque aussi une certaine difficulté. Il y a, en effet, tellement de paramètres à prendre en compte, que le joueur pourra sembler confus au premier abord, on pourra aussi se demander "pourquoi je ne gagne pas car je suis en surnombre ?" Certainement qu'il y a peu de subtilités dans l'attaque, c'est une erreur très fréquente, on a tendance à penser que "foncer dans le tas" en surnombre fonctionnera... On est pas dans un film hollywoodien non plus... Il faut prendre beaucoup de choses en considération (tellement qu'il est impossible de les énumérer, on a passé l'ère du "script" avec ce soft depuis belle lurette...), cela rend donc le jeu quelque peu difficile et des fois surprenant.

Comme l'action est en temps réel, le joueur a tendance à penser qu'il doit réagir avec impulsion... Le jeu est muni d'un menu "pause" et "avance rapide" afin de soit, prendre le temps d'analyser la question. Certes, on perde un peu le charme du "temps réel mais néanmoins utile et petit à petit les rouages rendront ces pauses inutiles. Ceci est une bonne chose justement pour éviter de noyer le novice du genre dans un flot d'informations et actions à retenir.
De la même façon un tutoriel es disponible tout le temps de la partie, représenté en tant que "conseiller militaire", à vous ensuite de régler les besoins de ces aides mais là encore il est utile (indispensable ?) de les écouter, même si la quantité informative est énorme.

Gestion complète

Passons au côté gestion qui est, certes, moins spectaculaire que le combat, mais tout de même très profond. Vous devez choisir plusieurs empires (ou royaumes) : Angleterre, France, Saint Empire Romain, Espagne et Venise avec chacune des missions précises à remplir qui consiste principalement à conquérir un empire adverse. Pour la France, vous devrez battre l'Angleterre (qui vous a piqué Caen en plus...) ainsi que Jérusalem (tout dépend de quel campagne vous choisissez). ce qui nous intéresse surtout, c'est la liberté avec laquelle le joueur est autorisé à accomplir ses buts. Si vous préférez prendre votre temps en créant un Empire riche et puissant en s'attardant sur le développement de vos villes ou si vous êtes un bourrin qui accumule les ennemis... Tout comme les combats, la patience est le maitre-mot du soft. Cela dit, rien ne vous empêche de déclarer la guerre à l'Empire Romain qui vous à pris Dijon qui était annexé et donc vous intéressait (on sent le vécu là...).
Bref, vous êtes celui qui dirige le Royaume de France (qui deviendra vite un Empire quand vous allez accumuler les territoires).

Cette liberté d'action est là aussi marqué par un nombre important d'action possibles. Vous devrez gérer les comptes, pour cela faire attention aux dépenses, aux impôts, aux pertes, à la maladie, etc. Faire attention au bien être du peuple, faire attention aux différentes requêtes pontificales ou nobles, marchander avec les empires voisins, gérer les alliances, éliminer les gêneurs grâce aux assassins, infiltrer l'ennemi, récupérer les matériaux premiers. Bref, ceci n'étant qu'un aperçu des possibilités.
Le fait est que cette liberté étant très alléchante peut aussi calmer les ardeurs du novice qui a pleins de chose sà penser d'un seul coup... C'est pourquoi les aides et le temps seront nécessaires pour se faire plaisir dans l'évolution de votre Empire.

Une forte identification

Techniquement parlant, le jeu est une véritable bombe... Jamais un STR n'avait eu des batailles aussi crédibles et riches en animations et éléments graphiques. Des centaines et centaines de personnages sont animés sur votre écran prêts à accomplir vos ordres, le tout dans des décors animés riches et vastes que l'on peut voir dans tous les sens... C'est en zoomant au coeur des batailles qu'on se rend compte de la qualité technique du soft et des détails graphiques. Certes, nous ne sommes pas dans un FPS dernier cri, mais la qualité est telle que l'immersion est plus haut niveau. Rapidement, commander ses hommes n'est plus un plaisir vidéoludique mais presque un plaisir humain tant la précision tactique, la qualité visuelle et surtout la qualité sonore est au rendez-vous.
Le son des flèches traversant l'écran, l'escouade des cavaliers qui chargent l'ennemi, les encouragements des soldats comme "Pour le Roi ! Pour la France !" a quelque chose de très jouissif à se prendre pour un général d'un Empire.
Qui plus est, le doublage français est d'une très bonne qualité et permet de donner vie à ce jeu de stratégie. La qualité stratégique du soft nous donne la possibilité de vivre des émotions perdues. certes, c'est aussi un jeu vidéo et le tout est mis en scène mais ce plaisir de commander et de pousser ces troupes à la victoire a quelque chose de particulièrement fier.

Du temps pour tout explorer

Le jeu vous permet, comme dit plus haut, de jouer avec cinq empires, certes, mais vous pourrez voyager jusqu'au Moyen-Orient ou encore en Amazonie avec l'aide des navires... Il y a du monde à découvrir et donc beaucoup de temps de jeu. Encore une fois, tout dépend de la façon dont vous vous y prenez mais si vous vous investissez dans le soft, il vous prendra des dizaines et dizaines d'heures...
Lorsque vous battez des nouveaux empires comme l'Amazone, le Portugal, l'Egypte, etc ils deviennent alors jouables et c'est donc de nouvelles missions à accomplir, ceci diversifie le jeu quelque peu le jeu. Au total, c'est 17 factions de jouable... Et 21 en multi. Et oui, un mode multi et online sont présent afin de relancer l'intérêt du soft et aussi renforcer l'aspect stratégique du jeu en se mesurant à des joueurs physiques. Il y a donc énormément de choses à faire et ça c'est du tout bon. Après, il est sûr qu'aussi soit bon ce jeu, la nature du genre vous oblige à passer pas mal de temps pour l'apprécier, c'est toujours le problème... Donc à moins d'être réellement accro, il sera difficile de tout faire, après, tout dépendra de votre approche comme d'habitude.

Il y a eu beaucoup de jeu de stratégie cette année mais ce Medieval II est une valeur on ne peut plus sûr. Il est au réalisme ce que Heroes Might & Magic est à la fantasy : une référence. Le gros problème de ce Medieval II est son léger manque d'accessibilité aux novices et ce malgré la présence de tutos. Trop de choses à faire, à penser et trop d'actions à prendre en compte en même temps pourraient rebuter certains joueurs, tout est question de patience. Peut-être qu'un début de jeu plus progressif aurait été appréciable. Mais le jeu reste ce qu'il est : un STR passionnant.