BERLIN 1943 - Les secrets de l'opération Wintersun

Décidément, la seconde guerre mondiale fait toujours parler d’elle, même au 21ième siècle, mais cette mémoire est indispensable à nos descendants pour leur montrer que l’atrocité a existé et qu’il ne faut pas l’oublier.

Transposé dans Berlin

C’est dans un contexte moins dramatique que Micro application, ou plus exactement les développeurs autrichiens de Sproing Interactive, viennent de peaufiner leur bébé, le dénommé « BERLIN 1943 – Les secrets de l’opération Wintersun », qui sera dans vos bacs le 16 février 2007. Il s’agit d’un jeu d’aventure historique que vous vivrez au travers du célèbre physicien John Russell, lequel accepte une mission de confiance très dangereuse délivrée par les services secrets britanniques du MI6 (un tout petit peu contraint le pauvre…). Cette mission consiste à récupérer des informations secrètes sur une arme de développement massive, susceptible de toucher Londres et plus généralement l’Europe. Le sympathique physicien est envoyé au 3ième Reich, résigné à sauver d’éventuelles vies, ou tout au moins, de faire de son mieux pour progresser sans être confondu.

Après une cinématique d’introduction de très bonne facture, le joueur se retrouve à la troisième personne, et utilise le système du « pointe et clique », qui a, par exemple, fait ses preuves dans la série des chevaliers de Baphomet. C’est donc en terrain connu que nous nous aventurons. Un bon point pour Micro Application même si ce genre de procédé à tendance à disparaître.

Graphiquement réussi

Sans être transcendants, les graphismes sont relativement bons, et l’on sent que l’équipe de programmeurs s’est lâchée sur cette tâche. Le « press kit Berlin » que j’ai reçu avec le jeu (sorte de DVD comprenant les dessins du jeu, les maquettes), est bien là pour le prouver. C’est du très bon travail qui a été effectué sur les graphismes et les animations. D’ailleurs, après plusieurs heures de jeu, je peux vous affirmer qu’il n’existe presque aucune scène où il n’y a aucune animation, du genre d’un oiseau qui sifflote, d’un drapeau qui flotte, d’un garde qui fait sa ronde, etc. Ceci renforce l’effet d’immersion qui est déjà présente dès les premières minutes de jeu.

Un petit bémol vient cependant obscurcir le tableau : la correction gamma…. Et oui, pourquoi je parle de la correction gamma ? Et bien parce que si vous ne l’augmentez pas, vous risquez de passer à côté d’indices très subtiles (un fil noir dans un décor noir) mais que c’est au détriment de la beauté du jeu qui s’en trouve dégradée. Il faut donc trouver le juste milieu pour avoir à l’écran un bon jeu sans trop se casser la tête à chercher les indices. Une minime correction gamma sera, à mon sens, nécessaire. Rien de bien méchant je vous l’accorde.

Un scénario mêlé à une bonne difficulté

Le scénario du jeu se tient, et sans le dévoiler, il est clair que vous allez vous mordre les doigts plus d’une fois. Effectivement, on arrive vite dans l’inventaire avec une vingtaine d’objets, donc certains sont quasiment inutiles, mais on les garde de peur qu’ils ne puissent servir…. Et puis, on a parfois tellement l’impression que notre « solution » est FORCEMENT la bonne qu’on fonce tête baissée, pour s’apercevoir qu’il fallait faire autrement…frustrant à certaines occasions…

Quant à la difficulté du jeu, celle-ci a été savamment dosée : plus le héros progresse dans l’histoire, plus les énigmes sont difficiles à résoudre. Je vous rassure, elles ont pratiquement toutes un sens logique. Tout semble avoir été calculé au détail prés par les développeurs de chez Sproing Interactive pour vous tenir en haleine plusieurs heures. Ici, on peut dire que tout « se tient », c'est-à-dire qu’il n’y aura pas d’action totalement farfelue, genre appuyer sur le bouton rouge trois fois parce que c’était trois fois que c’était décrété. Non, au contraire, toutes les énigmes sont logiques, et avec un peu de bon sens, vous y parviendrez même si vous mettrez plusieurs minutes à trouver….

On s’attache forcément également au héros de l’histoire (ou anti-héros, tellement il est « humain » ??), le docteur RUSSEL, dont l’animation a été correctement reproduite. Il n’y a que quelques scènes du jeu (notamment celles où vous devez rester discret), où l’on a l’impression qu’il se traîne les savates et que l’on aimerait bien qu’il se magne un petit peu. Rien n’entache le scénario qui avouons-le, a été travaillé en profondeur. Nous allons de rebondissements en rebondissements et vous ne serez pas déçus par la tournure que prendra votre aventure. Je peux même me risquer à dire que rien à lui seul, le scénario mérite l’achat du jeu : il est historiquement assez poussé pour s’y attarder, ne manque pas d’humour, et il est rempli de répliques et de situations cocasses.

Certains d’entre-vous vont se poser la question : Un jeu estampillé « Micro Application » peut-il être vraiment un bon jeu ? La réponse est sans aucun doute « oui », au vu de ce BERLIN 1943 qui a réussi à me tenir en haleine jusqu’à la fin….que je ne vous dévoilerai pas, à moins de payer cher…..

Alors oui, vu le prix attractif du soft (prix conseillé de moins de 40 euros), vu les efforts portés par l’équipe de programmeurs, et surtout vu le résultat, on ne pouvait que guère prétendre à mieux. BERLIN 1943 vous tient et ne vous lâche plus, et il est très dur de s’en défaire. Alors moi je dis, pour le travail accompli et pour le prix, vous pouvez y aller, vous ne serez pas déçus.