Castlevania se renouvelle sans impressioner

Castlevania a toujours été un jeu d'exploration, avant tout. Nes et Snes ont accueilli une des sagas les plus vastes du monde vidéo-ludique. Le passage à la 32 bits a mis l'accent sur l'ambiance gothique et aussi raffiné du jeu insufflant alors une renouveau bien plus qu'un simple gameplay...
Sur DS, la 2D est resté maitre mais a délaissé cette ambiance gothique...
Ce Portrait of Ruin garde ce refoulement et se concentre sur le gameplay sensé se renouveler, mais on n'aime pas changer une technique qui gagne... Alors donc ?


Un Castlevania en équipe

Konami est tout de même conscient que sa série se répète depuis la GBA. Ainsi, nous avons une nouveauté, ce n'est plus un seul héros que vous dirigez mais deux. Inséparable, le héros, Jonathan Morris, se bat classiquement avec un fouet, épée, dague, bref armes de poing, ainsi que le célèbre arme de jet que l'on récupère à travers les niveaux.
L'héroïne, Charlotte Orlean, se bat avec sa magie et est donc physiquement plus faible. Vous avez donc un duo complémentaire.

Concrètement, vous contrôlez un seul des deux mais vous pouvez (devez) switcher entre les deux quand vous le souhaitez. Et du coup, tout le jeu impose la complémentarité de ces deux personnages, par exemple, pour grimper sur de grandes hauteurs éloignées, un personnage sera un élément du décors, pendant que l'autre à qui vous aurez pris le contrôle, pousse cet élément pour le placer juste en dessous d'une autre plate-forme, re-switchez et miracle, vous avez réussi.
Ce genre de concepts est parsemé partout dans le château, c'est le point fort et la nouveauté de Konami.

Le duo est très facile à manipuler, puisque non seulement les commandes restent très simples et très précises, non seulement le duo est bien géré. Le personnage que l'on ne contrôle pas est géré évidemment par le CPU mais ne s'emballe pas des actions archi-poussées, il ne fait que suivre, en dépit de quelques incohérences.
Il arrive souvent qu'après avoir effectuer plusieurs actions pour franchir un légère obstacle, votre PnJ va le franchir sans problème après votre passage par exemple... Bon, ça ne gêne pas en soi, mais un peu frustrant par autant de "simplicité". Autre chose, votre PnJ va vous aider à anéantir les ennemis, généralement en utilisant la magie (en effet, la plupart du temps vos instincts de joueurs de Castlevania vous dicteront l'ordre d'utiliser un fouet ou une dague, donc Jonathan).
Donc, une seule barre de magie est disponible pour les deux personnages, et votre PnJ l'utilise à outrance, très gênant quand vous en avez un besoin urgent...
Par chance, le personnage non utilisé ne pompe pas votre jauge de vie, ne pas pomper la jauge de magie aussi inutilement aurait été une aussi bonne chose.

Malgré ça, ça ne bouge pas

Il ne faut pas se leurrer. Malgré cet ajout fort intéressant et même bien accueilli, le jeu souffre d'une certaine linéarité assez désagréable, il souffre d'un manque de renouveau plus profond.
Certes, un Castlevania, c'est toujours le devoir d'explorer un château immense mais disons qu'il est fort saoulant à force, surtout quand le château en lui-même ne propose pas de surprises...
Les habitués ne s'y laisseront pas prendre, le jeu est très classique, on y rencontrera des ennemis déjà vus plus d'une fois auparavant, on ne sera pas surpris par l'architecture des lieux, on ne sera... beh pas surpris du tout.

C'est du déjà-vu. Evidemment, quelques boss vont impressionnerons, vous leur balancerait les attaques simultanés assez spectaculaires mais étant donné que c'est mineur dans ce titre, vous allez retenir l'exploration classique d'un Castlevania, ce qui devient très lourd car à force, on est tenté de revenir à des anciens titres si c'est pour avoir des level-designs qui se répètent.

Cependant, rien à faire le in-game a réellement un charme, charme propre à la série, qui va tenir en haleine une dizaine d'heures ceux qui n'ont jamais joué sur Snes, PS ou GBA. Mais pour ceux qui ont déjà fait ces derniers, il ne regarderont que cette notion de duo complémentaire. Au final, un ajout intéressant mais l'exploration reste très similaire. Le gameplay a subi un ajout mais pas de changements et au pire pas de surprises dans le level-design, élément clé depuis le tout premier épisode.

Graphismes fins ne dit pas ambiance recherchée...

Autre force de la série : son ambiance gothique et sombre et ce, depuis le début. En 97, le style a modulé grâce à Ayami Kojima et son style "gothico-raffiné", qui a été abandonné dès le premier volet DS pour un design shonen du plus mauvais goût. Le problème est que cette ambiance se ressent aussi dans le jeu. Nous avons là aucun charisme des personnages, un scénario qui, même s'il n'a jamais été un point très fort, n'a aucune prégnance...

Ce qui est très fort, c'est que nous avons le château de Dracula sans Dracula, en tout cas le propriétaire est un peintre magique qui a des répercutions sur les décors. En effet, pour justifier le fait que certains niveaux sont hors-château, on nous balance que les tableaux sont magiques et qui nous engloutissent. Qu'importe. Le fait est là, on perd pleinement le charme initiale de la série pour quelque chose de plus stérile... Castlevania devient un simple jeu d'action/exploration 2D...

Un problème qui semble récurrent sur cette DS et qui revient encore une fois avec ce volet, c'est que nous avons un jeu techniquement très bon mais qui n'a pas vraiment d'âme car ne surprend plus, n'a plus de punch, il n'a plus de magie... Très frustrant et ceci s'applique surtout pour les habitués. Les autres y verront probablement un bon jeu d'action, voir très bon à certains moment tant certains combats contre les boss sont impressionnants. Et diront aussi merci aux graphismes fins de cette DS, même si le design laisse souvent à désirer, mais ça ne suffit pas (ou plus ?) aux habitués de la série... C'est vrai que le jeu en lui-même a de bonnes qualités techniques, une exploration avec des énigmes plate-formes intéressantes, un certain raffinement de la 2D, une jouabilité au poil, un concept simple mais sympa formant un duo. Ainsi qu'un mode coopératif qui va viser à se refaire les boss mais avec l'aide d'un ami en local. On aurait aimer que le wifi serve à ça mais il ne sert juste pour le marchandage classique te donc à s'échanger différents items.
Bref, techniquement en lui-même, il est un bon jeu mais il a perdu sa personnalité.

On ne peut plus baser un jeu sur la fidélité et c'est pourquoi l'ajout du duo est une bonne chose mais franchement pas assez radicale ou pas assez poussé pour que l'on modifie notre regard sur la série. Certains parlent de "renouvèlement avec brio", moi je parle de "renouvèlement de gameplay intéressant" mais pas franchement impressionant. La série se répète de plus en plus, mais le pire c'est qu'elle perd aussi quelque chose... Un environnement accrocheur et passionnant, la série perd aussi un travail accru sur le level-design qui ressemble trop au volets précédents.
Bref, j'ai envie de dire que c'est "bon mais pas surprenant" et un jeu qui ne surprend pas, ce n'est pas un jeu indispensable... Peut être que re-jouer à Super Castlevania IV sur la Virtual Console vous fera comprendre mon point de vue bancal sur ce jeu.
Mais, le concept du duo est une bonne chose à ne pas omettre, mais il est à développer. KCET ne doit pas se reposer sur ses lauriers.