Sega se réveille

Dans la branche des jeux de baston, si il y a bien une série qui étonne à chaque épisode c’est bien celle de Virtua Fighter. Premier jeu de baston en 3D (à l’époque sorti en arcade puis sur Saturn), si chaque épisode mettait la barre très haut graphiquement (le top du top, on se souvient de la claque phénoménal de VF3 en arcade), c’est surtout son gameplay ultra technique qui donna ces lettres de noblesse à la série. Accueillons comme il se doit ce cinquième opus.

2 nouveaux venus

C’est la tradition avec la série, chaque nouvel épisode nous permet de faire la connaissance de 2 nouveaux combattant. Shun et Lion dans VF2, Aoi et Taka (qu’on ne regrette pas) dans VF3, Vanessa et Lei Fei dans VF4 auxquels viennent s’ajouter Brad et Goh dans la version Evolution. Pour ce cinquième chapitre, le Mexique et la Chine sont représentés respectivement par El Blaze et Eileen. Amusant de voir comment Sega parodie ses concurrents, El Blaze fait en effet énormément pensé à la Mariposa dans DOA4, pour son style de combat (du catch acrobatique) et son masque, tout comme Brad et Goh dans VF4 Evo, clin d’œil à Steve et Jin de Tekken 4. Mais revenons à nos moutons, comme à leur habitude, les p’tits nouveaux ont été travaillés, pour offrir un riche panel de coups et de combos aussi dévastateurs qu’originaux. Eileen privilégie les coups rapides et les feintes grâce à son Kou-Ken, un kung fu basé sur les mouvements du singe, assez déconcertant (c’est mon coup de cœur), tandis qu’El Blaze fait sa star du ring avec des coups aussi impressionnants visuellement que puissants. Les vétérans n’ont pas été mis de côté et se sont vu leur command list étoffée et modifiée. La plupart ont des nouvelles postures de combat (Lion et Lei Fei en tête de liste) d’autres ont revu leur style, Lau est enfin intéressant à jouer et à regarder. En bref, le mode training est de nouveaux indispensable pour bien débuter VF5, car comme le veut la coutume, Virtua Fighter 5 est ultra technique et découragera une nouvelle fois les moins patients.

Une carte Lindbergh sur PS3

Bizarrement , VF5 n’en met pas plein la vue d’emblée, et c’est en se penchant plus sur les détails, modélisation des personnages, textures des vêtements, rendu de la peau, effet de brume, de pluie… qu’on se dit : « Ah ouais ! Ca fait mal quand même !! ». Techniquement, il n’y a pas un autre jeu de combat qui lui arrive à la cheville, c’est tout simplement magnifique, même si il reste des reproches à faire. Premier point, les décors, bon le HD c’est bien, c’est joli, net et propre mais bon, si c’est pour ne rien mettre dans les décors à quoi ça sert. Sur tous les tableaux disponibles, un bon quart est à jeter à la poubelle, pas assez recherchés, vides ou tout simplement laids. Ca, c’était le plus gros reproche, le reste tient de l’ordre du détail, peau encore un peu plastique sur certain perso, je pense à Wolf (huilé comme un gladiateur) ou Brad, et manque de souplesse sur certains vêtements, faudra qu’Akira pense à rincer l’amidon de son kimono. Précisons que El Blaze est un perso assez bizarre, en effet il ne semble pas être à la bonne échelle, ce qui le rend vraiment ridicule face à des combattants comme Vanessa, Wolf et Jeffry. STOOOP ! Ca s’arrête là ! On passe l’éponge sur ces petits points de rien du tout et on admire l’œuvre de Sega.

Un solo loin d’être délaissé

Si la plupart des jeux de combat se basent sur leur mode Versus (c’est le principal attrait de ce style), Virtua Fighter 5 a pensé aux joueurs solo avec un mode Quest, calqué sur VF4 Evo certes, mais très bien pensé. Sega a conscience que le scénario de VF frise le niveau 0 (difficile de faire un mode histoire aussi crédible que celui de Dead or Alive 4... mode ironique désactivé), alors plutôt que d’aider Akira à atteindre son but, être le karateka le plus fort de l’Uruguay, ou encore aider Paï qui veut amasser assez de thunes pour ouvrir sa boulangerie, et bien on va s’incarner soi même et on va faire le tour des salles d’arcades les plus reconnues du Japon afin de rencontrer les « vraies » champions japonais de VF. A savoir que ces personnes ont participé pour créer l’IA de leur perso favori. Au fur et à mesure des combats, on gagnera de l’expérience, on montera en grade et on amassera du pognon pour customiser son perso. Les possibilités sont d’ailleurs énormes, coupes de cheveux, quatre styles de tenue, lunettes, tatouages, bracelets… Un mode long et prenant à des années lumière d’un mode story ou arcade qui sert à rien.

Pourkwaaaa !

Après tant d’éloges, il fallait que certaines choses chatouillent méchamment. Tout d’abord, tout comme Virtua Tennis 3, pas de mode online, une telle incompréhension se passe de commentaire. Enfin, même erreur que dans VF4 Evo, il est impossible de ramener la sauvegarde de son perso chez un pote, seule la sauvegarde de la console est prise en compte même pour le second joueur, obligé donc de jouer avec un perso de base ou celui customisé du pote, pas trop motivant de créer son combattant donc, sachant qu’il devra rester à jamais dans sa machine. Cela va à l’encontre de l’esprit du jeu en arcade.

C’était presque un sans faute, en matière de gameplay, Virtua Fighter est une perle de technicité, un jeu de combat incroyablement riche a réserver aux hardcore gamers. Ajoutez à cela des graphismes bien digne de la PS3 et l’on sera alors davantage déçu que le jeu ne propose pas de mode online et que le système de sauvegarde soit aussi pourri.