Cours !!!

Je vais commencer cette article avec une petite bouffée de nostalgie : ah ! Il est loin le temps où Chris Redfield parcourait le manoir de Racoon City avec son pistolet presque déchargé, où l’on tremblait à l’idée qu’un zombie nous attende dans le prochain couloir. Non, maintenant, il y a certes plus d’ennemis, mais vous contrôlez des personnages capables d’encaisser sans mal quelques dizaines de morsures et dotés d’un armement à faire pâlir feu Duke Nukem. Et les développeurs osent cataloguer ces jeux en « survival-horror » ?! Laissez moi rire : « action-horror » serait à la limite plus judicieux. Même Silent Hill, avec son 4ème épisode, a lorgné du côté de l’action avec le résultat que l’on connaît.
Finalement, qui aujourd’hui nous propose un jeu qui fait peur, où l’on se sent faible ?! … … Tecmo avec la série Project Zero… … … Sony avec Rule of Rose … … … Mince, mon couplet nostalgique ne sera pas si pertinent que ça ! Tant pis, ça ne m’empêche de vous présenter un autre représentant du survival-horror type « je suis faible et c’est pour ça que ça fait peur » : Haunting Ground de Capcom.


Jeune fille blonde et jolie recherche d’urgence shotgun neuf ou d’occasion

Vous commencez l’aventure d’Haunting Ground dans la peau de Fiona, une ravissante blonde qui, après un accident de voiture avec ses parents, se réveille dans une cage, vêtue d’un simple drap blanc. Elle parvient à s’échapper et une inquiétante bonne à la beauté glaciale vient lui montrer sa chambre. Après avoir revêtu les habits qui lui étaient offerts, Fiona décide d’aller visiter le château. Une trace de sang sur une colonne commence à l’angoisser. Des grognements se font alors entendre au loin… Fiona s’approche… Une poupée de chiffon lui est jetée à la figure. Elle peut alors voir une épaisse masse de muscle arborant les yeux naïfs d’un enfant s’approcher pour récupérer son jouet. Cependant, le monstrueux personnage fait la comparaison avec Fiona et décide rapidement qu’elle fera une bien meilleure poupée.
Fiona, n’écoutant que son courage, sort alors son magnum et tire une balle dans la tête du nommé Debilitas ! … … … … J’imagine que vous ne m’avez pas cru ! Sinon, c’est que vous avez mal lu l’intro. Je recommence : Fiona, face à cette montagne de muscle brute, n’a bien qu’une seule solution : la fuite !

Debilitas mais pas tant que ça

Poursuivie, Fiona doit donc trouver le plus vite possible une cachette pour échapper aux bras musclés de Debilitas. Quand en plus le type se gratte l’entre-jambe en la cherchant, on s’ose imaginer ce qu’il compte faire de Fiona. A vous donc de chercher un placard ou un lit sous lequel vous cacher afin de fausser compagnie à votre assaillant. Cependant, malgré son nom, Debilitas ne laissera pas tomber facilement la poursuite et, si une cachette marche une fois, il se peut bien que la brute vous y retrouvera lors d’une prochaine rencontre. De même, lorsqu’il remarquera qu’une porte est fermée alors qu’elle était ouverte auparavant, il est possible qu’il se pose des questions et recommencera ses recherches.
Bien plus persévérant que le Nemesis de Resident Evil 3, il sera donc un adversaire de choix… Mais pas le seul ! En effet, sans vouloir trop vous en révéler, vous serez poursuivis par d’autres personnages comme par exemple la bonne du début. Chaque ennemi aura son propre comportement, certains seront plus persévérants, d’autres plus malins ou plus rapides. L’un d’eux sera même invisible !
De quoi effrayer Fiona, un effroi qui sera d’ailleurs perceptible dans le jeu puisque si la jeune fille se sent rattrapée par ses ennemis, l’écran deviendra flou, perdra ses couleurs, et la maniabilité en prendra un sérieux coup, vous laissant sans défense… Et finalement, ce n’en est que plus stressant pour le joueur qui craindra à chaque détour de couloir d’entendre cette musique propre à chaque poursuivant se mettre à s’accélérer, donnant le « top départ » pour aller se cacher.

Et Nintendog il peut faire ça ?

Face à un tel groupe de psychopathes, Fiona ne devra-t-elle compter que sur ses frêles jambes ? Non, heureusement, elle sera très vite aidée par Hewie, un berger allemand à poils blancs qui confirmera que son espèce est bien la meilleure amie de l’Homme.
En comparaison au chien Brown de Rule of Rose où encore une fois l’héroïne doit son salut à un chien, Hewie est bien meilleur en attaque et permettra ainsi de ralentir l’ennemi pendant que vous cherchez un endroit où vous réfugier.
Bien que son flair soit moins bon que celui du labrador du jeu cité précédemment, le berger allemand blanc vous aidera lors de certaines énigmes et pourra récupérer clés et autres objets pour vous.
Mais Hewie sera aussi bien moins obéissant au départ. Demandez le de vous suivre et il se peut qu’il parte dans une direction inverse. A vous alors de le gronder et, à l’inverse, le féliciter lorsqu’il se comporte bien. Un système de « dressage » complètement original dans ce style de jeu mais que l’on ne sent pas non plus indispensable. En effet, il est même plutôt rageant de voir Hewie se mettre à courir partout alors que vous lui donnez l’ordre d’attaquer ou tout simplement ne pas vous suivre à la trace, vous forçant à l’attendre. On devient très rapidement dépendant de lui et c’en est encore plus rageant lorsqu’il n’est pas à nos côtés.
Cependant, c’est cette aspect moins sage qui rend Hewie plus réaliste, moins « chien-robot obéissant ». En effet, un grand soin a été apporté quant à ses mouvements et son comportement ce qui le rend finalement crédible.

Blonde mais pas tant que ça

Naturellement, Haunting Ground ne consistera pas à être simplement poursuivi. Fiona ayant comme objectif de quitter le manoir, il vous faudra vous frayer un chemin. Cependant, surtout au départ, le jeu n’est pas linéaire, vous vous retrouvez vite avec un grand espace à explorer. De plus, certaines énigmes auxquelles vous serez confrontés sont vraiment tordues et il vous faudra parfois plusieurs aller-retour dans les niveaux pour être capable de les résoudre. Cependant, vos ennemis serviront parfois à compliquer les choses.
Il est ainsi d’autant plus stressant de voir Debilitas ou un autre débarquer que l’on est perdu, cherchant à savoir quoi faire. A certaines occasions, plus que stressant, ça en devient vraiment énervant et l’on en vient à éteindre la console tant il semble impossible de se poser pour réfléchir calmement. Dans ces moments là, on peut considérer que l’oppression, la peur traitée dans Hauting Ground , dessert au plaisir de jeu.

Difficile, stressant, Haunting Ground est certainement moins accessible que les derniers Resident Evil. Certains ne supporteront pas cette impression de faiblesse qui est pourtant bel et bien l’un des points forts du jeu. Doté d’une bonne intrigue, de personnages tordus (mention spéciale à Daniella), de musiques peu présentes mais stressantes quant elles apparaissent, et, cerise sur le gâteau, de bons graphismes avec notamment des personnages très bien modélisés.