Wonderful ! Better than Mama

Joël Robuchon fait partie de vos contacts MSN ? Maïté est une de vos icônes sexuelles ? Vous n'allez pas à la messe le dimanche car Cyril Lignac passe sur M6 ? Et bien messieurs-dames, les ptits gars de 505 Game Street ont pensé à vous ! Déjà sorti sur Nintendo DS, Cooking Mama proposait au joueur lambda de confectionner sa tambouille virtuelle en suivant les recettes de Mama, une tête à claques énervante qui proposait ses conseils pour mijoter de bons petits plats. Ou louper lamentablement un steak haché frites. L'intérêt du soft était bien évidemment l'utilisation de l'écran tactile pour remuer les sauces, couper les légumes, trancher la bidoche etc. Et voilà que débarque la Wii, un bien bel objet qui conviendrait parfaitement à un Cooking Mama version salon. Parce que préparer les mochi sur le trône, ça sent mauvais.

On surfe sur la vague wouhouuu


La mode en ce moment est au poker et à la cuisine. Les gens doivent certainement s'entraîner virtuellement aux jeux d'argent pour gagner un butin digne d'un ministre afin de concocter des repas que Mr L'Ambassadeur ne renierait pas. Mais voilà, n'est pas cuisinier qui veut ! Et si vous pensez être prêts à tout lorsque vous réussissez des pâtes à la carbonara, sachez que la cuisine est un art véritable, et comme tous les arts : beaucoup de prétendants au titre, mais peu d'élus. Et c'est là qu'intervient Mama, bien loin du cliché de la ménagère de moins de 50 ans avec son tablier à fleurs et ses double avants-bras, frappant sur le crâne d'un poulet et le fourrant de farce à moitié vivant. Non, Mama c'est un ptit bout de femme kro mignon spécialiste en cuisine internationale. Un Kawashima version féminine en sorte, en plus bête mais plus parfumée, et affublée d'un sourire Colgate niais et impeccable.

Mama va donc vous proposer des recettes, à effecteur de A à Z, celles-ci provenant de nombreux pays du globe : du pudding anglais aux oeufs brouillés, en passant par la pizza, la salivante pièce de boeuf ou le hamburger bien gras, il y en aura pour tous les goûts. Mais ne vous inquiétez pas, si vous souffrez d'un taux de cholestérol un peu trop important, la gastronomie nippone saura vous séduire, car essentiellement basée sur les légumes, le poisson et le riz. Ce sont ainsi plus de 300 recettes qui seront disponibles en terminant tous les modes de jeux, de quoi faire à manger pour un régiment sans trop se ruiner. Et ça, pour les radins que nous sommes, c'est la classe.

La Wiimote couteau-Suisse une fois


La version DS s'était révélée sympathique de part l'utilisation judicieuse du stylet pour les diverses étapes des recettes. Ici, c'est la Wiimote qui rentre en jeu ! Plus épaisse et plus solide que le stylet, celle-ci va vous permettre de découper les ingrédients de façon plus sûre (ce n'est pas vrai).
Les recettes se décomposent en sortes de party-game à la WarioWare Smooth Moves. Comprenez par là que vous avez un temps limité pour réussir l'action demandée par Mama pour chaque étape de la préparation : remuer les oeufs d'une omelette dans la poële de façon à obtenir une cuisson impeccable, faire fondre du beurre, mélanger les ingrédients dans un saladier, peler les légumes avec un économe, découper les légumes et la barbaque, démouler un flan (c'est pas sale)...plein de petites épreuves rigolotes qui, pour être réalisées avec succés, demandent précision et efficacité. Normal me direz-vous. Ouaip.

A chaque étape terminée, Mama vous donne une note et une évaluation selon que vous ayez la classe ou pas. Lorsque ses yeux s'enflamment et qu'elle paraît grogner, c'est que non, vraiment, vous n'êtes pas faits pour ce métier. Mais de par sa bonté Mama vous affuble d'un "Ne vous découragez pas" encourageant, surtout lorsque vous avez eu toutes les peines du monde à peler le dernier petit bout de peau sur une carotte, mais que quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.
Par contre, en étant un roxxor du couteau, vous pouvez décrocher un "Wonderfuuuuul ! Better than Mama !" rassurant, et une petite animation trop kawaii de la cuisinière en chef. Vous pouvez louper lamentablement toutes les étapes de la recette tout en la finissant, mais évidemment votre score final sera à la hauteur de votre exploit, et ne vous étonnez pas de ramasser une mandale par votre client d'un soir. Ah, aussi, les bons scores vous permettent de récupérer des médailles, comme au salon de l'agriculture ou pour l'élection du meilleur pâté de France. Intéressant à collectionner.

Les recettes réussies en débloquent de nouvelles, permettant ainsi de varier les plaisirs. En fait il ne manquerait plus que le goût et l'odeur. Pardon ? Il manque plus de choses que ça en fait ? Héhé, oui malheureusement. J'entre en mode débroussaillage.

My Mama is poor


Commençons d'abord par la jouabilité. Oui, Cooking Mama est tout de même assez fun. Voir votre collègue éclater lamentablement les oeufs à côté du bol fait sourire, de même que l'écrasage de Flamby dans l'assiette, comme à la maternelle et au primaire (et au collège....et au lycée).
Mais voilà, un oeufs éclaté ahaha, deux oeufs aha, trois ah, quatre oeufs ah beh non. Lassant. Car si les recettes de Cooking Mama sont nombreuses et variées, les ingrédients eux ne le sont pas autant, et l'on se retrouve justement souvent à faire les mêmes actions à l'écran : éplucher la même carotte pour la deux millième fois, verser inlassablement le lait dans ce satané saladier, découper en fines lamelles ce trois centième champignon...bref, côté originalité, on a vu mieux. Si le concept l'est franchement (original, si vous suivez), la pratique lasse très vite. On s'amuse à faire quatre, cinq, allez six recettes, puis après l'intérêt faiblit largement.
Au niveau maniabilité, certaines actions sont tout de même confuses, comme l'inclinaison de la Wiimote pour remuer les ingrédients, puis deux secondes après on enchaîne sur une combinaison absolument différente pour régler le feu. Pas forcément bien fichu. On compte environ 60 manipulations différentes, mais celles-ci se ressemblent fortement pour beaucoup. Il n'y a pas 50000 façons de découper des patates ("des pommes de terre" me souffle t-on), ni même de faire fondre du beurre sur une poële. Bref, la répétitivité du soft est assez agaçante. Donc, à consommer avec modération.

En ce qui concerne la réalisation globale, on pourraît presque parler de portage DS parfait : c'est ultra-laid. Un enfant de 6 ans ou bien moi auraient pu crayonner le tout et l'envoyer chez Taito, le résultat aurait été le même. Tout est ultra-simpliste, des couleurs pastelles criardes toutes mignonnes aux objets et ingrédients utilisés, cela nous rappelle au bon souvenir des nos livres de coloriage étant gamins. Bref, vraiment mauvais sur ce point.
La petite musique guillerette est franchement énervante. Le clin d'oeil aux émissions de télé est évidemment sympathique, mais subir les mêmes compositions niaises y compris en jouant, il faut vraiment être maso. Y'en a qui aiment hein !
Quand Mama parle, on est à mi-chemin entre l'éclat de rire et le dépit. En effet, ses interventions ne sont pas du genre variées, et pour peu que vous soyez un dieu de la tambouille, vous subirez les expressions orgasmiques de la-dite Mama pendant toute la recette ! "AWESOME ! AWESOME ! AWESOME !" qu'elle vous dit, sans arrières pensées.
Pour le reste, les bruitages sont sympathiques, sans plus. Ils se contentent de retranscrire de manière fidèle ce qui se passe à l'écran, c'est déjà ça. On est loin des super-productions vidéoludiques à ce niveau, mais en même temps il n'y a pas d'explosions atomiques dans une cuisine, enfin pas souvent. Bref, minimum syndical côté musiques et bruitages, on aurait bien aimé un doublage bien de chez nous à la Maïté pour rajouter au côté cliché.

Cuisson : une heure

Durée de vie ? Et bien selon que vous accrochiez au concept ou non, que vous ayez des amis ou non, la durée de vie du titre varie beaucoup. Oui oui j'ai trouvé ça cette nuit.
Si le nombre de recettes est vraiment important, pas sûr que vous soyez âptes à toutes les faire sans vous lasser, à moins de faire une soirée spéciale Cooking Mama dans la salle des fêtes de votre village avec une seule console, où tous les badauds présents ont le droit à une recette pendant que leurs camarades squattent le bar.
Lassant, c'est en tout cas l'impression que m'a laissé ce soft pourtant plein de bonnes intentions. Dommage, le concept sympathique aurait pu réunir petits écrans autour d'une pièce de beuf. Mais dans le même genre, sur la même console, il y a Rayman et WarioWare Smooth Moves, bien plus fandards.

Bref, ce Cooking Mama divertira par son côté original pendant quelques temps. Mais on ne peut s'empêcher d'avoir le sentiment amer de jouer à une simple resucée DS. Car si le contenu est plus étoffé, l'emballage lui est le même : le soft est tout vilain car pioché sur la version portable, et, finalement, il n'y a pas 50000 façons de faire la cuisine. Enfin si, mais non. Cooking Mama aura certainement une suite, les japonais raffolant de ce type de jeux. On se consolera donc en se disant que le suivant sera moins médiocre.