Alchimie et Mana

Bon allez, comme j’ai du mal à partir sur cette intro, je passe le couplet du retour de la 2D face aux géants de la 3D ! En plus, c’est pas original pour un sou ! Non, je vais aller directement au fait et vous présenter donc ce Atelier Iris : Eternal Mana développé par Gust et édité chez nous par Koei.
Mais faisons directement le tri pour savoir d’avance si le test va vous intéresser : aimez vous les RPG ? Vous considérez que l'anglais n'est pas un gros obstacle pour un RPG ? Vous n’avez rien contre la 2D ? L’alchimie s’avère un thème intéressant pour vous ? Si vous avez répondu « oui » à ces 4 questions, vous pouvez continuer… Euh… Oui, même si vous avez répondu « non » à une ou plusieurs d’entre elles, vous pouvez rester aussi, enfin, c’est vous qui voyez quoi. Allez, les 2 au fond de la salle arrêtent de chahuter, on commence le test d’Atelier Iris : Eternal Mana.


Full Klein Alchemist

Après le succès du manga Full Metal Alchemist, il fallait s’attendre à ce qu’un studio saute sur l’occasion pour pondre un RPG sur l’alchimie. Et bien c’est chose faite donc avec Atelier Iris : Eternal Mana qui repose entièrement sur cette science qualifiée d’ésotérique. Déjà, vous incarnez un alchimiste, Klein qui part en voyage dans l’idée de perfectionner ses talents. Il fait alors la connaissance de Lita, la future fille dont il va tomber amoureux (bof, à ce stade là, c’est pas vraiment vous gâcher la surprise). Mais Klein, comme tout alchimiste qui se respecte, est accompagné d’un Mana, celui de la forêt. Tous les 3 ne vont bien sûr pas rester que 3 et vont faire pleins de rencontres pour, tenez vous bien, sauver le monde d’un redoutable ennemi !!!

Bon, ne blâmons pas non plus Atelier Iris, si l’on simplifie l’histoire de chaque RPG, peu d’entre eux ont un synopsis très différent. Cependant, on peut cependant pas dire que celui-ci, même en allant dans le fond de choses, jouit d’un scénario complexe mais surtout, vraiment passionnant. On a ici une grosse somme de clichés avec un héros très quelconque bien que sympathique, la fille dont je vous parlais au dessus qui, bien sûr, a un passé super mystérieux, et, pour clore tout ça, un méchant qui veut tout détruire parce que le monde actuel ne lui plaît pas. Et le problème dans tout ça c’est qu’en les quittant, on a pas l’impression de connaître vraiment nos héros, on ne s’y attache pas puisqu’on ne sait finalement pas grand chose sur eux et je dirai même surtout sur Klein, pourtant le personnage principal. Bon, vous allez me dire que tout le monde n’a pas forcément un passé tragique avec une famille décimée par un frère devenu fou mais un petit quelque chose, même, je sais pas moi, apprendre ce que faisait le type avant de partir à l’aventure, c’est déjà bien non ?

Enfin bref, sans être vraiment mauvais, le scénario d’Atelier Iris n’est certainement pas inoubliable car manquant quelque peu de rebondissements et dotés de personnages creux. Cependant, je vous le rappelle, on incarne un alchimiste et cela va se ressentir sur le gameplay.

Alchimie, cuisine et bricolage

L’alchimie sera bien sûr utilisé pour le combat tout d’abord. Ceux ci se déroulent au tour par tour et vous incarnez trois personnages devant envoyer ad patres les ennemis devant eux. Là encore, on a rien de très original. Cependant, Klein est alchimiste, pas magicien, et la nuance va se ressentir clairement par le fait qu’ici, les points d’AP servent certes à utiliser des techniques spéciales, mais pas la magie. Non, pour utiliser la magie qui est finalement dans Atelier Iris, l’alchimie, il faut tout d’abord récupérer au cours de votre exploration des éléments (eau, terre, feu… vous connaissez la chanson). Pour cela, rien de plus simple : Klein a un rocher devant lui, il le frappe et le rocher se dématérialise pour donner des éléments de pierre à Klein. Après cela, notre alchimiste en herbe doit demander à l’une de ses manas d’utiliser les éléments trouvés pour créer les objets qui lui serviront de magie. Cependant, les manas étant des êtres vivants, si vous les faites bosser trop, ils se mettent en grève… Peut être que les manas sont d’origine française (oh allez, partez pas, c’était une blague !). Il faut donc leur donner des objets pour les rendre heureux et ainsi, si vous les traitez bien, ils font du meilleur boulot (ah bah vous voyez que je suis pas méchant !).
Klein va ainsi disposer au fur et à mesure du jeu d’objets puissants mais qu’il sera cependant le seul à pouvoir utiliser. Tâchez donc de le garder en vie car les soins sont beaucoup plus difficiles sans lui.

Mais en voyant le succulent test d’Oni sur Cooking Mama (petite pub inside), j’en suis venu à me dire : et si la cuisine c’était pas un peu de l’alchimie ? On récupère des ingrédients que l’on mélange, que l’on transforme pour obtenir un plat ! Et bien les p’tits gars (et peut être même les filles) de Gust ont dû capter ça aussi puisque dans le jeu, alors que vous récupérez différents éléments dans la nature, il est possible de les ramener à certains restaurants, bars, droguerie ou boulangerie afin de répondre à une commande du gérant. Celui-ci va vous donner au fur et à mesure de l’aventure des recettes qu’il aimerait accomplir. A vous de lui emmener les ingrédients pour qu’il la réalise. Cependant, vous êtes libres de mettre votre grain de sel dans la recette. En mettant par exemple de la poudre épicée à la place de la farine alors que vous réalisez un pain, cela donnera un pain épicé ! Ou encore, au niveau du bricolage, un mélange précis peut permettre la création d’un violon.
Et c’est finalement très vite qu’on est pris à ce petit jeu de tester des recettes personnels pour obtenir des plats ou objets divers et variés. On regrettera cependant que l’inventaire ne soit pas très ergonomique. Les objets étant nombreux, on se retrouve très vite avec une longue liste remplis d’éléments dont on ne connaît pas l’effet exact. Cela peut d’ailleurs être assez gênant lors de combat ou, alors que Klein, votre guérisseur numéro 1 est à terre, on a recours à une recette dans l’espoir de redonner de la vie à un personnage en difficulté pour voir que l’on a régénéré que 20 points de vie… Du coup, comme je vous l’ai dit, pensez à garder Klein en vie !

Du plomb à l’or ?

En définitive, Atelier Iris est un RPG où l’on ne trouvera pas vraiment de gros défauts mais qui manque sérieusement de personnalité face à la concurrence. Scénario fade, système de combat sans grande envergure… L’idée d’alchimie est pourtant très bonne et j’ai bon espoir que les épisodes suivants soient un peu plus fouillés. Après tout, Final Fantasy ne s’est pas fait en un jour…
En tout cas, contrairement aux derniers épisodes de la saga de Square Enix, Atelier Iris a le mérite de proposer des quêtes annexes abordables même sans le guide complet sur les genoux. C'est un point "old school" tout à fait appréciable.