Drink up me hearties, yo oh !

Le légendaire Jack Sparrow revient à l'abordage des consoles une fois de plus avec l'adaptation vidéoludique du dernier chapitre de la saga Pirates des Caraïbes. L'occasion pour les corsaires que vous êtes de se laisser embarquer dans les folles aventures du plus dérangé des pirates. Mais il s'agit d'une adaptation et, malheureusement, qui dit adaptation dit souvent petit ratage et jeu très moyen voire très décevant. Est-ce le cas une nouvelle fois ou est-ce que ce jeu sera une des rares exceptions ?

Yo oh, yo oh, et une bouteille de rhum !

Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du Monde, comme ne le laisse pas deviner le titre, reprend l'histoire du second et du troisième film, à savoir Le Secret du Coffre Maudit et, évidemment, Jusqu'Au Bout du Monde, le petit dernier. Le jeu retrace donc les plus grands moments des deux longs métrages. Tous les paysages vu dans les films, la majorité du moins, seront ainsi présents. Parmi eux on retrouvera l'île des Pelegostos, l'île des quatre vents ou encore la grande bataille contre le Kraken à bord du Black Pearl. Ceci pour le Secret du Coffre Maudit, même chose pour le dernier film mais on ne vous révèlera rien au risque d'en spoiler certains. En ce qui concerne le scénario, les développeurs se sont permis quelques libertés en ajoutant certains passages (on découvre comment Sparrow est arrivé dans son cercueil au début du second film) et en changeant de nombreux éléments, par exemple la bataille de la roue qui ne voit s'opposer ici même que Jack à Norrington ou encore le sauvetage de Jack sur l'île des Pelegostos qui change un tant soit peux par rapport à son confrère cinématographique. Rien de bien dérangeant cependant, sauf peut être pour les fans purs et durs, surtout durs.

Passons maintenant aux personnages. Quatre sont jouables dans le mode principal : Jack Sparrow, Barbossa, Elisabeth Swann et Will Turner. Chacun se jouant à tour de rôle selon le niveau. Par contre, dans les modes multijoueurs, toute une pléiade de personnages est disponible, parmi eux le tentaculaire Davy Jones, la mystérieuse Tia Delma, les inséparables Pintel et Ragetti, Sao Feng, Gibbs, Beckett, Norrington, Deague, Bill Turner et j'en passe. Il y en a vraiment énormément dont énormément d'une utilité moindre mais énormément tout de même, une bonne chose pour les fans purs et durs, surtout purs.

Plus on est de fous moins il y a de rhum !

Entrons maintenant plus en détail dans le coeur du jeu. On trouve donc, comme cité plus haut, un menu principal qui retrace l'histoire des films. Celui-ci est jouable uniquement seul, pas de mode coopération cette fois. Ce mode se découpe en différentes phases. La première propose, comme pour tout beat'em all qui se respecte, d'avancer et de combattre les ennemis au fur et à mesure de votre progression, on avance on frappe, on avance on frappe et on refrappe et on avance. Malheureusement ces phases de combats se révèlent vite répétitives de par le manque de variété mais heureusement que des changement apparaissent en cours du jeu avec quelques missions à accomplir comme par exemple escorter un pirate ou vaincre un ennemi en le poussant dans une marmitte.

Vient ensuite une autre phase n'apparaissant qu'avec certains ennemis ou plus précisèment des mini boss. Là, la jouabilité adopte un style horizontal (comprenez par là que l'on ne peut que se déplacer de droite à gauche). Il s'agit d'un duel et le but consiste donc à percer la défense de l'adversaire pour pouvoir lui infliger des coups. Ces passages apportent un petit plus non négligeable tout comme les Jackanismes. Mais KESKECEQUESSA ? Les Jackanismes, du Greco-Latin Jack sont des phases contextuelles ou QTE (de plus en plus présentes dans les jeux vidéos). Il s'agit de ces phases dans lesquelles il faut appuyer sur le bouton indiquer sur l'écran au bon moment pour voir votre personnage exécuter une action prédéfinie. Ces Jackanismes apparaissent de parts et d'autres du jeu. Elles mettent Jack Sparrow en vedette dans des scènes dans lesquelles notre capitaine fait son show pour peu que l'on arrive à suivre ce qu'il y a sur l'écran. Mais attention, si vous rater une touche le Jackanisme se termine et il vous sera impossible de retenter votre chance. Par contre, si vous y parvenez, des bonus vous seront attribués. Il faudra donc réagir très vite et ne pas comsommer trop de rhum, cela va de soit. A noter que d'autres de ces QTE apparaissent dans le jeu avec les autres personnages mais elles n'apportent aucun bonus, elle permettent simplement de franchir certains obstacles. Terminons avec la dernière phase. Celle-ci permet de se balader, dans des petits villages pirates principalement, et d'accomplir, entre autres, des missions secondaires pour augmenter sa bourse ou encore de participer au jeu de dés (vu dans le deuxième film) ou au poker pirate. Une bonne occasion de se détendre avant de repartir écumer les mers.

Deux autres modes sont ensuite disponibles et sont jouables aussi bien seul qu'à plusieurs. Le premier est un mode duel dans lequel on doit se livrer à des combats en duel et le second est un mode défi qui permet. Ce mode reprend une petite surface d'un mode déjà exploré en solo dans lequel trois objectifs vous seront demandés : tuer des ennemis, ramasser un butin ou réaliser un combo. Mis à part le fait de pouvoir jouer à plusieurs, ce mode permet de débloquer des personnages qui seront par la suite utilisables.

Le rhum ne s'est pas bu en un jour !

Une fois n'est pas coutume et comme pour une grande majorité (toute ?) d'adaptations de films on se retrouve avec un jeu disposant d'une durée de vie très réduite. L'aspect Beat'em all y est évidemment pour beaucoup. Ainsi comme pour tous jeux de ce type on se retrouve avec une aventure linéaire se terminant assez rapidement, une poignée d'heure vous suffira à boucler le jeu dans le mode principal. Rajoutez-en deux ou trois si vous voulez débloquer tous les bonus. Le mode multijoueur remonte un peu la durée de vie lui aussi mais la lassitude se fait, hélas, vite ressentir de par le manque de diversité du mode défis, tous sont identiques, seule la difficulté augmente un tant soit peut. Même chose pour les combats, il sont très redondants et, malheureusement, on exécute toujours les mêmes attaques. Des combos sont tout de même déblocables au fur et à mesure de votre progression mais ils sont d'un nombre très restreint. Des armes secondaires viendront par la même occasion remplir votre inventaire comme des pistolets ou encore des bombes, mais leur utilisation se révèle beaucoup trop imprécise et leur nombre se compte sur les doigts d'une main. Ce qui fait qu'on les utilise que très rarement, dommage. On en vient donc à seulement se battre avec le fer, encore dommage.

Tous les chemins mènent au rhum

Les pirates sont réputés pour ne pas avoir des gueules d'anges. Là nous somme d'accord. Eh bien, en jouant, nous pouvons constater que les développeurs sont du même avis : les pirates n'ont vraiment pas des gueules d'anges, loin de là. Les graphismes sont très pauvres et les décors manquent de finission, le tout semble très vie. Les personnages sont tout de même reconnaissables et les mimiques de chacun ont été restituées pour une meilleure fidélité au film. On appréciera cependant que Orlando Bloom dispose enfin d'expressions faciales mais on regrettera la démarche de Elisabeth Swann qui perd toute sa féminité dans le jeu : c'est simple, on a l'impression de voir Gimli se déhancher sur un air de Francis Lalanne (oui, je suis très sévère !). Mention spéciale pour son cou de 49 centimètres aussi. Développeur ou comment réussir à enlaidir une pourtant si jolie demoiselle... Dommage dommage.

Fort heureusement, la bande sonore est d'un tout autre acabit. On retrouve avec grand plaisir les thèmes du film composés initialement par Hans Zimmer et Klaus Badelt. De quoi renforcer l'immersion en compagnie de nos amis flibustiers. Les voix françaises ne sont pas non plus en reste et sont de très bonnes factures. On retrouve ainsi les voix des doubleurs du film, pour les personnages principaux du moins, car pour d'autres, comme Gibbs par exemple, les voix sont différentes du film. Mais si vous êtes un fervent défenseur des versions originales sachez que l'on ne peut pas mettre les voix en anglais. Nous en sommes navrés.


Comme vous avez pu le voir, nous nous trouvons devant un jeu, ma foi, assez moyen et malheureusement bien moins réussi que son homonyme disponible sur XBox 360. Malgré de bonnes idées et une ambiance de jeu agréable, le jeu ne s'élève jamais assez haut et la courte durée de vie n'aide en rien cela. Malgré tout, les personnes ayant appréciés les films seront ravis de jouer une nouvelle fois avec leurs héros favoris. Les autres préfèreront sans doute passer leur chemin. On attendra un éventuel Pirates des Caraïbes 4.