Shadowrun, un titre qui sort du lot

Shadowrun, jeu essentiellement multijoueurs, fait parler de lui grâce à son système de réseau permettant aux joueurs de la Xbox 360 de se flinguer avec ceux qui opèrent sur PC. Certes, ce système est sympathique et attirant mais derrière tout ça, est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Est-ce que Shadowrun est un bon FPS cybertrunk héroic-fantasy ou simplement un jeu des plus banals pour promouvoir le mode live 360-PC ? Qu’est devenu le titre depuis ses premiers jours sur SNES ? Des questions si faciles à répondre après avoir pris la manette en main.

Un mode solo, tout de même

Je me corrige directement : en effet, mode solo est un trop grand terme puisque ici, je parlerai plutôt de tutorial. On allume la console, on passe la cinématographique d’introduction banale pour arriver directement au menu, des plus banals lui aussi. On fonce dans le mode dit solo pour arriver devant six chapitres qui vont nous servir à apprendre comment se servir de notre manette, des techniques, des magies et des personnages, j’appelle donc ça un tutorial. Dès la mise en route du premier chapitre, après un temps de chargement conséquent, un commandant décide de s’occuper de votre entraînement, bien entendu on ne le voit pas mais rien qu’à entendre sa voix crispante, autant qu’il reste caché. Ce mode pilote parle longtemps, lentement (à croire qu’ils nous prennent pour des débiles) et au final pour ne pas expliquer grand chose la plupart du temps. Il vous explique que vous disposez a droite de votre écran de votre barre de vie et à gauche, de votre barre d’essence, qui servira pour l’utilisation des magies. Les trois premiers chapitres servent à prendre en main les techniques et les magies (dont je ferais l’éloge plus tard) alors que les trois suivants vont favoriser la prise en main des diverses créatures, trois au total, qui seront utilisables par la suite en multijoueurs. Précisons qu’après chaque explications, un entraînement contre des bots est possible et même conseillé, pour incruster le gameplay dans votre jolie cervelle. Un tutorial qu’il faut quand même faire intégralement (où au moins les trois permiers chapitres) pour ne pas être totalement perdu arrivé sur le live car malgré tout, il est quand même éducatif et vous servira beaucoup par la suite. Voilà ce tutorial est terminé, allons voir notre attirail maintenant.

Techniques, magies, personnages et armes

Outre sa fonction de FPS de base, on ne peut que se réjouir devant les quelques subtilités de Shadowrun, qui ajoutent un peu de piment au titre. Ainsi, certaines techniques comme le planeur, le fait de courir plus vite où la supervision (fait de regarder à travers les objets solides pour visualiser l’endroit ou se situe les ennemis) sont bien utiles en temps de guerre, malgré encore quelques défaillances. En effet, la technique Téléportation, qui permet de traverser les murs, exposent à beaucoup de risques si elle est mal utilisé car le personnage connaîtra un léger problème dans la rapidité à se retourner et cette inertie pourra causer beaucoup de dégâts si l’ennemi se trouve malencontreusement derrière vous. A savoir que le planeur et la supervision sont très utiles et plutôt bien réalisés. Une pression sur le bouton du planeur vous éjectera dans les airs et une autre pression refermera automatiquement ses ailes, alors que la supervision pourra vous dévoiler la silhouette de votre ennemi si vous êtes à une distance limitée de celui-ci et un simple point rouge ainsi qu’une distance approximative de votre adversaire si vous êtes placés assez loin de lui. A ces techniques sont assimilées des magies, assez attrayantes elles aussi : un arbre de vie soignera tout individu qui se colle à lui, la magie dite étranglement dressera une barrière devant votre ennemi qui l’empêchera de passer (j’ai d’ailleurs toujours pas compris pourquoi elle s’appelle étranglement…), Rafale enverra une tornade et fera reculer ou tomber votre adversaire. De plus, sera à votre disposition une magie permettant d’invoquer une énorme créature ou de vous rendre invisible, ainsi que la magie Résurrection pourra comme elle l’indique ressusciter vos camarades. Comme vos ennemis disposent de cette technique, il faut après avoir tuer un adversaire l’achever au sol, de manière à faire exploser son corps et à empêcher la résurrection. Attention tout de même car ces magies utilisent de l’essence et une mauvaise gestion des magies utilisées videra votre barre et empêchera l’utilisation de magie par la suite.

Ces techniques font vraiment plaisir et constitue pour moi le charme du contenu du titre, surtout après avoir visualiser les types de personnages que l’on peut utiliser. Ces personnages sont aux nombres de quatre et ne changent pas d’un poil selon leur appartenance à un groupe, c’est à dire si ils sont dans la RNA (les gentils) ou dans la Lineage (les méchants). Il y a donc :
- Un humain, il est équilibré et possède plus d’argent que ses comparses.
- Un elfe, il est le plus utilisé et donc le meilleur de tous, il est rapide et peut régénérer sa vie.
- Un troll, gros lard qui encaisse les coups, le plus résistant donc.
- Un nain, qui peut voler l’essence des adversaires.
Une palette insuffisante pour tous je pense, surtout que c’est gavant d’arriver sur le live et de voir 16 Elfes qui se tabassent. Les armes sont a peu près semblables à celles qui reviennent généralement dans les FPS basique, avec un gun, un fusil à pompe, un sniper, un bazooka, une sulfateuse…A savoir qu’une arme blanche est aussi disponible avec la présence d’un katana, très difficile à manier. On fonce sur le live ?

Mode Multi, le cœur du jeu

Voilà, on y est. Shadowrun est un jeu multi. Maintenant, est-il une révolution dans le genre FPS online ? Première étape, on arrive sur le Live et on va pour commencer une partie, le plus simplement du monde. Une minute, deux minutes, trois min….on s’endort. Cinq minutes plus tard des tirs nous réveillent, on vous demande d’acheter vos armes, ainsi que vos magies et vos techniques. Comme sur n’importe quel FPS, rien n’est offert, il faut acheter. J’ai omis de la souligner antérieurement, il n’est possible d’avoir que trois techniques ou magies à la fois dans le combat. Elles seront mises en raccourcis aux gâchettes LT, LB et RB et devront être remises à chaque début de combat. A vous donc de mettre en place une stratégie en choisissant les techniques en adéquation avec votre personnage et surtout avec votre style de jeu. La partie commence et comme je le disais plus bas, vous vous retrouvez avec quasiment que des Elfes à vos côtés et en face de vous. Vous appartenez à une équipe, les RNA ou les Lineage. Selon votre groupe, votre de but est de capturer l’artefact magique ou bien entendu de le protéger, cela va de soit. Commence alors des décapitations, des piques venus de nulle part, des coups dans le dos…une ambiance sympa, malheureusement gâcher encore une fois par le fait que du coup, un seul type de personnage est toujours présent (l’elfe) et seuls quatre ou cinq techniques reviennent constamment, laissant d’autres techniques assimilées aux autres personnages dans l’ombre.

On peut reprocher à FASA Studios de n’avoir malheureusement pas assez équilibré les forces des protagonistes. Autre point négatif : certaines armes sont totalement imprécises, ce qui rend difficile la destruction de l’ennemi mais attention, il ne faut pas prendre pour autant des armes trop précises comme le sniper car trop de joueurs se baladent sur les maps et il est difficile de prendre son temps pour tuer quelqu’un, notamment avec des techniques comme la supervision. Bref, il faut mêler la ruse avec les techniques que l’ont vous proposent pour en sortir vainqueur et passer un bon moment malgré tout les défauts.

Aspect général

Graphiquement, Shadowrun est loin d’être un sex-symbol et c’est même à se demander ce qu’un titre aussi peu agréable à l’œil fait sur une console dite Next-gen comme la Xbox 360. D’accord, c’est un FPS mais quand on voit ce qu’est réalisé avec Gears of War par exemple, il ne faut pas exagérer, le fait que ce soit un FPS n’excuse pas tout. Les personnages sont assez bien réalisés (en même temps, il n’y en a que quatre…) mais les décors donnent une impression de travail baclé. Les magies comme l’Arbre de Vie, Etranglement ou Résurrection donnent le droit à un festival de couleur certes, mais des couleurs simplement moches (jaune fluo, rouge magenta, bleu cyan). Une ambiance sonore plutôt bonne rattrape le tout, avec des hurlements qui donnent des frissons et des sons de tirs réalistes, plutôt crédible donc. Les maps sont assez grandes, assez variées, ce qui pardonne un peu (et seulement un peu) le manque de personnage. Le gameplay est plutôt simple une fois que les raccourcis sont maîtrisés. Le fait de se lasser au bout d'environ trente minutes de jeux fait que Shadowrun ne sera pas une bombe vidéoludique. Quand on parle de Shadowrun, on pense surtout au fait que les gamers Xbox 360 peuvent côtoyer les joueurs de la version PC, une idée bonne qui a fait parler du jeu. A croire que le jeu n’a été réalisé que pour promouvoir cette technologie. D’une, je n’ai pas rencontré beaucoup de joueur PC et de deux, il faut mettre le prix niveau matériel informatique pour pouvoir faire tourner Shadowrun, ce qui explique le rebus des joueurs PC à montrer le bout de leur nez sur le live. Une technologie encore au statut de gadget qui ne risque pas de faire trop ses preuves sur un jeu tel que Shadowrun. Le plus choquant est le prix du titre, qui tourne à 50€, un prix beaucoup trop exagéré pour un jeu se jouant quasiment intégralement sur le live. Si le jeu ne vous rebute pas, le prix s’en chargera sûrement.


Shadowrun ne sera pas une révolution et ne fera pas long feu face à la concurrence sur le marché du FPS en ce moment, avec Gears of War qui est une bombe graphique et l’arrivée de Halo 3 en septembre prochain. Pourtant, une jouabilité simple et des subtilités bien trouvées comme l’alliance de magies et des techniques avec les armes auraient pu faire marcher le titre, si le tout n’avait pas été gâché par des graphismes trop pauvres pour une console next-gen et par une réalisation trop négligée au niveau des personnages. On ne parlera pas plus du coût qui est totalement onéreux. Au pire, achetez vous une SNES avec l’ancien Shadowrun, ça fera l’affaire. Fan d’Elfe et de FPS, pourquoi pas. Allergiques de FPS, retenez vous absolument.