Tales of "NotInEurope"

Il fut un temps où le RPG était un genre peu connu des Européens. En effet, peu d’éditeurs faisaient l’effort de sortir leur titre sur le Vieux Continent. Les raisons sont diverses mais peut-être y en a-t-il une principale à retenir : un RPG, c’est long à traduire, ça demande des moyens, et vu le nombre de langues différentes en Europe, cela exige des efforts financiers, accentuant les risques en cas d’échecs et causant la frilosité des éditeurs.
C’est finalement grâce à la percée de Final Fantasy VII en 1998 que les choses prirent une bonne tournure.
Cependant, dire que notre situation est désormais égale au japonais ou même aux américains serait vous mentir et vous le savez très bien. En effet, l’Europe, même si elle a prouvé qu’elle était amatrice de RPGs, s’avère quand même largement délaissée. Certains jeux n’arrivent pas chez nous, et ceux qui passent finalement nos frontières le font avec du retard et/ou ne sont pas traduits. Une situation qui nous a ainsi fait rater la plupart des épisodes de la saga « Tales of » comme Tales of the Abyss que je vous propose aujourd’hui en test import américain.


Une vie ennuyeuse…

Luke Fon Fabre est un jeune aristocrate qui s’ennuie. Et pour cause, depuis qu’il a été enlevé et retrouvé amnésique il y a quelques années, ses parents ne le laissent pas quitter l’enceinte du manoir. Ainsi passent les jours où ses seules distractions sont ses séances d’entraînement avec Van, un puissant guerrier.
Et c’est justement pendant ces derniers que sa vie monotone va se retrouver bouleverser. Tear, la sœur de Van débarque pour assassiner celui-ci mais en approchant de Luke, leur "énergie fonique" va résonner et les 2 jeunes gens vont se retrouver téléporter très loin du manoir, sur un autre continent.
Tear, qui n’est pas aussi méchante qu’elle n’y paraît, va alors aider Luke à revenir chez lui et c’est ainsi que commence Tales of the Abyss.

Pas dépourvu de très bonnes idées, le scénario s’avère malheureusement très vite ennuyeux. Ce n’est pourtant pas la faute aux personnages. Luke est en effet un héros intéressant, au départ, aristocrate imbu de sa personne et geignard pour ensuite se remettre en question dans tout ce qu’il fait. Tear est un peu plus classique mais reste tout de même très attachante, Natalia est une princesse qui réserve pas mal de surprises, Anise sera la petite peste adorable du groupe et Guy, en ami fidèle de Luke, gagnera le respect du joueur. La palme du personnage le plus intriguant revient enfin à Jade, cachant derrière ses sarcasmes un passé de savant fou. Ca aurait donc été un réel plaisir de suivre ce petit groupe hétéroclite si l’histoire avait été mieux construite.

Le scénario souffre en effet de ces nombreuses discussions pas forcément utiles ou alors comportant trop d’explications compliquées qui, en anglais je vous le rappelle, ont eut tôt fait de me fatiguer. Enfin, l’arrivée de l’aéronef, généralement synonyme de liberté dans un RPG, signifie dans Tales of the Abyss des aller-retour incessants entre les villes. Un personnage nous dit de nous rendre à Baticul pour avoir des informations. Là bas, un autre personnage nous envoie à Daath pour parler à quelqu’un et ce quelqu’un nous somme d’aller chercher un objet à Yulia City etc.
Bref, comme vous l’avez deviné, rien de très accrocheur dans tout ça…

Les décors…

Encore heureux que lors de ces nombreux voyages à travers le monde, on a l’occasion de découvrir de somptueux décors, si beaux que je me permets quand même de faire un encadré sur le sujet. On s’arrêtera même quelques secondes pour contempler le palais de Chesedonia ou la ville aquatique de Grand Chokmah. Rares sont les RPG à proposer des décors aussi enchanteurs. Je crois bien que le dernier que j'ai pu voir était The Legend of Dragoon sur PSOne !

Les graphismes, parlons tant qu’on y est, ne sont pas ce qu’il se fait de mieux sur PS2 mais cela n’empêche Tales of the Abyss d’arborer de très belles couleurs. On se balade donc avec plaisir dans des villes aux couleurs et aux architectures différentes. Le style adopté est celui du manga, ce qui n’est pas étonnant quand on sait que Kosuke Fujishima, auteur des mangas Ah ! My Goddess et You’re Under Arrest, est au chara-design. Les personnages sont bien faits, sans plus, même s’ils disposent de mimiques intéressantes.

Mais c’est surtout la carte du monde qui est franchement désagréable à regarder. Les textures sont grossières, ça lagg, la caméra ne tourne pas assez vite et… Ben je crois que c’est déjà assez pour vous donner une idée !

ATTENTION ! THE point fort !

Ca y est ! Arrive le moment que vous attendez tous, surtout ceux qui sont allés voir la note avant de lire le test et qui, jusque là, se demandent "pourquoi 17 ?" ! Et bien la réponse, la voici : le système de combat !

Tales of the Abyss arbore sans doute l’un des meilleurs système de combat de RPGs, c’est incontestable. Mais commençons par le commencement.
Tout d’abord, sur la carte où vous voyagez, des monstres se baladent. Vous pouvez soit aller à leur rencontre, soit les éviter mais, dans notre cas, on va dire que vous êtes d’humeur belliqueuse. Une fois confronté aux monstres, vous vous retrouvez dans une arène vaste où vous êtes libres de vous déplacer ! Fini la ligne droite des précédents Tales of, place à la 3D pour un système de combat aussi pêchu qu’un Action-RPG tout en apportant la stratégie des RPGs classiques.

Vous êtes libres d’esquiver les attaques ennemis, de vous reposer le temps de vous soigner mais aussi, bien sûr, d'aller à la rencontre de vos adversaires histoire d’en découdre. Là encore, les techniques spéciales, qui viennent compléter vos attaques normales, ont gagné en explosivité par rapport aux précédents Tales of : rapides, pouvant envoyer vos adversaires très loin, les assommer… Un sentiment de puissance grisant ! De plus, certaines zones peuvent devenir temporairement élémentaires suite à l’effet d’un sort. En plaçant une technique à ces endroits, elle gagne en puissance et en spectaculaire.

Cependant, vous n’êtes pas tous seuls à combattre. Vos coéquipiers se battent par eux même mais il est aussi possible de leur donner une stratégie à adopter. Utiliseront-ils leur mana avec parcimonie ou bien se dépenseront-ils sans compter ? Ont-ils le droit d’utiliser des objets ? Si oui, en quelle circonstance ? Quels ennemis peuvent-ils attaquer ? Autant de questions auxquels vous pourrez donner une réponse. Bien sûr, c'est beaucoup moins complexe que les Gambits de Final Fantasy XII mais c'est assez intéressant pour vous inciter à y jeter un oeil.

Enfin, comme dans tout bon RPG, il vous faudra personnaliser vos personnages. Pour cela, en plus des traditionnels équipements, vous devrez débloquer des AD Skills, donnant à Luke et ses amis des caractéristiques souvent très utiles en combat. A vous aussi de choisir si votre personnage sera plus offensif, défensif, agile ou magique par l’intermédiaire de sphères à équiper. De même, des pierres de couleurs vous serviront à booster les techniques selon la couleur choisi.

On a là un système très complet sans être trop complexe. Très agréable à jouer en somme !

Tales of Conclusion

Tales of the Abyss est donc bel et bien un RPG que l’on peut regretter ne pas voir en Europe. Doté d’un scénario ennuyeux, il peut cependant compter sur des personnages intéressants, des décors somptueux et surtout un système de combat génial pour se propulser parmi les très bons RPG de la PS2.
Mais qui sait ? Après Tales of the World confirmé sur PSP, on peut penser qu’une bonne âme voudra bien éditer Tales of the Abyss en Europe… Traduit ? Je crois que faut pas trop en demander non plus…