Tales of Ennui

S’il y a bien un genre dont les consoles portables manquent quelque peu actuellement, c’est le RPG. La situation est certes en passe de se débloquer mais pour le moment, entre les jeux enfantins et les remakes, les rôlistes n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent. Et c’est là, à la surprise de tous, qu’Ubisoft annonce la sortie prochaine de Tales of the World : Radiant Mythology en Europe. Et cela moins de 2 mois après la sortie américaine !!! Bon, ce sera bien sûr pas traduit mais au moins, l’erreur Valkyrie Profile Lenneth ne sera pas reproduite.
Fin Août, les possesseurs de PSP pourront donc s’adonner à un nouveau RPG … … Enfin, donjon-RPG mais on va pas faire les difficiles d’autant que ce n’est pas un remake ! Oui oui ! Let’s test !


Nouveau-né

Tales of the World : Radiant Mythology commence par un passage assez peu commun dans la série : la création de personnage. En effet, dans l’histoire, vous êtes un Descender, un être crée par l’arbre protecteur du monde dans le but de le protéger. Une bonne excuse pour faire incarner pendant un temps au joueur le dit arbre et personnaliser son avatar au niveau du genre, du visage, des cheveux et de la voix. C’est cependant assez restreint, même au niveau des armures que vous pourrez acheter au fil du jeu. On a pas forcément le personnage tel qu’on le souhaiterait même s’il y a quand même moyen de trouver son bonheur.

Passée cette étape, vous êtes réveillés par une étrange bête blanche du nom de Mormo, le Descender d’un autre monde qui a été dévoré par une étrange créature prenant désormais pour cible le votre. Votre mission, comme vous l’aurez compris, sera d’en finir avec ce « Devourer ». Cependant, vous ne serez pas seuls dans ce combat. En effet, les habitants ont déjà constaté la menace et ont formé des groupes de résistants et pas des moindres puisqu’ils comptent dans leur rang des personnages illustres. Si je vous dis Reid ou encore Lloyd vous me dites ? Et oui, ce sont bien les héros de Tales of Eternia et Symphonia !
Tales of the World est en effet une excellente excuse pour Namco afin de réunir les différents personnages de sa célèbre série de RPG. Vous pourrez donc former votre équipe avec de vieilles connaissances bien que la série des Tales of n’est malheureusement pas très connue dans nos contrées avec peu d’épisodes sortis. La joie aurait été plus immense avec une série telle que Final Fantasy… En espérant que ça donne des idées à Square Enix

Mais revenons à Tales of the World proprement dit… Après avoir fait ses preuves et acquis quelques points de célébrité, vous pourrez former une équipe comme vous l’entendez et partir en découdre avec les « méchants » … … Le scénario est ainsi malheureusement bien résumé ! L’intrigue tient en effet sur la face B d’un confetti et s’avère prévisible par dessus tout. Cherchons donc le plaisir ailleurs.

La paix dans le monde ? Oui mais pas sans baston !

Résumons : vous avez crée votre personnage, monté une équipe… Que reste-t-il ? La baston !!! Et vous en aurez messieurs-dames ! Reprenant le système de combats excellent de Tales of the Abyss en l’améliorant en terme de maniabilité mais pas en terme de spectaculaire (PSP oblige), Tales of the World vous mettra donc face à des ennemis dans des aires en 3D totalement libres où vous pourrez frapper, esquiver, bloquer ou encore utiliser des attaques spéciales. Comme d’habitude dans la saga des Tales of, vos coéquipiers sont gérés par l’intelligence artificielle et, s’ils mettent parfois un peu de temps à réagir, ils s’avèrent être de fiables compagnons. Avec seulement quelques petits bugs notamment au niveau de la direction, le système de combat de Tales of the World s’avère donc être un bon point… Seulement voilà…

Je vous le rappelle, on est dans un donjon-RPG et Tales of the World comporte les défauts inhérents au genre… En les amplifiant !!!
Le jeu comporte en effet très peu de donjons mais où vous devrez revenir souvent pour accomplir diverses besognes en vue d’acquérir quelques monnaies sonnantes et trébuchantes et la célébrité. Cependant, en plus d’être franchement ternes graphiquement, ces lieux se ressemblent tous dans la construction ! Seuls les décors en arrière plan, les ennemis et les objets que l’on peut y trouver changent. Sinon, on a l’impression que durant tout le jeu, on explore les mêmes couloirs labyrinthiques. Là aussi, fin du fin, pour vous repérer vous aurez seulement le droit à un radar à courte portée mais aucune carte ! On en vient alors à appliquer la bonne vieille technique du « je suis le mur de droite » mais niveau confort, on a vu largement mieux.

C’est donc un sentiment de lassitude qui se fait très vite ressentir, d’autant que les missions/besognes dont je vous parlais tout à l’heure manquent cruellement de variété. Récupérer des ingrédients, tuer des monstres précis, retrouver quelqu’un… Voilà bien tout ce que vous ferez dans les donjons de Tales of the World. L’ennui…

En plus, petit cadeau de Namco pour la fin, si durant tout le jeu, les boss s’avèrent assez simples à battre, le dernier combat s’avère inexplicablement beaucoup plus compliqué tant est si bien que vous êtes obligés de repartir à l’assaut des maléfiques Donjons de l’Ennui que vous pensiez pouvoir enfin quitter. Dommage, d’autant plus que les premières heures de jeu se font le plaisir aux lèvres tant Tales of the World s’avère agréable à manier mais, parce que le donjon-RPG ne sait pas se renouveler au fil du temps, on traîne du pied pour le terminer.

Et c’est ainsi que Tales of the World Radiant Mythology à qui j’aurai mis à un 16 en début de partie écope d’un 12. Doté d’un système de combat très plaisant, bien optimisé pour la PSP (temps de chargement quasi-inexistants), le jeu souffre cependant de son côté « donjon-RPG » qui le rend répétitif et ce n’est pas le scénario qui vous maintiendra en éveil.
Enfin, le doublage américain est tout ce qu’il y a de plus désagréable avec ses voix nasillardes et, inexplicablement, la voix de la chanteuse a disparu de l’opening de départ pourtant si entraînant dans la version japonaise. On a ici simplement le thème musical qui plaira peut être aux amateurs de karaoké qui ont envie de chanter eux même Hikari to Kage.