La France est prise, une nouvelle fois sonne l'appel du devoir

Depuis Wolfenstein 3D sorti en 1992, nombreux furent les FPS abordant le thème de la Seconde Guerre Mondiale avec plus ou moins de succès. Alors que la série Medal of Honor cartonnait depuis plusieurs années, Activision, toujours dans les bons coups, s'octroie en 2003 une licence plus que juteuse, Call of Duty. Fort de son succès, l'éditeur sort plusieurs volets sur consoles et PC. Fin 2006, après le succès spectaculaire de Call of Duty 2 qui compte aujourd'hui encore parmi les jeux les plus vendus de la XBox 360, le très attendu troisième volet, développé par Treyarch, débarque enfin. Particularité de cette version Wii? Son maniement utilisant le nouveau pad Nintendo: la Wiimote.

En marche vers Paris

Après de grands moments en Russie abordés dans le premier et le deuxième épisode, c'est en France que se déroule l'action de ce nouveau Call of Duty. Petits soldats de vos états (on en incarne plusieurs), vous allez devoir batailler aux côtés des alliés pour délivrer ces boulets de Français incapables de se débrouiller tous seuls. Dès le début, on constate que ce qui a fait la force des précédents opus est bien présent. Après la traditionnelle séquence d'entraînement, histoire de se familiariser aux commandes, vous voila lancé dans le feu de l'action, prêt à casser du soldat nazi.

Wiimote et FPS: là où ça capote

La question qu'on se pose est bien évidemment de savoir ce que vaut la dernière manette de Nintendo pour ce genre de jeu. Pour être honnête, disons que le constat est mitigé.
Commençons par les points négatifs...
Tout d'abord il est clair qu'un temps d'adaptation sera nécessaire avant de maîtriser pleinement le contrôle de votre personnage. Un passage par le menu des options a, pour ma part, été indispensable afin de régler la sensibilité de la Wiimote. En effet on se rend compte dès le début que si on y met pas un peu du sien, nos bras et nos épaules ne seront guères ménagés, car le moindre mouvement peut envoyer votre gun se balader sur toute la surface de l'écran. Une fois le principe enregistré, on est pas pour autant au bout de nos surprises.
Histoire de corser un peu le jeu, la jouabilité est buggée à mort. Si le manque relative de précision des Nunchuk/Wiimote ne nuit pas réellement au plaisir de jeu, il n'en est pas de même des formidables bugs qui vous empêchent de jouer à plusieurs moments de l'aventure. Et pour cause: sans que vous n'ayez rien demandé, votre soldat se bloque, commence à se déplacer latéralement, votre fusil se lève, se baisse, tout ça de façon très saccadée... En général, une pression de la touche "Home" corrige le problème... mais pas toujours. Et vous découvrirez rapidement à quel point il est frustrant de se faire descendre pour quelque chose d'aussi stupide.
Le dernier reproche concerne le pilotage des véhicules. D'abord amusant, il se révèle ensuite assez délicat et on est pas mécontent que le nombre de phases de conduite soit si restreint.
Voila pour la diatribe; passons au positif.

Immersion signée Wii

Il n'y a pas que du mauvais et quand on voit les possibilités qu'offrent la Wiimote, on regrette amèrement la présence de tous ces désagréments. Car il est clair qu'avec un pad Wii, le FPS le plus basique du monde devient bien plus atrayant. La Wiimote se prêtant tout à fait à ce type de jeu, on prend un plaisir incontestable à dégommer à tout va. Bouger votre arme et tirer devient bien plus fun, et le plaisir se retrouve également dans les phases de combat au corps à corps ainsi que dans certaines actions (comme poser des explosifs ou contrôler le mortier) même si l'imprécision est parfois de la partie. Un choix de contrôle judicieux qui nous rappelle qu'on est bien sur Wii, et que malgré ses défauts, cette console garde malgré tout cette particularité fort appréciable.

Mais à part ça?

Le jeu, quant à lui, reste très classique. Si on est bien dans ce qui se fait de mieux en matière de jeu de tir sur la Seconde Guerre Mondiale, COD 3 n'apporte pas grand-chose de plus que son prédécesseur. Des missions sympathiques et variées, beaucoup d'actions réalisables, mais rien de très nouveau. On est toujours dans une mise en scène très aseptisée, même si le tout reste spectaculaire. Déjà, le visuel est très correct pour de la Wii. Ca explose de partout, beaucoup d'éléments sont affichés à l'écran, mais c'est quand même très propre. Ensuite, les bruitages tiennent parfaitement la route et contribuent à l'ambiance... mais franchement, quel besoin avaient les développeurs de nous balancer sans cesse des discours grandiloquents entendus encore et encore? Parce que c'est un fait, le jeu est BOURRE de clichés. C'est tout de même assez navrant d'entrer pour la énième fois dans la peau du parfait petit soldat allié qui a des chefs rudes mais profondément humains face à des soldats allemands qui, de par leur statut de soldats allemands, sont forcément des gros méchants, des brutes assoiffées de sang qu'il faut éliminer à tout prix. Bref, Call of Duty 3, en dépit de toutes ses qualités, reste formidablement stéréotypé.

Call of Duty 3 aurait été un bon jeu s'il avait bouleversé le schéma classique de FPS que l'on avait connu jusque là. Malheureusement, le soft n'apporte rien de nouveau et se contente de se caler dans la droite lignée des précédents épisodes s'engluant dans un moule édulcoré et écœurant. Beaucoup de fun c'est vrai, mais tristement entaché par de grosses lacunes techniques et surtout une sur-dose de kitsch.