L'affaire la plus aboutie !!!

Cela fait un an que la France (mais aussi l'occident tout entier) a fait la connaissance de Phoenix Wright : Avocat de la défense. Phoenix, notre héros s'est vu offrir trois épisodes... Et après un second volet moins prégnant et moins fort, il revient pour un troisième et dernier opus... On dit toujours que le dernier volet est le moins bon de la trilogie ! Est-ce le cas ???

Juste dans la continuité ! Pas d'OBJECTION ?!

Le problème quand Capcom a un concept qui marche, il l'épuise à mort sans bouger d'un iota leur gameplay... C'était déjà un peu le cas ne serait-ce qu'avec Phoenix Wright : Justice For All mais l'ajout du Psycho-Lock (Verrou-Psyche en français et avouez que c'est très laid donc je le dirais en anglais) nous renforçait l'investigation hors court de justice, c'était une excellente façon de percer les secrets des "acteurs" de l'affaire et ça permettait véritablement de pousser l'écriture des personnages.

Pour ce troisième volet... Il n'y absolument aucun changement ! Mais quand je vous dis aucun, c'est aucun ! Du coup, décrire le concept d'un jeu une troisième fois peut paraitre barbant... mais faut le faire, sait-on jamais.
Vous êtes Phoenix Wright, avocat à la défense ayant trois ans d'expérience et ayant accumulé un statut certain au sein de la profession. Votre but, en temps que joueur, sera de défendre votre client à la barre. Jeu purement textuel, PW vous demandera de la mémoire, des réflexes mentaux, du bon-sens, et une grosse ouverture d'esprit pour renverser les situations à votre avantage. Car vous aurez en face un procureur pour détruire vos thèses, à vous de savoir utiliser vos ressources pour les transformer en preuves, le tout d'un simple click de stylet !

Mais pour se constituer une bonne base d'indices, il faudra explorer les environnements liés à l'affaire, toujours d'un simple click, vous passerez d'un lieu/fenêtre à autre suite un menu très simple. Ainsi, vous devrez jongler entre vous mouvoir dans les différents lieux-clés, les examiner, c'est à dire que le lieu est retranscrit sur l'écran tactile (intégralement en 2D, n'oublions pas que PW est un jeu GBA à la base) et il suffira de pointer les différents recoins de ceux-ci pour y trouver les éventuels indices.
Vous devrez aussi parler aux personnes liés à la faire, par conséquent une série de sujets seront disponibles mais vous pourrez aussi leur soumettre des objets-clés à l'affaire, ceux-ci pourra débloquer des informations tout simplement nécessaires à l'affaire.
Enfin, certains d'entre eux vous cacheront des choses... C'est là que le fameux psycho-lock interviendra, une série de chaines avec plusieurs cadenas selon l'intensité du secret se matérialiseront devant vous. Il vous suffira d'utiliser le Magatama du Clan Fei (l'amie de PW et soeur de son mentor décédé, toutes deux ayant des pouvoirs spirituelles très forts appelé la technique Kurain) pour qu'un enchainement de dialogues arrive et vous incite à dévoiler les preuves faisant craquer la dite personne.

Même si le gameplay n'a pas bougé d'un poil, il reste toujours aussi prenant, certes c'est "mou", certes on aimerait éviter de se re-taper tout le texte depuis la dernière sauvegarde, mais le fait est là : le jeu demande de jouer uniquement avec sa tête que ce soit pour la compréhension de l'affaire, d'anticiper les contre-attaques juridiques, de trouver la réponse aux problèmes, de surmonter la pression de se planter lourdement, même si pour ce dernier cas la sauvegarde disponible à tout moment annule ce sentiment... Un système de sauvegarde-checkpoint à imposer aurait été plus fort... Mais ça aurait été plus dur cependant et plus frustrant.

Techniquement ? Pas grand chose à redire, ce sont exactement les mêmes sprites depuis le premier volet, c'est plutôt agréable même si on sait que la DS peut afficher des graphismes bien plus fins et peut être plus profond car finalement on a juste un tableau de pixels et des calques de personnages... Mais ! N'oublions pas que c'est un remake GBA ou plutôt un portage... Il faut être sacrément naïf pour croire que Capcom allait retoucher leur soft...
La qualité sonore est toujours aussi bonne, en particulier les sons et les voix qui ajoutent du punch, du dynamisme et de la vie à ce soft pourtant "plat" (techniquement et graphiquement parlant). Les musiques-elles sont tout simplement très bonnes, mais attention ce n'est pas parce que le compositeur a merdé le deuxième volet par exemple... Non. C'est parce que les musiques sont à l'image du scénario... Excellent ? Oui c'est ça ! Excellent !!!

Un scénario profond, cohérent et surtout prenant !!!

Si Capcom n'a pas évolué son gameplay, l'équipe de développement a excellemment bien travaillé le scénario. D'abord le scénario global car en fait toutes les affaires sont plus ou moins liés (directement ou indirectement) puis le déroulement de chaque affaire.

Une chose très importante est que vous ne débutez pas avec Phoenix pour vous servir de 3ème tuto mais vous serez le spectateur de la seconde affaire de Mia (le mentor de Phoenix, si vous suivez bien). C'est sa deuxième affaire qui se déroule "normalement" et elle le vit comme "sa première fois" pour une raison que je vous laisse découvrir. Du coup, vous aurez un mini-tuto pour capter les techniques de base pour presser le témoin puis de balancer la preuve du contraire à la figure. Mais mine de rien, ce tutoriel se retrouve carrément effacé par l'importance et la pression dans cette affaire... Dès le départ, vous avez une affaire poids lourd (moins complexe que la dernière affaire certes mais fortement balèze pour un début). Poids lourd, pourquoi ça ? Parce que votre client n'est autre que... Phoenix Wright accusé de meurtre !!!

Franchement, laissez tomber les scénarios hyper kitsh avec un magicien rose et un super-héros à deux balles du deuxième volet (vous pouvez vérifiez dans le test de l'époque ça avait été bien souligné) nan là on a quelque chose de plus "sombre" mais on va surtout dire "dramatique" et bourré de rebondissements inattendus ! On pointait un début de manque de cohérence dans le deuxième volet, mais aussi dans l'affaire bonus du premier, un peu comme si à force de vouloir aller dans le "spectaculaire" les développeurs en faisaient trop. Mais ici... Ca passe relativement bien, attention vous aurez des trucs un peu énormes et très abracadabrandesques mais mine de rien vous n'êtes pas devant un jeu réaliste... Du coup, notre cohérence est jugé sur le background de la série et en ce sens c'est très cohérent et les rebondissements ne nuisent pas au joueur qui l'oblige à dévoiler une preuve qu'on ne peut pas penser seul par exemple...
Non. La rigueur d'écriture tient une excellente place dans ce troisième volet et c'est ça qui nous passionne, le tout étalé en cinq chapitre avoisinant les 30H de jeu... La dernière affaire est évidemment... Enormissime ! Car elle ne fait pas que clore le jeu... Mais toute la première trilogie ! Et avec brio !

Appelez le Godot !

Il est très difficile de vous relater la qualité de PW3 car il mise tout sur son scénario en béton du coup, il ne faut pas spoiler... Mais il faut aussi vous faire comprendre pourquoi le script est le meilleur de la série... Après vous avoir vanter la cohérence des affaires et finalement de toute la trilogie, il faut mettre en valeur ce nouveau personnage... Car dans PW, aucun personnage n'est inséré gratuitement et ce nouveau procureur et rival de Phoenix s'appelle Godot !

Ce personnage est un poids lourd dans le travail d'écriture de ce volet, pas forcément lié au scénario mais à la mise en scène du jeu. Phoenix Wright accumulait un peu les clichés avec Benjamin Hunter qui "trichait" (houuu le méchant du 1er volet) ou encore Franziska Van Karma qui "trichait" mais était hyper vaniteuse (houuu la méchante du 2), on avait sans aucun problème le "Bien/Mal" dans la court. Mais cette fois... On a un type très "branleur" sur les bords, oreille doublement percée, cheveux blancs et masque muni de trois rayons rouges, accro au café et qui te sort des métaphores complètement débiles et HS mais impose énormément par un charisme certain et ce, grâce à sa gestuelle et de sa joute verbale. Par exemple, Godot se présente :
"- Je n'ai jamais perdu un seul procès !... ... ... Et je n'en ai jamais gagné aucun ! Ha !
- Comment cela se fait-il ? rétorque le juge qui est déjà impressionné par le personnage a forte allure
- C'est seulement mon premier procès..."

... Voilà... Le type est là à te sortir des trucs à coté de ses pompes et se prend pas au sérieux. Cependant ! Il est extrêmement perspicace et ne laissera aucun répit à Wright et ce, sans aucune tricherie... Du coup, au lieu de se taper des faux rebondissements du genre tadaam "j'avais caché cette preuve car je le trouvait inutile" -dixit Van Karma on a là un rival au sens de la répartie tout simplement impressionnante et respectant autrui... C'est très rafraichissant et finalement, ceci incite le joueur à continuer avec plaisir et non ressentir une certaine frustration car ses efforts sont réduits à néant à cause d'une preuve camouflée à la court...
Cette homme en veut énormément à Phoenix Wright pour une raison inconnue, du coup ses qualités seront appuyées par une espèce de "haine" envers notre héros...
Ce qui, évidemment, se répercutera un moment ou un autre sur la raison de les motivations de Godot, ça c'est une autre histoire que vous découvrirez par vous-même...

J'ai fais exprès de jouer avec la ponctuation très "exclamative" typé PW pour bien vous faire comprendre que cette épisode n'a pas volé sa réputation, c'est le meilleur de la série, la surprise en moins par rapport au 1er volet. Les développeurs ont tout misé sur un scénario incroyablement riche, dynamique, cohérent et prenant pour l'y appliquer à un gameplay qui a fait ses preuves... Ces affaires sont bien plus solides que les aventures kitshs du deuxième épisode et est même plus "adulte", beaucoup d'actes et de pensés "noirs", PW3 ne volera pas un fameux 12+ par le PEGI (et si "14+" existerait c'est ce qu'il aurait eu). Bref, vous avez débuté avec plaisir la trilogie Phoenix Wright ? Vous la terminerez avec de gros battements de coeur !