Il était une fois, un petit navion, il tuait plein de gens !

Utilisé comme vitrine technologique du Sixaxis il y a plus d’un an à l’occasion de la présentation de la très controversée DualShock 3, Warhawk, développé par Incognito, avait attiré pas mal de railleries autour de sa réalisation peu convaincante et la soi-disant insertion « express » du système de reconnaissance de mouvements dans le gameplay du jeu (on parlait à l’époque d’une demande faite par Sony 15 jours avant le salon de l’E3…ce que pas mal de monde a cru, bien évidemment). Aujourd’hui, c’est sur le Playstation Network que le soft est désormais disponible. Alors, Warhawk, pétard mouillé ou réel chaos online jouissif ? Hop hop hop, nous avons testé pour vous. Let’s read this !

800 Mo, pas plus, pas moins (enfin si, un poil)

Volonté de Sony de mettre en avant le Playstation Store, véritable interface marchande online avec la disponibilité de titres de plus en plus nombreux, Warhawk vous coûtera la somme de 29.99€. L’éditeur a privilégié la sortie online par rapport à la version Blu-ray, qui elle arrivera en fin de mois dans toutes les bonnes crèmeries accompagnée d’une oreillette Bluetooth, ceci pour 60€. La particularité du titre est qu’il est uniquement jouable en multijoueurs, soit online sur Playstation Network, soit en local. Pas de mode solo donc, pas de campagne ni de scénario poussé, seulement un brin d’histoire que la majorité des joueurs ne connaissent sûrement pas.
Moi si, c’est le combat entre les force d’Eucadia et de Chernova. Point.
De là, sachez que chaque faction dispose de ses propres véhicules, mais que seul le design varie, leurs caractéristiques étant les mêmes que l’on soit d’un côté ou de l’autre.

Si l’on aurait pu penser devoir galérer pour trouver des parties à rejoindre, il n’en est rien. Dés la sortie du soft, le nombre de serveurs (hébergés par les joueurs) était assez énorme, avec des pointes aux heures de pointe (?!) à près de 1000 serveurs dipos ! Le créateur choisit les options de jeux, le nombre de joueurs limite (jusqu’à 32 joueurs), et bien sur le mode de jeu.
Pour le moment, il existe quatre modes de jeux : Deathmatch, Team Deathmatch (match à mort en équipe), Capture the Flag (capture de drapeaux) et Zone Mode (capture de zones).
Les mises à jour futures apporteront certainement d’autres modes de jeux, même si ceux proposés à l’heure actuelle, d’un classicisme à toute épreuve, jouent parfaitement leur rôle de défouloir massif.

Weeeelcome to the Battlef…BOOOM HEADSHOT !!!!


Une fois une partie rejointe, les choses sérieuses peuvent commencer, ou pas. Vous dbutez la plupart du temps à pieds, dans vos jolis souliers, même si certaines épreuves se jouent uniquement à bord de Warhawks. Vous êtes armés d’un joli pistolet flambant neuf, que vous troquerez rapidement pour autre chose : fusil sniper, fusil mitrailleur, lance-flammes, lance-roquettes, et autres réjouissances sont disséminées ça et là sur les maps. A partir de là, libre à vous de décider de votre stratégie. Vous pouvez agir en silence à pied pour réduire au silence les empêcheurs de tourner en rond utilisant les tourelles lance-missiles et DCA, afin de déstabiliser votre aviation ; vous joindre aux batailles rangées d’infanteries mêlant chars, jeeps, et autres soldats partis avec pour seul équipement leur bite et leur couteau, ou bien tenter de dégoter un Warhawk, et prendre de l’altitude pour entamer des combats aériens furieux et péchus.
Au sol, votre petit bonhomme peut monter aux échelles et sauter, tout ceci se faisant de manière assez simple avec les boutons carré et croix, que l’on utilise pour tout type de déplacements, que ce soit à pied, sur route ou dans les airs. Il peut également utiliser les tourelles de DCA, les postes de mitrailleuses et les tourelles de lance-missiles. Au choix, hein.

Lorsque vous utilisez une jeep, vous pouvez monter à trois (dans la jeep, hein, bande de vicelards). Un pilote, un passager, et un kamikaze qui utilise la tourelle mitrailleuse située au cul du véhicule. L’avantage du véhicule ? Sa rapidité, qui vous sort bien des fois de situations périlleuses, vous permettant par exemple d’esquiver une attaque d’un char en utilisant la technique la plus vieille du monde : la fuite. Par contre, niveau résistance, on repassera, le blindage du véhicule étant bien évidemment fort peu convaincant. Un véhicule permettant de rallier les différents points chauds le plus rapidement possible en somme.

Troisième et dernière option au sol : le char d’assaut. Robuste mais lent, il peut embarquer deux soldats : le pilote, bien évidemment, ainsi qu’une autre personne dans la tourelle, qui peut utiliser son arme également (un lance-roquettes, par exemple). Très utile pour le combat d’infanterie, le char permet aussi de dégommer du Warhawk volant à plus ou moins basse altitude, grâce à sa puissance de feu détonante, et la vitesse des projectiles balancés.

Enfin, si vous n’êtes pas sujets au mal de l’air, libre à vous de monter à bord d’un Warhawk, avions de combat à mi-chemin entre le design des coucous dans les films des années 60-70 et les avions furtifs de notre époque. Charmant.
Deux types de vol sont possibles : soit vous vous la jouez maître de l’air (après vous être assurée qu’aucune menace ne se profilait à l’horizon) et vous utilisez le mode survol du Warhawk, vous permettant de planer au dessus du champ de bataille, et balancer la sauce sans soucis au moment opportun, tout en vous déplaçant par de brefs mouvements à droite à gauche. Jouissif lorsque l’infanterie adverse galère à trouver des véhicules, et que vous êtes au-dessus d’eux à les mitrailler comme un enfant fait pipi sur des fourmis, mais totalement inutile si des Warhawk adverses partagent avec vous l’espace aérien. Dans ce cas, il faut enclencher dans les plus brefs délais le mode vol, sous peine de se faire rapidement voler dans les plumes, à grands coups de SCUDS. Ce mode vol va vous permettre de montrer au monde tous vos talents de pilote ! Ou pas. La vitesse du coucou augmente sensiblement, des décharges de boost sont disponibles via la gachette R2, et, surtout, les possibilités en terme de voltige aérienne sont énormes, avec une utilisation intuitive du stick analogique droit. Vous avez bien évidemment la possibilité d’utiliser la fonction Sixaxis de la manette. Facile à prendre en main pour du vol simple, elle devient vite un véritable calvaire lorsqu’il s’agit de loquer un ennemi… Un comble… Heureusement, cela n’altère en rien le plaisir de vol, il suffit de ne pas activer le mode Sixaxis et passer en une configuration plus « manuelle. Dommage tout de même, surtout que ce n’est pas la première fois que des critiques émanent à propos de cette fonction.
L’espace aérien comprend pas mal d’items à récupérer : missiles à tête chercheuse, décharges électriques, leurres (utilisés afin d’éviter les missiles), etc. Il faut bien veiller à s’équiper correctement avant d’entamer le combat, sinon l’affaire est vite réglée. Vos prouesses de pilote viendront épauler votre équipement pour faire de vous le maître des airs, via loopings, esquives diaboliques et retournements de situations tonitruants. Du grand spectacle !

Pour vous décrire un peu le côté grisant du soft, une petite mise en situation s’impose : vous êtes le Ranger Walker, du 17 ème bataillon d’infanterie de Chernova. Acculé par les forces Eucadiennes, votre bataillon s’est retranché dans les ruines d’un avant-poste. Votre mission ? Détruire ce foutu char qui pilonne vos positions dés que vous pointez le nez dehors. A bord d’une jeep, vous foncez à toute allure pour rejoindre cette tourelle lance-missiles placée en hauteur, au-dessus de la position du char ennemi. Le char est surpris par votre vitesse, mais pas la jeep ennemie à bord de laquelle un soldat Eucadien vous mitraille sans cesse. Au-dessus de vous, l’aviation des deux factions s’en donne à cœur joie, ceci au travers des tirs assourdissants de la DCA. Au croisement d’un chemin, un char de Chernova vous débarrasse brillamment de la jeep poursuivante. Vous vous rendez donc à cette fameuse tourelle lance-missiles, pour donner le coup de grâce au char Eucadien à près d’un kilomètre de distance, pendant qu’un Warhawk s’écrase juste devant votre nez, abattu qu’il est par une roquette tirée depuis le sol par un fantassin ennemi. Un joyeux bordel jouissif et sans répit !

Grand, et pas vilain

Théoriquement, et cela pour tous les types de jeux, les modes en ligne sont graphiquement en-deça des modes solo. Pour Warhawk, il n’y a pas vraiment de comparaison possible étant donné qu’aucun mode solo n’est présent. Mais l’on jugera en comparant avec les titres du genre sortis sur la console. Le mot qui revient le plus souvent dans mes plus profondes pensées est : correct. Les textures n’ont rien d’exceptionnel, les personnages sont modélisés sans attrait spécifique pour l’œil, le relief n’est pas forcément grandiose. Cependant, l’ensemble reste sympathique pour un jeu de ce type, correct, quoi. Les explosions sont parfois impressionnantes, tandis qu’un soin tout particulier a été apporté à la retranscription de l’espace aérien (nuages, soleil, etc.). Un bon point. De même, la modélisation des Warhawk est au-dessus du lot par rapport aux autres véhicules, ce qui accroît un tantinet le plaisir de la voltige.
Concernant les maps, leur nombre n’est pour le moment pas très important, même si comme cela se fait maintenant partout, d’autres arriveront via des packs de cartes à télécharger. Cependant, leur taille et donc leur « contenu » s’adaptent en fonction du nombre de joueurs, de quoi proposer différentes dispositions pour une même map de base.
A savoir que les maps à plus de 20 joueurs sont tout simplement immenses ! En Warhawk, elles se survolent assez rapidement, mais à pied, il vous faudra de longues minutes pour les traverser, si vous ne succombez pas à une attaque ennemi dans l’entre-temps, j’entends bien.
Le rendu sonore est lui aussi fort agréable. Si les musiques de fond sont sensiblement similaires à tout je de guerre qui se respecte, le son des avions vous survolant, les barouf des explosions et les divers tirs de projectiles est franchement immersif. Du bon boulot.

Warhawk remplit ainsi parfaitement son rôle en proposant un jeu fun, à la maniabilité très arcade dans lequel l’on prend plaisir immédiatement. Techniquement sympathique, le titre d’Incognito permet de longues heures de jeux, et ne concentre pas l’essence du jeu sur les Warhawks, mais l’étend à tout le champ de bataille (aussi bien sur terre que dans les airs), permettant à chacun de se spécialiser dans ce qu’il sait faire de mieux, tout le monde trouvant ainsi son compte. L’arrivée de contenu supplémentaire, pas encore annoncé mais toutefois prévisible, ajoutera encore au plaisir de jeu, ouvrant ainsi la voie à d’autres titres sur le PS Network. Une réussite.