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Rappelle toi Silent Hill ! Un Silent Hill sur portable… Même Akira Yamaoka pendant un temps semblait chasser l’idée même de son esprit. Et c’est compréhensible : comment immerger le joueur avec un écran aussi petit ? Donc ce Silent Hill PSP a de quoi inquiéter non ? Non ! Ca ne vous inquiète pas, vous, fidèles membres de Puissance Gamers qui avait déjà lu ma preview effectuée sur la démo du jeu. Et vous savez tout le bien que je pensais de ce léger aperçu ! Maintenant, il est temps de vous avouer si ce sentiment s’est concrétisé sur la durée.
Travis O’Grady arrive à Silent Hill…
L’histoire de Silent Hill : Origins commence alors que Travis O’Grady, un routier, passe par Silent Hill pour effectuer sa livraison. Il fait nuit et la pluie s’abat à torrent sur semi-remorque. C’est précisément ce moment là que choisit une forme humaine pour débouler en trombe sur la route, forçant Travis à un freinage d’urgence. Alors qu’il descend pour voir si tout va bien, il tombe nez à nez avec une petite fille en robe bleue qui s’enfuit en courant. Il décide de la suivre et finit d’entrer dans Silent Hill pour découvrir que le brouillard dans lequel il croyait voguer est en fait de la fumée dégagée par une maison en flamme !
Courageux, le personnage que l’on contrôle l’est, et c’est ainsi qu’il plonge à l’assaut de l’incendie juste après avoir entendu les cris de détresse d’une fille. C’est cet événement qui le fera entrer définitivement dans le monde de folie qu’est Silent Hill, anti-chambre de l’enfer.
Comme l’auront sans doute compris ceux qui n’en sont pas à leur première épisode de la série, Travis va être confronté à l’étrange mythologie de Silent Hill ainsi qu’Alessa, jeune enfant sacrifié dans l’espoir de ressusciter le dieu (ou démon ?) Samaël. Une histoire dans la lignée des 1 et 3 ? Et bien pas tout à fait… Si Silent Hill : Origins, comme son nom l’indique, se veut éclaircir certaines parts d’ombres sur le passé tragique de cette ville, nous faisant rencontrer 9 ans avant Harry Mason (héros de Silent Hill 1) des personnages illustres comme la fanatique Dahlia Gillespie, le cruel Docteur Kauffman et l’infirmière Lisa Garland toujours aussi gelée du bulbe, certains points font cependant penser au 2ème épisode.
Dans Silent Hill 2, en effet, James Sunderland parcourait Silent Hill pour une quête bien personnelle : retrouver sa femme, Mary. Travis quant à lui, va très vite se rendre compte que l’étrange ville ne laisse jamais ses visiteurs oublier leur passé, aussi tragique soit-il. Ainsi, pendant la majeure partie du jeu, les investigations sur Alessa passeront au second plan pour laisser place à un approfondissement sur le personnage que l’on contrôle, le rendant attachant bien qu’avec ses habits de routier un peu « beauf », c’était mal parti.
De l’autre côté du miroir…
Sans vouloir vous faire un listing des lieux visités sous peine de vous gâcher la surprise, sachez que les développeurs anglais de Climax ont eu bon goût pour le level design. Travis commence ses pérégrinations dans Silent Hill par le désormais très célèbre hôpital et ses infirmières sans visage, désormais marques de fabrique de la série, mais traversera de nombreux lieux très inspirés dont la boucherie attitrée de la ville… Alléchant n’est-ce pas ? Surtout quand on se retrouve nez à nez avec le Boucher, sorte de cousin éloigné du Pyramid Head présent dans le 2ème épisode, et qui se chargera de vous tenir compagnie à certains moments du jeu.
Tous ces lieux se traverseront sur le traditionnel schéma « Silent Hillien » : parmi les salles verrouillées ou dont le verrou est brisé, il faudra faire votre chemin en trouvant les quelques portes ouvertes et en résolvant les quelques énigmes parfois tordues mais rarement difficiles. Si malgré toutes ces précautions d’usage, vous êtes perdus, guettez les miroirs ! Ils ne vous serviront pas qu’à voir le reflet de votre personnage car si vous regardez bien, les lieux qui s’y reflètent sont différents de ce que vous avez derrière vous. Et pour cause, à Silent Hill, les miroirs sont les portails vers l’autre monde, un univers sombre, remplis de grilles et de rouilles. Si dans les précédents Silent Hill, le scénario vous imposait le passage entre ces deux ambiances, le fait est que maintenant, c’est au joueur de faire l’acte et ça change tout ! La dimension remplie de brume est certes inquiétante mais celle pleine de rouilles l’est encore plus. Et, quand plus aucun autre choix ne s’offre à vous, il semble difficile de toucher ce maudit miroir.
Rencontre avec la faune locale
Il est regrettable qu’entre les deux dimensions, le bestiaire ne soit pas un peu différent. Heureusement, ce dernier s'avère tout de même intéressant proposant quelques bêtes originales. Outre les monstres bien connus (infirmières et monstres capitonnés), on trouve par exemple une sorte de chien qui, sous une allure pataude, vous surprendra par ses attaques très vives, ou encore une sorte de fantôme dont l’on ne voit qu’une sorte de corset métallique et l’ombre à la lueur de la torche : effet saisissant !
Pour combattre tout ce beau monde, heureusement, Travis est loin d’être en manque de ressources. Déjà, si les ennemis s’agrippent à lui, une séquence de QTE lui permettra, si vous la réussissez bien sûr, de vous dégager sans dommages. Ce procédé, que l’on voit décidément partout, est ici relativement bien utilisé même si il n’est pas difficile en définitive de réussir à se dépêtrer.
Mais Travis est aussi un peu Mc Gyver (enfin… un Mc Gyver un peu bourrin) : donnez lui un grille pain, il s’en servira pour l’abattre sur un monstre. Seul problème, le routier n’y va pas de main morte et, mise à part les armes à feu, tout ce qu’il utilise est périssable. Un marteau entre ses mains ne tient ainsi qu’une dizaine de coups avant de se briser, vous laissant vous battre à mains nues (ce que Travis fait très bien d’ailleurs). Fort heureusement, les objets sont tout de même très (trop) nombreux, vous laissant rarement au dépourvu. La présence de soins est par contre beaucoup mieux équilibrée déjà, ajoutant ainsi une légère dose de stress à certains moments. Mais malgré ça, Silent Hill : Origins conserve un peu ce côté « action » déjà lancé par le 4ème épisode et décrié par les fans, en l’équilibrant toutefois un peu mieux, les ennemis étant plus coriaces. D’autant plus qu’une fois à terre, il faut penser à les achever sous peine de les voir se relever de nombreuses fois avant de baigner dans leur sang. Malheureusement, cet ajout au gameplay se veut parfois frustrant notamment en la présence de nombreux ennemis qui vous empêcheront d’achever correctement ceux à terre. De ce fait, ce sera les monstres de base qui vous poseront le plus de problème, les boss étant franchement très faciles à vaincre en supposant que vous ayez gardé vos munitions pour vos armes à feu en leur honneur.
Car votre plus grand ennemi dans Silent Hill : Origins restera la caméra, particulièrement capricieuse dans les lieux clos. Si une pression sur la gâchette permet théoriquement de recentrer la vision derrière le dos de Travis, en pratique, le jeu n’en fait un peu qu’à sa tête. C’est dans ces moments là qu’on est content que les QTE soient là, permettant souvent de nous en sortir dans ces moments d’aveuglement.
C’était joli Silent Hill ?
Et bien oui ! Pour de la PSP, ma foi, c’est du haut de gamme ! Les graphismes sont moins beaux que ceux de Silent Hill 2 mais s’en sortent tout de même très bien. Le grain propre à la série est toujours bien présent et les personnages comme les monstres sont bien modélisés. De ce côté là, pas grand chose à dire.
Par contre, il y a des choses à dire concernant la bande son ! Et oui, Akira Yamaoka est encore aux commandes et cela se ressent dès la musique de la cinématique d’intro, ponctuée par une voix de femme velouteuse, presque fantomatique, alors que Travis fait son entrée dans Silent Hill. L’ambiance sonore est toujours excellente mais pour la série, ça ne devient même plus une surprise. Les écouteurs dans les oreilles, les sons de la ville se font entendre, nous suggérant rarement de bonnes choses. Le stress atteint son paroxysme dans le Silent Hill ténébreux, où des musiques métalliques, industrielles même, viennent amplifier ce sentiment d’insécurité, d’agressivité, provenant du monde qui nous entoure. Bref, tout est bien orchestré et, de ce côté là, pas une seule fausse note.
Fin… Enfin, jusqu’à ce qu’Harry Mason et sa femme arrive…
En conclusion, Silent Hill : Origins est un digne épisode de la célèbre série commencée en 1999 par Konami. Certes, on est dans du classique, n’innovant pas réellement comme avait pu le faire Silent Hill 4 avec le « succès » que l’on connaît, mais déjà, l’ambiance est retranscrite et, sur portable, c’est un exploit à saluer. Le scénario, certes moins profond et plus accessible que pour le 2ème épisode, tient la route, l’ambiance sonore, vous savez désormais tout le bien que j’en pense, et c’est finalement du côté de gameplay qu’on dénote quelques imperfections gênantes mais rien qui ternisse gravement le plaisir de jeu. La durée de vie, par contre, pourra peut être vous faire fuir mais l'obtention des autres fins et des récompenses assure un replay value, réhausse un peu les 4 heures de base... Mais bon, c'est pareil pour tous les Silent Hill en fait.
Voilà donc de quoi satisfaire les fans de la série, mais aussi les autres, le jeu multipliant les clins d’œil aux précédents opus mais restant tout à fait compréhensible au commun des mortels.
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