Ivalice Alliance : les origines du projet

Marre d’Ubisoft ! Si on peut leur reconnaître la vertu de permettre à nous autres européens de goûter à l’un des meilleurs (si ce n’est LE meilleur) tactical-RPG jamais sorti, on peut aussi leur reprocher de ne pas essayer de le rendre accessible au plus grand nombre. Final Fantasy Tactics se passant en effet dans un monde médiéval, il a été fait le choix judicieux de donner aux personnages un langage soutenu. Mais Ubisoft étant un peu flemmard sur les bords, la boîte a décidé de sortir le jeu en anglais et basta ! Résultat : beaucoup de brain storming afin de comprendre réellement le scénario pour tous ceux n’ayant pas une licence d’anglais. Le coup de gueule étant passé, passons au test de cette version PSP de Final Fantasy Tactics : The War of The Lions.

Chroniques d’un hérétique

FFT : The War of the The Lions se déroule dans le monde d’Ivalice, un univers résolument médiéval qu’affecte particulièrement Yasumi Matsuno, directeur du projet Ivalice Alliance, les jeux ayant en commun cet univers (Final Fantasy XII, Revenant Wings, les Final Fantasy Tactics Advance).
Ramza Beoulves est le dernier fils de la prestigieuse famille Beoulves. Cependant, après un tragique événement dont je ne vous en révèlerai pas la teneur pour ne pas vous gâcher la surprise, il rejoint les mercenaires Hokuten. Mais là encore, sa vie va être boulversée lors d’une mission consistant à protéger la princesse Olevia où il ne parvient pas à empêcher celle-ci d’être enlevé. Il se lance à la poursuite du ravisseur et quelle n’est pas sa surprise quand il s’aperçoit que ce n’est autre que Delita Hyral, son meilleur ami d’enfance qu’il croyait mort jusque là. Commence alors une quête qui mènera Ramza à la poursuite des mystérieuses Auracites, porteuses d’un pouvoir pouvant être aussi bénéfique que servir de noirs desseins…

Voici donc en gros ce que j’ai compris de l’histoire de départ. Par la suite, le scénario continue de gagner en épaisseur mais s’avère tout de même complexe tant les complots politiques se font légion. Un grand nombre de personnages est ici mis en scène et il est parfois difficile de se rappeler qui est qui. Une difficulté scénaristique renforcée bien sûr par l’anglais soutenu dans lequel est traduit FFT : The War of the Lions (Fichu Ubisoft !!!). De ce fait, même si l’on suit l’aventure avec intérêt, on est très souvent largué et nulle doute que refaire le jeu une seconde fois sera une sage décision. Cependant, l’aventure étant très longue et bourrée de quêtes annexes, je comprendrai que vous ne soyez pas motivé à replonger dedans.

Remake ? Vous avez dit remake ?!

Dans cette longue aventure, vous aurez l’opportunité de rencontrer quelques invités surprises. Une marchande de fleur prénommée Aerith ne se joindra malheureusement pas à vous mais servira dans la quête annexe qui vous permettra d’intégrer Cloud dans votre équipe. Au cas où, je précise : Cloud et Aerith sont les 2 personnages principaux de Final Fantasy VII, sorti à peu près à la même époque que la version PSOne de Final Fantasy Tactics. Quoi ? Vous ne saviez pas que ce FFT était un remake ?! Diantre, j’oublie que certains ne sont pas au courant. En effet, FFT n’est malheureusement pas un T-RPG inédit pour la PSP, c’est un remake. D’ailleurs, qui dit remake, dit normalement ajouts ! Et en effet, The War of Lions propose quelques donjons inédits, de nouvelles classes (cf. plus bas) dont l’étrange Chevalier Oignon mais aussi la présence de quelques personnages inédits. On retrouve ainsi le Game Hunter Luso (Youhou !), accessoirement héros de Final Fantasy Tactics Advance 2 sorti sur Nintendo DS, mais surtout le très très très très charismatique Balthier (Yeaaaaah ! Youuuuhooou ! Yipie !!!) qui, en plus d’être toujours aussi classe que dans Final Fantasy XII, s’avère être un personnage puissant.

Malheureusement, même si la PSP est techniquement beaucoup plus puissante que la PSOne, il s’avère qu’elle est pourtant exposée à de nombreux ralentissements lors de l’usage de magies aux effets pyrotechniques nombreux. Assez inexplicable…

A noter aussi que certaines scènes fortes du jeu ont été refaites. Si elles apparaissaient avec le moteur graphique de FFT, les voici entièrement en cinématique pour l'occasion, avec un style crayonné du plus bel effet ! Vraiment très joli !

C’est la taque-taque-tique de Ramza !

Comme tout bon T-RPG qui se respecte, FFT vous impose au départ de choisir vos unités. Après avoir construit vos stratégies selon les capacités de vos personnages déterminés par leur classe (et non ! j’y suis pas encore ! cf. encore plus bas)., il est temps de partir sur le champ de batailles. Vous êtes propulsés sur une carte et devez faire déplacer à chaque tour vos personnages de case en case. Attention cependant, une fois le déplacement validé, même si vous vous rendez compte que la portée de votre sort n’est pas aussi grande que vous l’espériez, il est impossible d’annuler ce déplacement. Apprenez donc à connaître vos unités ! Une fois arrivé près d’un ennemi ou d’un allié, vous avez la capacité d’attaquer (OK, ça s’est pas forcément sympa quand c’est à côté d’un allié), d’utiliser une technique propre à votre classe ou encore d’attendre. Là encore, faites attention, la commande « Item », vous permettant d’utiliser des objets, n’est pas automatique, c’est à vous de la configurer.

Les ennemis ne sont pas non plus en reste et dispose d’ailleurs d’une IA très développée. Ils élaborent en effet souvent des stratégies collectives et ne se gênent jamais mutuellement alors que nous, pauvres joueurs, ne sommes pas à l’abri d’une défaillance. Le jeu s’avère donc assez difficile, imposant quelques heures de level-up. De plus, si l’IA s’avère excellente chez les ennemis, il n’en est pas de même pour les invités. L’histoire vous imposera parfois de combattre aux côtés d’autres personnages, cependant, si les mouvements de l’IA ennemi sont calculés, l’IA de votre invité semble plutôt du genre kamikaze ce qui est bien sûr très gênant à certains moments où vous tentez d’élaborer une stratégie précise.

Plus tard je serai ninja ! … Ou bien Chevalier Oignon, je sais pas encore…

Voilà, nous y sommes, le moment que vous attendiez tous : la présentation des classes et l'intérêt pour le gameplay. Si au départ vous n’êtes qu’Ecuyer, en progressant, vous débloquerez Chevalier, Chimiste, Archer, Voleur, Mage Noir, Mage Blanc et, en évoluant encore dans ces jobs, vous pourrez aussi devenir Ninja, Samouraï, Invoqueur, Mage du Temps… Bien sûr, selon le choix que vous aurez fait, vos unités disposeront de compétences bien différentes. Pour les faire évoluer, il suffit de combattre et, selon les actions, vous obtiendrez un certain nombre de Juge Points. En les dépensant, vous ferez acquérir de nouvelles capacités à votre personnage.

Mais ces capacités ne sont pas seulement utiles pour la classe qui vous permet de les obtenir. En effet, dans le menu des Habilités, vous pourrez configurer les capacités de votre personnage à votre convenance. Ainsi, vous pourrez créer un chevalier dont le potentiel puissance et défense sera renforcée par la capacité Dual Wield du ninja qui permettra à votre personnage d’attaquer 2 fois pendant un même tour, pendant que la capacité Lifefont du Moine lui fera récupérer de la vie à chacun de ses mouvements. A vous donc de déterminer votre stratégie pour créer des êtres puissants.

Cependant, on reste un peu limité par le fait qu’il est difficile d’abandonner la commande « Objets » tant les diverses potions vous seront utiles dans les durs combats qui vous attendent.

En conclusion, FFT : The War of the Lions est bel et bien l’un des meilleurs RPG sur PSP. Le jeu est cependant plombé par la flemmardise d’Ubisoft qui, en ne traduisant pas son jeu, rend son scénario incompréhensible au plus grand nombre et découragera la plupart des joueurs qui, en perdant le côté « affectif » de l’aventure, n’y verra qu’un enchaînement de combats parfois lassants, dotés en plus d’une caméra très souvent gênante. Cependant, doté de musiques sublimes, d’un gameplay très complet et d’une difficulté finalement plus incitative à élaborer à des stratégies qu’énervante, FFT est une perle rare. Dommage juste que rien n’a été fait pour rendre la coquille attrayante…