Resident Evil : The Marketing Chronicles

S'il est un filon que Capcom ne souhaite pas lacher, c'est bien celui de la saga Resident Evil. Surfant sur le succès de son bébé, la firme d'Osaka décide en 2000 de faire la nique aux maîtres de l'arcade en sortant Resident Evil : Gun Survivor sur PlayStation, premier épisode "annexe" de la série utilisant le G-Con 45 de Namco. Sept ans plus tard, l'éditeur décide de profiter de la fameuse Wiimote pour ouvrir la série à un panel plus large de joueurs, avec en plus la promesse de quelques révélations scénaristiques.

Wiimote Power

Commençons par le premier point concernant le maniement de Resident Evil : The Umbrella Chronicles. A l'instar de Link's Crossbow Training, le futur shoot de Nintendo, le jeu est configuré pour s'adapter au WiiZapper, pseudo-gun de Nintendo qui n'est en fait qu'un support en forme de fusil dans lequel on encastre Wiimote et Nunchuk pour des sensations qui se veulent immersives. Pour avoir joué des deux façons, je peux déjà vous affirmer que cet accessoire n'est pas indispensable... et pas particulièrement confortable. Le viseur est légèrement décalé et le fait de tenir la crosse d'une main et le nunchuk de l'autre n'est pas très agréable. Exit le WiiZapper le soft devient sympathique à jouer même si on note un petit temps de latence entre le mouvement et le déplacement du réticule à l'écran, ainsi que de petits moments de confusion en mode coopératif (mode coopératif qui, soit dit en passant, relève largement l'intérêt du soft, bien plus agréable quand vous avez un Duncan sous la main). La Wiimote pour viser, le bouton B pour tirer, le Nunchuk pour changer d'armes, recharger, utiliser le couteau, contre-attaquer ou encore bouger la caméra au cas où il y aurait un objet un peu trop bien planqué pour être récupéré au premier passage. Les QTE de Resident Evil 4 font leur grand retour et vous demanderont une attention soutenue dans bon nombre de situations, ce qui compense un gameplay pas très nerveux et pas assez violent. Un système simple et efficace et heureusement, sachant que la quasi-totalité du soft repose là-dessus.

Inspection scénaristique

Le jeu propose de revenir sur les épisodes Zero, Rebirth et Nemesis avec à chaque fois un duo de choc pour venir à bout des niveaux. Un dernier chapitre, fortement inspiré du chef d'œuvre de Paul W.S. Anderson viendra se rajouter aux trois autres pour une durée de vie certes courte, mais au final pas si mal pour un shoot.
Concernant les 3 chapitres en questions, sachez d'ailleurs que la partie la plus réussie est celle qui se base sur le premier épisode. Plus intense et plus agréable que la "phase Resident Evil Zero", un peu trop terne à mon goût, cette partie est la plus réussie en terme de graphismes et d'ambiance. Le niveau s'inspirant de Resident Evil 3, quant à lui, se révèle très décevant. Il faut beaucoup d'imagination pour envisager que le personnage de Carlos soit le même que celui qu'on a connu dans la version originale. Le déroulement n'est pas respecté, le Nemesis est complètement foiré (son cri est grotesque) et... Dieu que c'est MOCHE!!! A croire que les développeurs ont conservé le moteur utilisé pour les cinématiques sur PlayStation (ou encore que les personnages ont été faits en pâte à modeler). Bref, le gros coup dur du jeu.
En fait de scénario inédit, on apprend guère plus que l'on ne savait déjà. Quelques détails concernant Wesker, des niveaux à débloquer, des armes à améliorer, mais au final, il s'agit d'un résumé ultra-synthétique des épisodes précédents (des parties entières sont passés aux oubliettes) agrémenté de quelques missions bonus.

Tout comme les Gun Survivor et autres Dead Aim, Resident Evil : The Umbrella Chronicles est un épisode à part de la série. Son coopératif réussi et l'ambiance des épisodes de la série rattraperont malgré tout un manque flagrant de nervosité et de violence, ainsi que le peu de nouveautés en matière de scénario. Pour ce qui est de l'acheter, je vous conseille d'attendre une baisse de prix et l'achat d'une deuxième Wiimote car c'est bien par son mode 2 joueurs que les chroniques du parapluie parviennent à amuser.