Kratos enchaine la PSP

La lutte contre le divin a inspiré nombre de scénarios de jeu vidéo. Les dieux et les déesses, puissances cachées contrôlant le monde et poussé par des desseins inconnus, s'avèrent en effet être d'excellents boss de fin. Ainsi, on ne peut qu'être attaché à Kratos, personnage violent et immoral, qui pourtant, est en lutte contre les dieux grecs Zeus et consorts. Ces derniers ont en effet réduit en esclavage le puissant guerrier spartiate pour en faire leur marionnette, lui faisant miroiter une récompense qu'il n'aura probablement jamais...
N'ayant jamais fait un épisode de God of War avant cette version PSP développée par les talentueux développeurs de Ready at Dawn déjà à l'oeuvre sur Daxter, je partais avec un peu d'appréhension sur ce personnage de Kratos mais finalement, à la fin du jeu, me voilà attaché à lui et désormais fermement convaincu qu'il me faut rattraper ma grande carence en jeu vidéo.


Un Kratos de poche, c'est toujours utile...

Ayant largement imprégné le coeur des joueurs dans ses aventures sur PS2, Kratos devait donc être là encore à la hauteur pour cette aventure portable. Mais, malgré cette pression sur les épaules, Ready at Dawn a relevé le défi pour nous pondre un incontournable sur PSP. Cependant, scénaristiquement parlant, il n'aurait pas été correct de faire la suite de God of War II sur une console portable. Dans ce cas, les développeurs ont 3 solutions : 1) garder le même monde mais changer de héros, ce qui est très risqué, 2) faire une aventure se situant entre le 1 et le 2 mais, selon les échos que j'ai pu avoir des 2 jeux, c'est apparemment impossible, et enfin 3) nous conter le passé de Kratos avant ses aventures sur console de salon. Comme vous l'aurez compris, c'est le 1er choix qui a été fait. Le scénario de God of War : Chains of Olympus commence alors que le "fantôme de Sparte" s'est vu confié pour mission de repousser l'armée perse qui, fort de ses monstres diaboliques, compte bien envahir la Grèce.

On est alors rapidement plongé dans la bataille et très vite, un sentiment de puissance nous envahit alors que les simples soldats voltigent tels des fétus de paille face à la puissance démesurée de l'esclave des dieux. Des tutoriels judicieusement placés aident à rapidement prendre ses marques et très rapidement, on apprend à effectuer des combinaisons pour des affrontements presque aussi classieux que dans Devil May Cry. Bien sûr, Kratos n'est pas Dante et le but n'a jamais été de faire de God of War un jeu de "poseurs". Il aurait été ridicule de voir un héros aussi torturé joué avec ses ennemis. Non, Kratos est un guerrier et il le montre bien en tuant ses ennemis sans aucune pitié grâce à ses 2 épées courtes reliées par des chaînes, dotées cependant d'une allonge assez bizarre dans le jeu mais bon, passons ce détail... Bien sûr, tout ceci reste très spectaculaire et God of War s'avère finalement bien plus défoulant qu'un Devil May Cry simplement grâce à une meilleure réponse de Kratos aux ordres que l'on lui donne via les touches. Il n'attend pas de finir son combo avant de parer, lui !

Je vais te X dans ta gueule avant de te O le cou !

Bien sûr, si les premiers ennemis ont la réactivité de mannequins et n'ont que pour objectif de familiariser le joueur avec le maniement de Kratos, par la suite, les choses se corsent. Les ennemis se font plus agiles, plus résistants, plus nombreux et parfois aussi bien plus gros et plus puissants, ne chancelant même pas alors que vous leur portée des coups. Ainsi, le joueur trop imprudent comprendra bien vite qu'il a tort en se croyant au départ être un "boss" à God of War, pour ensuite enchainer quelques Game Over en sous-estimant la vivacité de l'ennemi.

Cependant, il devient jouissif, alors que l'on parvient enfin à affaiblir l'ennemi, de pouvoir lui asséner le coup de grâce à l'aide de Quick Time Events, où il faut donc appuyer sur les bonnes touches aux bons moments pour continuer la séquence. Si, par effet de mode, on retrouve beaucoup le procédé du QTE dans moult jeux, et souvent de façon très gadget, God of War : Chains of Olympus l'intègre parfaitement dans son gameplay. Si ces séquences de jeu ne sont pas bien dures, elles ont le mérite de montrer la barbarie de Kratos mais surtout, à un moment clé du jeu que bien sûr, je ne vous révèlerai pas, elles imposent au joueur de suivre son héros dans un choix difficile. Petites larmes en perspective...

On a donc ici un gameplay très efficace bien que, à part les combats, le joueur sera rarement bloqué. De même, aucune énigme ne vous bloquera la route si ce n'est un curieux mécanisme qui risque comme moi de vous troubler tant on cherche un moment son utilité avant se résoudre pour ensuite comprendre qu'il ne devait servir que plus tard. Ce n'est peut-être pas bien clair au moment où vous lisez ces lignes mais pensez y quand vous y serez...

En conclusion, ce God of War : Chains of Olympus est un incontournable PSP. Que vaut-il par rapport aux épisodes salon ? Je ne saurai vous le dire puisque, comme je vous l'ai plus tôt, je ne les ai pas encore faits (promis, je réparerai cette erreur). Doté d'un gameplay nerveux mais avec assez de techniques pour éviter toute lassitude, d'un personnage très charismatique évoluant dans un univers intéressant, le jeu pêche cependant par quelques légers ralentissements, des coffres de santé mal répartis (on en trouve parfois beaucoup à peu d'espace d'intervalle et à d'autres moments, ils semblent bien trop rares) et une durée de vie courte. Cependant, en ce qui concerne le dernier défaut, les nombreux modes de difficulté, les bonus à débloquer et tout simplement la qualité du titre vous feront revenir à ce Chains of Olympus avec le sourire.
Bilan : Ready at Dawn gagne sa place au Panthéon ;)