Transfusion ratée

Trauma Center... la série bien spécifique aux exigences des consoles Nintendo en terme de gameplay. "Under the Knife" avait enchanté les foules sur DS, "Second Opinion" avait permis de voir ce que la série pourrait donner sur Wii (car il s'agissait d'une copie-conforme à 2-3 détails près de ce qu'on avait pu voir dans l'opus portable). Voila que se profile "Trauma Center New Blood", épisode inédit, exclusif à la Wii et qui permet cette fois-ci de vivre l'aventure à deux. Nouveaux personnages, nouveau mode (le coop), mais à part ça... Allez, un petit point sur un jeu qui devait apporter du sang neuf à la série mais face auquel on se retrouve devant l'anémie de l'innovation.

Présentation globale de la bête

Pour ceux qui n'auraient jamais tâté le pad sur cette série, Trauma Center est une saga née sur DS dans un opus nommé Under the Knife et réadapté par la suite sur Wii sous le nom Second Opinion.

Le principe est tout bête, vous incarnez un chirurgien et bon nombre d'opérations vous attendent. Vous devrez tantôt exciser, drainer, recoudre des plaies, désinfecter etc etc... Une palette de huit instruments de pro est à votre disposition (dont scalpel, seringues, drain...). Et comme vous êtes dans la peau d'un être exceptionnel, vous avez le don de guérir, une technique qui vous permettra, après avoir tracé une étoile sur l'écran, d'opérer dans des conditions optimales. Chaque opérations est sanctionnée par une note qui vous informera sur vos compétences (enfin si vous avez un S en mode facile, ne vous emballez pas trop non plus).

Voila pour cet avant-propos. Passons au jeu en lui-même

Scénar : Zero

Vous remarquerez qu'avant de parler du mode coop (qui est le point le plus important du soft quand même), on parle toujours d'épisode inédit. Et qui dit épisode inédit dit scénario inédit.
En effet, on a deux nouveaux protagonistes, Markus Vaughn, chirurgien modèle, beau gosse, intelligent, humain blabla blabla, bref pas charismatique pour deux sous, et Valerie Blaylock, son équivalent en femme, quoique légèrement moins horripilante. Ces deux compères évoluent gaiement dans un hôpital pommé en plein coeur de l'Alaska. Tout cela jusqu'à ce qu'Elena Salazar, infirmière de son état, vienne rendre visite à notre duo. Avec cette dernière, ils reviennent exercer aux States pour lutter contre un nouveau fléau, Stigma. Si ça c'est pas du scénario inédit me direz-vous. Et bien non messieurs-dames, car pour ceux qui ne seraient pas au courant des faits déroulés dix ans plus tôt en compagnie de Derek et Angie, il s'agit exactement du même cas de figure. Des méchants qui inventent une grosse maladie to rule the world, ça ne prend plus.

Ce qu'il faut savoir néanmoins, c'est que Trauma Center : New Blood, ce n'est pas seulement un scénario catastrophe servant de motif à une longue série d'opérations (7 chapitres), Wiimote et Nunchuk en main. Trauma Center : New Blood, c'est de la philosophie.
Explications. Comme vous le savez sans doute si vous avez déjà tâté aux deux jeux déjà sortis, les titres de la série se décomposent en plusieurs chapitres, eux-mêmes divisés en opérations, avec pas mal de phases narratives pour mettre le tout en scène. Ici, on a comme d'habitude droit à des plans fixes avec des personnages en 2D. Pas de voix, le texte défile sous vos yeux ébahis et étonnés de voir qu'un DVD n'est pas foutu de comporter plus de digits vocaux (pour rappel, la 360 utilise elle aussi ce support). Et quel barratin. Déjà que l'histoire n'était pas fameuse dans les aventures de Stiles, dans New Blood, elle paraît deux fois plus inintéressante. Et quelle cassure dans le rythme du jeu !!! Phénoménal !!! On avait plus vu un soft doté d'autant de temps morts depuis la Game Boy (j'exagère ok). Bref, et tout ça pour quoi ? Pour avoir, en plus d'une histoire de terrorisme médical fumeux une réflexion poussée à l'extrême sur la médecine, l'éthique, etc... Nul à ch....

En guise de sang neuf

La moindre des choses quand on décide d'appeler son jeu New Blood est d'assurer ses arrières en préparant une bonne quantité de nouveautés. Chose que semble avoir oublié Atlus. En guise de gros plus on a un mode coopératif qui vaut quand même son pesant de cacahuètes car il rend le jeu moins ennuyeux. Non pas que ce Trauma Center ne soit pas intéressant, mais pour qui a déjà joué aux premiers, il s'avère totalement superflu.

Bref, revenons-en au coop. Ce mode propose aux deux chirurgien de superette (Markus et Valerie) de s'allier au cours des opérations au travers de deux joueurs disposant chacun d'une Wiimote et d'un Nunchuk. Le soft est à la fois plus simple et plus entraînant. Pour peu que vous et votre partenaire de jeu arriviez à accorder vos violons. Car il est terriblement frustrant de commencer quelque chose alors que le deuxième joueur est en train de le faire. Bon, à moins que vous ne jouiez avec votre correspondant tout droit arrivé de Bosnie-Herzégovine, vous n'aurez pas trop de soucis, à condition de bien dialoguer.

Au niveau des spécificités des deux personnages... ils sont strictement identiques. A cela prêt que leur Don de Guérir (vous savez, l'étoile qu'il faut dessiner à l'écran pour éviter que votre patient ne claque) varie. Chez Derek... Markus plutôt, le Don de Guérir bloque le temps, chez Valerie, il stoppe l'électrocardiogramme. Voilou.
Notez que si votre pote de coop vous lâche quelques jours, vous pouvez continuer en solo là où vous vous étiez arrêtés à deux, et ce dans n'importe quel mode de difficulté, et vice-versa.

A part cela de bonnes "petites idées" apparaissent comme le massage cardiaque ou l'opération sur des animaux. Mais c'est tout, et c'est bien peu, surtout au vu de l'attente que ce jeu sorti depuis quelques temps en version US a pu engendrer.

Acheter, ne pas acheter ? Telle est la question...

Grosse question. Ce Trauma Center vaut-il la peine de dépenser ses sousous? Pour être clair, si vous avez déjà Under the Knife ou Second Opinion, évitez par tous les moyens ce sang neuf. Votre déception n'aura d'égal que votre ennui face à un titre qui est une version améliorée sur certains points (gameplay en général), mais en rade sur pas mal d'autres (innovations, scénarios ENCORE PIRE, charisme des persos qui est passé au fond des WC).
Sinon... eh bien vous aurez Trauma Center dans toute sa splendeur. Une jouabilité intuitive, huit instruments de torture bien pensés, pour des opérations funs... A condition que vous ayez la patience de supporter des phases narratives aussi longues que le 6 juin 1944.

Malgré son concept fun, ce "Trauma Center" laisse un goût bien amer dans la bouche. Soit disant inédit, le soft d'Atlus propose une aventure des plus mornes en raison de ses phases narratives incessantes, longues et inintéressantes. Si seulement cet opus apportait du sang neuf. Mais non, il se contente de booster un peu le concept sans parvenir à conserver ce qui faisait le charme des premiers "Trauma". Un "Trauma Center" avec un scénario plus riche, une mise en scène plus tonique, des personnages plus charismatiques et surtout, SURTOUT du véritable sang neuf, pourrait parvenir à nous faire oublier ce jeu douteux. Messieurs-dames de chez Atlus, la balle est dans votre camp.