Dragon Ball et son test "Pouf Pouf"

Enfin, le retour d'un jeu vidéo axé sur la première partie de la série Dragon Ball. De nos jours, tout le monde bande sur DBZ en se disant que le meilleur truc c'est Vegeta SSJ2...
Mais non ! Le meilleur truc, c'est le mix de vannes salaces, d'aventure et d'action de Dragon Ball !
D'ailleurs, nous autres français avions dû se contenter du manga en version censuré à l'époque.
Allez vite racheter la série en version ré-édité sous boitier Glenat pour apprécier la multitude de jeux de mots graveleux et de dialogues totalement décomplexés.

En attendant, on a là un jeu qui va nous replonger dans cette première partie du "meilleur shônen original qui puisse exister" (y a pas matière à débat, na !). Yosh !


Le frisson de la nostalgie

Autant DBZ, on le voit encore régulièrement au travers de la presse, du jeu vidéo, de la télévision (NT1 en ce moment, voir même MCM), autant Dragon Ball se fait de plus en plus rare.
Alors quand on allume notre DS avec DB dedans et qu'on entend cette musique "Makafushigi Adventure", générique de la série avec la virtuosité de Goku-kun en images... Brrrrr les jolis frissons incontrôlables arrivent. Vous êtes là à anticiper toutes les actions, blagues qui puissent arriver à l'écran et pourtant ça fonctionne toujours autant.

Le jeu DS procure exactement ces sensations, tant le soft est fidèle au matériau d'origine.
On nous narrera alors la rencontre entre Goku et Bulma, puis celle d'Oolong, de Kame Senin, de l'enfant terrible Yamcha ("Roga Ryu Hu ken !"), jusqu'au pitoyable Roi Pilaf en passant par Guymaho et Chi-chi pour enfin se boucler avec le 21ème tournoi des arts martiaux.
Oh évidemment, parfois, les développeurs ont dû quelque peu modifié le déroulement des aventures pour ainsi justifier l'ajout de nouveaux donjons mais toutes les scènes, rencontres de l'animé sont présentes et modélisés en une 3D vraiment agréable à regarder.
C'est colorisé avec de jolis couleurs pastels, des expressions visages bien grand-guignolesques et une modélisation correcte, surtout peu complexe qui concorde avec le character-design d'Akira Toriyama. On s'y retrouve avec bonheur.

D'autant plus que le jeu est bourré de cut-scènes qui illustrent donc bien l'histoire originale, mais est surtout doté d'un joli travail d'animation in-game qui affine bien la représentation de Goku. Les anim' de ce dernier sont justement de parfaits mimes de la série quand il court tête baissé et bras écartés, quand il donne un gros coup de bâton sur la tête, ou quand on le voit se déchainer avec une multitude de coups de poings, tout ça agrémenté de ses cris saillant habituels. Des petits détails de mimiques qui font tilt mais surtout qui permettent de varier les actions du joueur.

Le stylet est plus fort que l'épée

Et justement, le plus important là dedans sera le gameplay. Goku est un jeu d'action/RPG qui nous rappellera immanquablement -dans sa forme- Zelda : Phantom Hourglass. En effet, avec sa vue en hauteur et sa jouabilité intégralement au stylet qui se module en fonction des actions à effectuer, DB s'approche de Zelda. Pour attaquer, il faudra alors combiner plusieurs mouvement de stylet.
Par exemple : pour donner un coup de bâton sur la tête des ennemis, il faut cliquer sur Goku et de suite après sur l'ennemi ; pour faire un "rush" il faut tracer une ligne sur l'écran tactile ; pour faire un tourbillon avec son bâton il faut dessiner un cercle autour du héros ; etc.
Si on additionne les coups au bâton et aux poings, nous avons environ 8-10 coups différents, tous issues de la série bien entendu, dans leur gestuel... Mais aussi dans leur efficacité.

Dragon Ball, si au premier abord semble ultra bourrin et "simple", vous vous rendrez compte en avançant que certaines techniques sont plus efficace que d'autres. Un monstre volant sera plus facilement atteignable en faisant rouler votre bâton par exemple.
Le jeu a aussi une difficulté progressive et nous découvrons nos techniques seulement petit à petit en fonction des besoins scénaristiques (comme le kamehameha au château de Guymaho) ou des besoins de gameplay, comme un niveau avec de gros rochers qui ont besoin d'être brisés avec le bâton.
Dragon Ball devient donc un jeu très accessible puisque nous n'avons pas à assimiler d'un seul coup toutes les combinaisons de jeu et que nous sommes guidés par le type de pièges ou ennemis pour choisir et entraîner nos techniques.

Cette jouabilité "stylet" est donc assez dynamique et surtout variée mais peut souffrir d'un certain manque de précision si vous allez trop vite. De plus, si vous jouez intégralement au stylet, donc avec les déplacements tactiles, le temps de se battre et de se déplacer est trop faible pour avoir quelque chose d'efficace. On conseillera donc le combo croix+stylet pour les déplacements+attaques, plus efficace.

Goku - Go Ahead

Si, les phases de combats sont assez dynamiques de part l'utilisation intelligente du stylet, l'exploration est, elle, d'une linéarité telle qui pourra rebuter beaucoup de gens. En fait, on ne prend aucun plaisir à avancer dans les donjons dont le but sera de trouver des interrupteurs et d'allumer des feux ou des magies d'eau, ou de pousser quelques blocs.
Tous les donjons se ressemblent énormément et au final, on rushera le plus vite possible pour voir la suite de l'aventure en cut-scènes, ou alors se taper les boss.

Si le challenge est absent dans les donjons, il y en a dans les boss. Chacun aura sa technique imposé pour le battre et il faudra donc faire preuve d'une certaine lucidité propre aux anciens jeux des 80-90's en anticipant l'action ennemie et de choisir la meilleure technique de combat.
Le jeu se corse aussi avec la fin du soft au championnat des arts martiaux mais aussi si vous voulez vous faire les chapitres optionnelles, histoire de boucler le soft à 100%.
De ce côté là, on apprécie beaucoup que les boss mettent en valeur la jouabilité de combat.

Si, malgré tout, on sera occupé pendant une dizaine d'heures ce qui est convenable pour un jeu portable, il reste dommage que le jeu soit si inintéressant au niveau de l'exploration. On aurait aimé que ces phases reposantes après des combats de boss acharnés soient un peu plus ludiques.
Quelques phases tentent de dynamiser l'avancée comme des poursuites en nuage, mais ils sont hélas un peu trop simples, courtes et donc peu excitantes. On appréciera par contre les "travaux" enseignés par Tortue géniale lors de l'entrainement de Goku et de Krillin. Ce sont des niveaux un peu moins redondants et qui vivifient un peu le titre, comme distribuer le lait en évitant de se faire shooter par Lunch.
Veuillez noter la présence de level-up pour augmenter l'efficacité des techniques, mais c'est malheureusement trop simple de tout augmenter. Y avait de l'idée à ajouter une pointe de RPG pour mieux personnaliser ses techniques de combat.

Si Dragon Ball est loin d'être -objectivement- un jeu très poussé, voir intéressant, il pousse la fibre nostalgique, la fibre fan de façon exemplaire à l'aide de cut-scènes fidèles, mais aussi de gimmicks in-game croustillant de fidélité. On oubliera cependant pas, un fun évident à manier le bâton, les poings et le Kamhameha de Goku en pleines bastons de boss qui font le point fort du soft en matière de gameplay. Mais vous ferez le reste du jeu en speed pour passer à ces boss ou ces cut-scènes. Autrement dit, nous avons là un jeu assez simpliste qui ne plaira qu'aux fans de Dragon Ball. Ni plus, ni moins. Mais c'est déjà pas mal comparé à la sur-exploitation de Dragon Ball Z.