Hooooooouuu ! This is BAAAAAAAAAD !!!

Faire le mal, dans un jeu vidéo, ça n'a rien extraordinaire... C'est même un des leitmotiv de plein de joueurs "Woo dan GTA on pE tué dé gens tak tak" ou bien "tien pren Sa dan ta geule tu sé pa joué à Counter dabor !"... Bref, faire le mal, c'est banal dans un jeu vidéo. En fait, faire le mal c'est banal aussi dans le Cinéma... Dans la littérature... Dans une BD... Bref dans la vie de tous les jours quoi.

Mais quand on incarne le mal personnifié, on rentre dans un trip paradoxal où le mal est très drôle...


Faire le mal pour les nuls

A l'instar du premier épisode, Overlord vous met dans la peau d'un jeune "Overlord", c'est à dire le Maitre de l'Infini, de profondeurs des ténèbres, bref l'Empereur du Mal. Les larbins, fidèles serviteurs de l'Overlord passent leur vie et le suivre mais quand il n'est pas là, ils recherchent sa descendance à travers le monde et les âges.

Vous commencez le jeu dans la peau de celui-ci, tout petit et renié par les autres enfants. Vous vous mettez à péter les plombs et êtes retrouvé in extremis par les larbins, vous allez pouvoir apprendre à faire le mal. Vous avez donc un petit tuto pour vous apprendre à contrôler vos larbins, c'est à dire laissez appuyé sur votre gâchette droite en automatique ou joystick droit en manuel. Vous avez un bouton d'attaque, un de magie, un lock et roulez jeunesse.
La jouabilité brute est donc très simple, pas bien compliqué d'autant qu'il pouvez être un peu difficile d'accès de contrôler tout un tas de bestioles. Finalement ce n'est pas compliqué puisque vous contrôlez le troupeau entier d'une pression.
En effet, vos larbins iront se précipiter vers le direction que vous avez choisi, attirés par les éléments destructibles ou ennemis. Mais parfois, il sera bon de bien locker un seul élément pour être bien plus précis et instinctif car vos larbins auront tendance à se dissiper.
Tout comme certains auront tendance à revenir vers vous rapidement. Il vous faudra donc laisser souvent le bouton appuyé pour qu'ils se barrent faire la guerre à votre place.
Dès le départ on sent donc un léger problème de pathfinding chez les larbins qui ne sont pas toujours disciplinés. On remarquera aussi que dans les passages étroits où vous devez dirigez vos larbins manuellement on a l'effet entonnoir : trop de larbins d'un coup, ça bouche le passage, il faudra refaire la manip' plus d'une fois en réajustant bien la trajectoire...
Un peu énervant et une sensation désagréable de ne rien contrôler comme il faut s'empare de nous.

Rapidement, vous aurez accès à quatre types de larbins. Les marrons (bastonneurs, par défaut), les rouges (feu), les verts (poison) et les bleus (nagent et guérissent) entrainant alors un ensemble de stratégies plus ou moins poussés. Ainsi seuls les rouges peuvent par exemple éteindre un feu et seuls les vers traversent le poison... Ils ont aussi différentes constitution mais n'est pas franchement visible dans le jeu. Exemple : les rouges sont censés être plus faibles que les marrons mais j'ai plus vu de marrons morts que de rouges... Normal, les rouges étant des mages ils sont toujours à distance. Vous n'aurez rarement à vous creuser la tête pour faire fonctionner vos larbins, les énigmes étant franchement linéaires et souvent facilement perceptibles.
Excepté parfois où vous pourrez manqué quelque chose à cause d'un lock mal calibré ou d'une caméra pas forcément bien placé.
Mais dans l'ensemble, c'est plutôt simple à jouer, malgré des défauts techniques un peu gênants mais pas énormément pénalisants.

La conquête du monde est un long chemin semé d'embuches...

Donc ! Le but du jeu, c'est quoi ? Mais de devenir l'Empereur de ce Monde et régner par le Mal of course ! Mais pas de chance, l'Empire romain vous a devancé pendant que vous grandissez.
Il va donc falloir asservir différentes villes et éliminer ces foutus romains, et tous ceux qui se mettront en travers de votre chemin.
On est donc dans une logique de conquête. D'extension. Mais alors, pourquoi diable nous avons un level design en couloirs linéaires ??? En effet, étant dans une logique d'extension de surface de règne, on se demande bien pourquoi le jeu est découpé en missions linéaires qui fonctionnent par des couloirs étroits à peine labyrinthiques puisque nous n'avons qu'à suivre le chemin devant ou, au pire, les différentes indications de la map...
Vous avez votre base, votre royaume donc, accessible depuis n'importe quel porte de sténèbres disséminés sur les maps et depuis votre trône vous aurrez accès à vos quêtes. Vous pourrez effectuer ses quêtes comme bon vous semble et même s'arrêter à mi-chemin pour la refaire ensuite. On a donc une pseudo liberté mais au final, il n'y aura toujours qu'une seule quête importante à faire. Celle qui narre votre avancée du territoire. Le reste n'est qu'exploration ou action en masse comme "tuer ou asservir" un nombre donné de villageois, par exemple.

Quant aux quêtes principales, il s'agira tout simplement d'accéder aux différentes villes à conquérir. Arrivé dedans, il faudra asservir le tout ou détruire les villageois. Ca se passe par des niveaux linéaires en couloir avec différents objectifs pas bien passionnants comme retrouver des grosses clés... Vous avancez, vous détruisez tout et parfois on aura quelques énigmes qui nécessiteront un petit de jeu logique. Vous ne serez jamais perdu, il suffira de suivre l'unique route encore non visitée. L'ossature du jeu est donc très très monotone, avec peu de rythme. La faute à à des ennemis pas bien nerveux, un héros assez lourd à manipuler et donc lent et des larbins qui bourrent dans le tas automatiquement. On est à la limite du jeu d'action et de la stratégie. Excepté que la stratégie consiste à sélectionner vos bestioles pour qu'ils détruisent tout... On tentera de nous filer des coups de boost avec la possibilité de jouer avec un bateau, d'avoir des actions précises à effectuer comme enflammer des puits, bref des objectifs moins barbant qu'avancer tout droit mais au final, on ne fera que ça : avancer tout droit et à suivre bêtement des objectifs ne faisant que ralentir l'avancée de l'Overlord.
Finalement, pour un Roi du Mal, on passe beaucoup de temps à être détourner de notre objectif et à devoir traverser des couloirs qui nous font faire des détours inutiles... Car le jeu est non seulement en couloirs mais il y a peu d'éléments destructibles à part des caisses... Quand vous entendez les larbins crier "Tout détruire !!!" ça fait un peu rire.
Overlord a donc un gameplay très contraignant, longuet car peu de rythme la faute à une jouabilité automatisé et sans réels sensations, avec des limites techniques évidentes où une île paradisiaque reste paradisiaque après que les ténèbres aient censé tout saccager...
A aucun moment, nous trépignerons d'impatience d'arriver dans une ville puisqu'on peut rien y faire à part maltraiter ses habitants. Vous avez un Empire avec lequel vous ne pouvez rien faire... Pas franchement bandant. Donc, même la traversé des niveaux longs et mous qui s'oriente vers de l'action deux de tension et semi automatisé nous donnent une piètre récompense. Avoir accès à un village non interactif.

En revanche, votre Royaume pourra évoluer. Enfin, c'est vite dit. Vous aurez un forgeron pour fabriquer arme et armures, booster le taux de fabrication de larbins pour en avoir toujours en grosse quantité pour le jeu (car ça meurt régulièrement ces bétails là), vous pourrez décorer votre chambre pour vos maitresses mais rien de bien passionnant puisqu'il vous suffira de cliquer pour acheter des objets tout préparés et placés automatiquement... Pas très personnel pour une personnalisation donc. Et vous pourrez visiter les puits de larbins qui ne sert pas à grand chose si ce n'est ressusciter des larbins qui vous plaisent. Mais ressusciter un larbin particulier vous coûtera un nombre d'autres larbins... Ce n'est donc pas ludiquement très intéressant, surtout qu'ils se ressemblent tous. C'est juste un trip de collection.

Pourtant l'univers est tellement drôle

Ludiquement, vous pouvez donc lire que ce n'est point franchement réussi... Ce qui est d'autant plus flagrant car l'univers est de très bonne qualité !
En effet, Overlord est un bijou d'humour cartoonesque où les larbins, des copies conformes des Gremlins, sont bien drôles avec une voie criarde pas bien original mais qui fait toujours mouche.
Les morpions font les cons en sautillant partout, en ayant des gestes élancés et se défoulant comme des cinglés. On a parfois l'impression d'être dans un cartoon de Taz où une espèce de tornade dévale tout sur son passage !
Les ennemis humains sont évidemment des caricatures colorés avec des voix tout aussi clichés mais qui rendent l'univers si amusant, si dessin animé "Warner".
Graphiquement, tout ceci est très bien rendu avec une riche de palette de couleurs éclatante, parfaitement saturée. Les décors sont évidement pas en reste, c'est vraiment fouillé, à défaut d'être vivant puisque pas interactif et fermé par des couloirs, mais c'est détaillé, riche, varié, c'est tout simplement agréable et beau.
On a un travail de flore, d'eau, de neige, particulièrement coloré qui nous donne le ton si dérisoire et décalé entre le monde des ténèbres et le monde dans lequel nous évoluons.

Car l'humour est forcément très présent, très moqueur comme ces elfs qui sont en fait des hippies voulant protéger les phoques... Que l'on tue comme des gros cinglés. Les romains qui sont franchement inspirés d'Astérix avec le Centurion bedonnant et les soldats qui tremblent... C'est limite si Triomph Studios ne pourrait pas développer un jeu Asterix avec ce même moteur.

Techniquement, si on a relevé plus haut des problèmes de pathfinding, on pourra noter des problèmes de caméra, généralement trop basse avec une légère inclinaison en contre plongé, si qui nuit considérablement notre champ de vision et nous empêche de bien repérer l'action. Au final, c'est bordélique et on ne saura la mort de nos larbins qu'en regardant le HUD...
Par contre, on a pas décelé de chute de framerate importante, ce qui aurait pu être franchement le cas avec ses larbins condensés en un même endroit. Mais ce n'est pas le cas. Par contre, le jeu est très haché, très séquencé et par conséquent... Avec des temps de chargements bien chiant. Même le temps de chargement qui n'a pas besoin d'écran est perceptible à cause d'un manque de fluidité dans les transitions de décors. C'est vraiment pénible et ça use le joueur. Ajouté à cela un soft monotone, ces temps de chargement répétitifs et ce côté séquencé pour accéder au royaume et autres salles ont une vraie plaie pour le joueur.
Un défat technique est sonore. Si les musiques sont plutôt bonnes qui donnent le ton juste vers l'aspect mi-comique, mi-sombre, les voix elles, semblent mal synchronisés lors des cinématiques. Cinématiques d'ailleurs très courtes et pas franchement bien mis en scène qui font plus penser à des mini séquences transitoires qu'une réelle cinématique. En effet, la réalisation de ces séquences sont très courte, rarement en mouvement et ne racontent pas grand d'intéressant. Pourtant ça nécessite des décrochages avec le in-game...
In-game, on sera au départ amusé par les voix des larbins mais rapidement fatigué d'entendre les mêmes mots toutes les 10 secondes : "Au Loup !" ou "Tout détruire !"...

Overlord est un jeu avec un background et un concept particulièrement attachant, accrocheur et ambitieux. Mais le jeu souffre de gros problèmes de gameplay pur où toute l'ossature est en total contradiction avec le concept. Se taper des couloirs monotones, dirigistes avec trois ennemis tous les 10 mètres n'est pas franchement la parfaite illustration de la conquête du mal...
Si on y ajoute des légers problèmes de caméra, de précision, des voix en boucle, une longueur persistante, des temps de chargements, des empires gagnés qui ne servent à rien, on a là un jeu plutôt moyen, même très moyen. Et ce n'est pas les quelques énigmes nécessitant de bien jongler avec ses larbins qui va nous passionner tant c'est plutôt simpliste et au final pour un but pas bien utile ou plaisant. Tu gagnes des territoires... Et après ? C'est limite si on aurait dû y ajouter un réel élément de gestion... Au final ce ne sont que des quêtes et sous-quêtes linaires et premier degré qui vous faire de nous un empereur diabolique... C'est en tout logique que la notion d'empire maléfique ne traverse pas vraiment nos esprits de joueurs dans des entonnoirs servant de levels. Et quand on voit le online ultra bourrin et qui a le mérite d'être encore moins passionant que le solo, on commence à se demander si ce concept, pourtant génial, en soit est réellement maitrisé...