Resident Evil 4

Début de l’année 2002, la nouvelle tombe : Resident Evil 4 est annoncé sur consoles. Des milliers, que dis-je, des millions de joueurs fêtent la nouvelle et s’évanouissent en apprenant la nouvelle. Fin 2002, on apprend que c’est une exclusivité Game Cube... Les possesseurs de la console de Nintendo sabrent le champagne alors que les joueurs PS2 et X-Box se petit-suicident. Je précise au cas où les journalistes de France 2 et Libération passent par là : j’exagère, personne, en tout cas, pas que je sache, n’a mis fin à ses jours en apprenant la nouvelle, mais ce qui est sûr, c’est que nous, joueurs PS2, on était quand même pas content. C’est alors que 2 ans plus tard, Capcom annonce que l’opus devant être une exclusivité Game Cube sera aussi adapté sur PS2. Pression des actionnaires ? Nous n’allons pas nous attarder sur la politique marketing de Capcom et nous intéresser simplement au jeu qui mérite sa place dans le top des meilleurs de l’année.

Umbrella is dead ou les premières fois catastrophiques de Léon

6 ans ont passé depuis la terrible tragédie de Raccoon City, et sous la pression du gouvernement, Umbrella a vu chuté ses actions pour finalement disparaître. Est-ce la fin du cauchemar ? Mais non, Capcom va pas lâcher aussi bêtement une telle poule aux œufs d’or, ils sont pas fous chez… *Heum heum* On me fait signe de me calmer… Je disais donc : non, ce n’est pas la fin, puisque s’il n’est pas question de virus T ou G et d'Umbrella dans cet opus, c’est aux tours des Plagas, des parasites, et des Illuminados d’entrer en scène, et c’est à Léon Scott Kennedy, un des héros de Resident Evil 2, que revient la tâche de les affronter. L’ex-nouvelle recrue de la police de Raccoon City s’est en effet fait remarquer pour ses exploits, et est devenu un agent secret ayant pour première mission officielle de retrouver Ashley Graham, la fille du président américain, qui se serait faite enlever. Léon arrive ainsi dans un village espagnole perdu dans la cambrousse (ils en sont même encore aux pesetas) où elle aurait été vue. C’est alors qu’il se retrouve très vite confronté à des autochtones très belliqueux qui l’attaquent sans aucune raison apparente, même pas pour planter leur croc dans de la chaire fraîche. Le scénario de Resident Evil 4 part bien, mais malheureusement, comme il a été dit dans le test sur Game Cube présent sur ce site, ça part très vite dans du n’importe quoi et l’histoire n’a rien de vraiment captivante. Mais alors, pourquoi n’ais-je pu que très difficilement décrocher de ma manette une fois ma console allumée ?

Freeze ! I said freeze !

Pour cet opus, Capcom a décidé d’en finir avec les plans fixes pré-calculés pour passer à une 3D à peine approchée par Code Veronica, et une caméra derrière l’épaule de Léon. Ce changement de vue donne d'ailleurs un côté moins cinématographique au jeu qui décevra sans doute certains. De plus, les musiques sont bien moins belles et oppressantes que dans les précédents opus, mais c'était inévitable vu le changement de la série. Mais ne désespérez surtout pas car la saga y gagne énormément en action et en jouabilité. Car voilà bien la force de Resident Evil 4 : un game play excellent ! Léon peut marcher, courir, tirer, pousser des objets (jusque là, rien d’exceptionnel) mais il peut aussi donner des coups de pied, sauter d’une fenêtre, exécuter un German-suplex, esquiver les attaques par un saut périlleux arrière etc. … Tout ça grâce à un bouton d’interaction. Le mode de tir est aussi revu à la hausse : dans les précédents Resident Evil, on était obligé de tirer soit dans le torse, soit dans la tête, alors qu’ici, tout comme dans les Metal Gear Solid, vous pouvez tirer dans n’importe quelle partie du corps de vos ennemis, et ceci réagiront différemment selon l’endroit. Prudence par contre, si vous voyez exploser la tête de votre ennemi, ne criez pas forcément « victoire », vous risqueriez d’avoir des surprises ! Les ennemis ne sont en effet pas en reste, puisqu’ils sont désormais capables de s’organiser entre eux pour être plus efficaces contre vous, peuvent utiliser des armes, grimper des échelles, se protéger la tête, se baisser ou faire un pas de côté pour esquiver vos tirs (on regrette d’ailleurs que Léon ne soit pas capable de ces dernières « prouesses »), etc. …Ne vous affolez pas, vous êtes quand même très bien armés, et si ce n’est pas le cas, allez dépenser quelques pesetas chez le mystérieux marchand qui vous vendra des armes ou vous améliorera celles déjà en votre possession.

Alors, c’est mieux ou moins bien que la version Game Cube ?

Cette question ronge sans doute nombre de joueurs mais à ceci, je leur réponds d’aller voir ailleurs (comprenez par là, d’autres tests), en effet, je n’ai pas eu l’occasion de jouer plus de 2 minutes à Resident Evil 4 sur Game Cube, donc je ne me permettrai pas de comparer. Mais concernant l’aspect technique, à part un peu d’aliasing à certains endroits, la Playstation 2 est au top de sa forme, Capcom montrant qu’il sait bien dompter la boite noire de Sony. Pour se faire pardonner sa « trahison », l’éditeur a d’ailleurs fait quelques ajouts pas piqué des vers comme le mode Ada : Separate Ways où vous contrôlez la vénéneuse agente secrète à la robe rouge, éclairant certaines parties sombres du scénario (cela dit, rien de transcendant, le scénario de base n’étant déjà pas vraiment complexe). Cet ajout est d’ailleurs le meilleur du lot, même s’il est agréable de jouer avec Léon en mode gangster avec une mitrailleuse Chicago qui escorte la jolie Ashley dans une armure de chevalier protectrice mais pas très sexy. En finissant le mode professionnel, il est même possible d’obtenir un canon laser mais malheureusement, je ne peux pas vous livrer mes impressions sur cette dernière arme car je n’ai pas fini (ni même commencé) ce niveau de difficulté. Pour le reste, il me semble les joueurs PS2 ont le droit aux mêmes bonus que pour la version Game Cube, à savoir le défoulant mode mercenaire, une mission spéciale d’Ada et le traditionnel mode Cinéma où vous pourrez voir toutes les cinématiques du jeu.

Le couperet tombe !


Resident Evil 4 est un excellent soft doté d’un gameplay vraiment accrocheur pour une longue durée de vie pour un Survival Horror (15-20 heures sans compter les modes bonus vraiment intéressants). Capcom a osé changer radicalement le concept de la série et ça a payé. Seul pêche le scénario et j’avoue que, contrairement à certains, j’accorde beaucoup d’importance à l’histoire dans un jeu, c’est pour cela que j’ai mis une si « mauvaise » note au jeu.