Tomb Raider Legend

Avec Tomb Raider Legend, Eidos promettait de revenir aux sources de la série et d’offrir un épisode digne des fans de Lara Croft. La démo jouable confirmait assez les propos de l’éditeur, qu’en est-il donc de la version finale du jeu ?

On peut dire que la série des Tomb Raider n’est pas des plus stables. Le premier épisode se voulait novateur et avait chamboulé les jeux d’aventures en 3D à l’époque. La suite, sans être mauvaise, n’apportait pas grand-chose. Le troisième opus était pour beaucoup, le pire volet de la série. Vint ensuite Tomb Raider Révélation Finale, censé stopper les aventures de la miss mais qui déboucha sur Les Traces de Lara Croft, sorte d’hommage à la série, qui revenait sur le passé de l’héroïne, présumée morte. Enfin, l’Ange des Ténèbres marquait le retour de Lara Croft, qui a finalement survécu sans qu’on en sache plus, mais aussi son arrivée sur Playstation 2. Ce qui aurait dû être une nouvelle trilogie s’est finalement limité à un épisode assez décevant. Entre temps, Angelina Jolie est devenue Lara Croft le temps de deux films… disons moyens. Et voilà Tomb Raider Legend !

Mine de rien, c’est déjà le septième épisode en presque 10 ans. Une décennie assez chaotique pour une licence forte, c’est pourquoi Eidos Interactive a décidé de reprendre les choses en main en confiant ce nouvel épisode à Crystal Dynamics et non pas à Core Design comme dans le passé. Ils décident alors de revenir aux sources, l’aventure et l’exploration tout en corrigeant les défauts de la série et combler les fans de Lara Croft. Mais les fans ne se limitent plus seulement aux joueurs l’ayant découvert il y a 10 de cela, il ne faut pas oublier les fans du films. C’est pourquoi Crystal Dynamics a pioché un peu partout.

Lara Jones, les aventuriers du passé perdu.

Le jeu débute sur une cinématique en 3D temps réel où l’on découvre une Lara, enfant, en compagnie de sa mère dans un jet privé survolant le Népal. Mais l’avion se crash en pleine montagne suite à une avarie du moteur… Mais la mère et la fille survivent et explorent le temple avoisinant. Mais Lara, un peu curieuse, touche à une épée incrustée dans un socle et déclenche un mécanisme étrange. Sa mère essaye de la protégée mais elle disparaît mystérieusement dans ce qui semble être un portail. Lara prend des notes et s’en va. Bon… l’intro est plutôt faiblarde et n’inaugure rien de bon : graphiquement le jeu ne déchire pas des masses, la mise en scène est moyenne et surtout ça débute en nanard avec plein d’absurdités. Et pourtant le scénario de Tomb Raider Legend est très réussi que ce soit dans la narration ou dans la mise en scène, il ne faut pas donc se fier à cette introduction. Le jeu débute comme dans la démo que nous avions testé il y a quelques jours. Lara est en Bolivie à la recherche d’un socle de pierre gravé sans doute identique à celui de son enfance. Pour éviter de surcharger le jeu de cinématiques mais également pour permettre une narration efficace, Crystal Dynamics a choisi d’opter un système à la Splinter Cell. C’est-à-dire que pendant le jeu, Lara communiquera avec des amis à elle via un casque/micro/caméra qui lui viendront en aide et lui donneront des infos nécessaires. Il n’y a donc pas de cassure dans le rythme de jeu et les narrations sont bien doublées permettant ainsi d’être plongé dans l’histoire. A noter que la voix française de Lara Croft est celle de Françoise Cadol, qui double la voix d’Angelina Jolie justement, et ce n’est d’ailleurs pas la seule similitude avec les films.

Indiana Croft et les temples maudits

Le manoir des Croft par exemple, ressemble beaucoup à celui aperçu dans la version ciné. Au même titre que les anciens Tomb Raider, Le manoir permettra au joueur de se familiariser avec les commandes avant de se lancer corps et âmes dans l’aventure. Aventure qui débute en Bolivie donc, mais qui ne se limitera pas à la jungle puisque l’histoire amènera Lara Croft a exploré le Pérou, le Ghana, le Népal, Tokyo, le Kazakhstan… Qui dit lieux variés dit aussi faune, flore et climat varié. Lara portera donc les tenues exigées par l’environnement. Mention spéciale pour la robe de soirée du niveau à Tokyo. Lara Croft déchirera le bas de sa robe pour passer à l’action, petit clin d’œil à Angelina Jolie dans Mr. et Ms. Smith sans doute. Les ennemis du joueur sont surtout composés d’hommes de main armés jusqu’aux dents et quelques fois, Lara Croft aura à se défendre contre quelques félins et canidés. L’autre ennemi de Lara sera représenté par des pièges à la Indiana Jones. Chaque décor possède ses propres architectures et ses propres pièges qui pour certains ne manquent pas d’originalité et d’ingéniosité pour les franchir. Le level-design est donc particulièrement efficace et les objets sont placés logiquement.

Les phases de plate-forme rappellent énormément celles de Prince of Persia. Elle sautera sur les lianes pour se balancer jusqu’à un pilier pour atteindre un rebord qui lui permettra d’attraper une barre qu’il faudra parfois délaisser rapidement avant qu’elle ne s’effondre. La ressemblance est frappante mais il n’y a rien de gênant à calquer sur la concurrence surtout que Tomb Raider se veut moins géométrique dans la disposition des objets que dans un Prince of Persia. Crystal Dynamics s’inspire également des Dragon’s Lair (ou Shenmue ou Resident Evil 4) en incluant de temps à autres des cinématiques interactives. Il faudra rester vigilant durant certaines cinématiques car un bouton s’affichera à l’écran poussant ainsi le joueur à effectuer la manip’ pour éviter de perdre. De même, si lors d’un saut, Lara se rattrape in extremis à un rebord, le bouton Y s’affichera, qu’il faudra presser pour éviter la chute. Ou encore lors des phases d’action, la touche Y toujours, fera exploser des bidons ou des éléments du décor qui permettra d’éliminer plus d’ennemis d’un coup. Les phases d’actions sont d’ailleurs agréablement maniables. Un bouton permet de locker son ennemi sur qui on pourra tirer dessus tout en marchant ou en bondissant. En sautant sur lui, le jeu passe en bullet time permettant ainsi de ralentir le temps pour tuer les ennemis plus facilement. On peut également leur donner un coup de pied au corps à corps ou bien rouler à leur pied pour les faire chute. Une fois mort, ils lâcheront des medikits, des munitions ou des grenades. Le lancer de grenade n’est pas fameux d’ailleurs. Contrairement au lancer du filin magnétique ! Avec cette copie du fouet d’Indiana Jones, Lara pourra atteindre certaine hauteur mais aussi tirer des objets vers elle, attraper des reliques cachées ou faire tomber des portes.

Vous avez peur qu’avec toutes ses actions, le jeu soit trop dur à prendre en main ? Pourtant ce n’est pas le cas. La prise en main de la belle est plutôt rapide et instinctive mais surtout, un message d’aider s’affiche régulièrement pour rappeler quelle touche presser pour grimper le long d’un corde. Un peu envahissantes, les aides de jeu auraient pu être en option, histoire de ne pas faire passer le joueur pour un mauvais. Si au début elles se révèlent pratique et efficace, il n’est pas nécessaire de le rappeler jusqu’à la fin du jeu. Des jumelles permettront même de découvrir dans le décor, quels sont les mécanismes à actionner. L’assistance est trop poussée et même en mode difficile, l’aventure s’achèvera en 10h environ. C’est très peu pour un Tomb Raider et même si quelques passages sont un peu casse-tête, à aucun moment véritable le joueur se retrouve coincé. Même si on perd à un passage délicat, les nombreux check points permettent de ne pas recommencer trop loin en arrière. Une fois le jeu fini, on débloque le mode contre-la-montre. Il faudra ainsi finir le niveau avant la fin du temps imposé. E challenge est intéressant mais n’intéressera peut-être pas tous les joueurs. De même, au cours des niveaux, il faudra explorer de fond en comble les lieux visités afin de découvrir des artefacts en bronze, en argent ou en or, permettant ainsi de débloquer de nombreux bonus. Ces tentatives pour rallonger la durée de vie ne suffiront peut-être pas, car le jeu reste définitivement trop court.

Lara Croft et la dernière console

Lara Croft débarque en même temps sur Playstation 2, Xbox, PC, PSP et Xbox 360. En règle générale, les jeux multi supports ne sont pas appréciés de tous car la console la plus faible du lot à tendance à tirer la qualité technique vers le bas pour les plus puissantes. Sur Xbox 360, on sent toutefois qu’un effort a été fourni pour faire de Tomb Raider Legend un jeu next-gen. Certes les décors niveaux contiennent de nombreux couloirs, certaines (rares) textures sont un peu bâclées, Lara Croft ne bouge pas les lèvres quand elle parle (en dehors des cinématiques bien sûr), elle ne laisse pas de trace de pas dans la neige ou de beaux impacts avec ses pistolets, elle flotte parfois dans le vide et le ragdoll est plus comique que réaliste… Mais en dehors de ça, le jeu est vraiment beau. Esthétiquement parlant d’abord car certains lieux visités sont de vraies cartes postales ! Puis vient la next-gen touch’ avec du normal mapping à gogo, permettant d’afficher du relief dans les textures de toute beauté. L’effet est encore plus convaincant quand on allume la lampe électrique de Lara et qu’on s’approche d’un mur ou d’un objet. Les surfaces liquides bénéficient également d’un rendu de qualité. Sans compter quelques petits détails toujours bienvenus comme la fumée s’échappant du canon de vos armes, les reflets sur l’eau ou le verra, la physique des objets, les effets de lumières ou encore les mimiques de Lara Croft et le grain de peau (observable uniquement lors des cinématiques). De même, quand Lara tombe dans l’eau, sa peau sera ruisselante et ses vêtements mouillés (mais ce n’est pas miss T-shirt mouillée non plus… bande de pervers que nous sommes, les mecs !). Lara bénéficie donc d’un traitement soigné, ce qui n’est pas le cas de tous les personnages du jeu malheureusement, plus cubiques. Comme dans tous les Tomb Raider, le scénario dérivera dans le fantastique permettant quelques autres effets de lumières et de plan audacieux de caméra (quand Lara est poursuivie par une bête surnaturelle). L’animation est tout aussi efficace : les mouvements de Lara Croft sont nombreux et variés. Elle peut sauter mais en pressant plusieurs fois la touche saut elle fera des galipettes de gymnastes. Idem pour franchir un mur, plonger dans l’eau ou tourner autour d’une barre suspendue. Lara est définitivement une athlète pleine de souplesse et les ralentissements dans le jeu se comptent sur les doigts d’une main. Même lors des séquences en moto, assez longues, où l’on devra canarder tout en pilotant la bécane. En cherchant bien, pour découvrir les artefacts par exemple, on tombera peut-être sur de rares bugs disgracieux, mais rien de comparable à la grande bible du bug qu’étaient les anciens volets.


Le retour de Lara Croft est tel qu’on nous l’avait promis : digne de l’aventurière et de ses sources. L’inspiration venant principalement d’Indiana Jones et des Prince of Persia, il faut y ajouter désormais celle du film pour obtenir un jeu intéressant mais malheureusement court et simple. Mais Eidos a chassé les démons du passé et peut repartir sur de bonnes bases !