Drakengard 2

I believe I can fly on a dragon

Combattre des centaines d'adversaires dans un beat them all défoulant puis, en cas de difficulté, appeler son dragon, et réduire en cendres ces ennemis désormais de la taille d'une fourmis. Une perspective réjouissante non ? C'est sur cette bonne idée que sont partis les développeurs de Cavia, parrainés par la célèbre Square Enix. Malheureusement, l'essai fut mal transformé... Il aurait cependant été dommage d'abandonner si vite et Cavia a donc rempilé pour un 2ème épisode. Et il a bien fait !


Legna et Nowe, un dragon et un humain, un père et son fils

Drakengard 2 vous met au commande de Nowe, nouvelle recrue de l'Ordre des Sceaux qui s'est donné pour objectif de préserver l'équilibre du monde. Le jeune soldat a une particularité qui lui a valu l'appellation de "sauveur" : il fut élevé par un dragon du nom de Legna et est désormais épaulé en toute situation par son illustre père. Mais très vite, Nowe va connaître la trahison, les complots, et c'est avec sa monture qu'il va tenter d'éclaircir les desseins de l'Ordre.
Un scénario apparemment banal mais ce n'est vraiment que la croûte d'un gateau exquis. Si les premières heures, les aventures de Nowe vous feront parfois bailler, on arrive très vite à être captivé au point de ne plus pouvoir lâcher la manette. Les personnages, servis par de très jolis artworks, dégagent tous une grande classe, tantôt inquiétants avec le fanatisme d'Eris et les sous-entendus de Legna, tantôt poignants avec Manah qui basculera dans la folie du désespoir. Nowe vit ainsi une aventure longue (25 heures et 3 fins possibles) et globalement palpitante mais, si le doublage anglais de très bonne facture ne déssert pas au récit, il est cependant dommage que la moitié des scènes cinématiques soient fixes ou se contentent d'un simple passage de caméra sur un décor où l'on ne voit pas les personnages. Il est facile de faire plus dynamique !

Carré, carré, carré, carré, carré !

Drakengard 2 est un beat them all... Et comme tous les beat them all, il souffre d'un défaut : la répétitivité du gameplay. Pour abattre les ennemis en surnombre, vous vous contenterez en effet de marteler le bouton carré et ce n'est pas les quelques enchainements possibles avec triangle qui changeront grandement les choses. Heureusement, vous avez la possibilité de contrôler d'autres personnes que Nowe en passant rapidement par le menu. Vous pourrez ainsi contrôler Eris avec sa lance, Manah, la magicienne et Ulrick, armé d'une faux destructrice. Les personnages ne se gérant pas tout à fait de la même façon, c'est une bonne façon de nuire à la répétitivité du titre même si ça ne se fait pas tout. Mais ne boudons pas notre plaisir ! Combattre des régiments de soldats, c'est défoulant et on en demande pas beaucoup plus dans un beat them all. On pourra aussi reprocher à la caméra de trop se rapprocher du personnage mais, après un temps d'adaptation, on s'y fait.
Et si vraiment les phases à pied vous ennuient, appuyez sur la touche SELECT et, sans le moindre temps de chargement, vous vous retrouverez sur le dos du dragon bleu Legna. Avec ce dernier, vous planerez au dessus de vos ennemis et les réduirez en cendre avec une nette impression de supériorité. Attention cependant, les dragons ont aussi leur faiblesse !
Legna se contrôle donc dans les phases au sol mais il a aussi des phases qui lui sont propres, en l'air, où le jeu se transforme en shoot. En utilisant vos flammes mais aussi vos esquives et les bonus d'attaque, vous devrez ainsi vous débarasser de vos adversaires aériens. J'avoue, ce ne sont pas mes phases préférées mais elles restent réussies et Legna est un dragon agréable à manier.

Vivement le next gen !

Dans la plupart des beat them all actuels, le support semble mal encaisser le nombre d'adversaires, et c'est pour cela que la plupart des jeux ont un clipping important. Pour Drakengard 2, heureusement, s'il y a bien du clipping, ce n'est pas tellement gênant. On voit quand même les ennemis à une certaine distance et on a pas l'impression d'être dans un brouillard. Malheureusement, les décors restent vides. Le jeu n'est pas moche mais... Vide... Les phases en intérieur ont des décors avec plus de détails mais c'est loin d'être transcendant. D'où mon titre : "vivement le next gen", car c'est mon avis que ce sera sur XBox 360, PS3 et Révolution que le genre "destruction de masse" prendra son essor.

Drakengard 2 est donc un très bon jeu servi par un excellent scénario et un gameplay jouissif. La durée de vie est en plus excellente (25 heures) et vous serez facilement tenter de refaire le jeu 2 fois de plus pour obtenir les 2 autres fins possibles. Après, que Drakengard 2 vous plaise ou pas, il y a bien une chose que vous devrez concéder, Cavia apprend de ses erreurs. On rêve déjà d'un Drakengard 3.