7 artistes dont 7 tueurs

Contrasté par l’abstrait

Chaque individu s’est retrouvé devant une toile abstraite, cherchant un sens à ces formations de couleurs, tout en pensant perpétuellement : est-ce de l’Art ? Définir Killer 7 revient à ce principe, entre délire schizophrène et pure merveille, entre dégoût et passion, il ne trouvera jamais son juste milieu. Et finalement entre objectivité et subjectivité je vais tenter de vous faire part de cette expérience.

Œuvré dans le talent

Avant d’entamer notre prose, il faut savoir que Killer 7 est avant tout un concept. Un concept est une idée abstraite, comme une œuvre d’art peut l’être. Ce jeu n’est alors qu’un tableau animé, créé par des artistes, tel Shinji Mikami ou Kobayashi-san. Sombre, adulte, et compliqué, un style d’un tout autre genre débarque sous la forme d’une animation enfantine, le Cel Shading. Un contraste talentueux, retranscrivant à merveille l’ampleur du plaisir schizophrène. Vous pourrez ainsi traverser les couloirs fluorescents, tout en repensant aux cris de vos victimes. C’est dans cet esprit d’un affrontement continu que furent instaurées les cinématiques, ou le mélange de 3D temps réel, du style manga et d’une démonstration technique jusque là inconnue. On peut maintenant tourner une page de notre œuvre pour débuter l’intrigue.

Narré au Japon

Sous tous ces aspects déstructurés, Killer 7 nous laissera prendre part à un scénario déjà épique. Nos héros sont appelés pour réduire, une nouvelle forme de terrorisme, à néant, les Heaven Smiles. Ces Sourires Célestes ont introduit un bâtiment, et deviennent une véritable menace internationale quand ils commencent à se multiplier. C’est sous cet angle que le gouvernement américain interviendra en cas d’échec de votre part. La panique enclenchée au sein de l’état républicain, les conduira à envoyer l’arme nucléaire sur le Japon, infesté par cette menace au sourire céleste. Au fil de l’aventure, vous vous rendrez compte que tout cela n’a que peut d’importance, le véritable intérêt du scénario se trouve dans l’histoire personnelle de la famille Smith.

Joué par 7 acteurs

Pour faire vivre un film ou la scène d'un théâtre, on doit créer des personnages, car même si l'on peut débattre des heures sur la beauté du décor, c'est loin d'être l'intérêt de l'oeuvre. Cet univers psychédélique répond également à cette règle. Descendant de l'esprit torturé de Harman, les Killer 7 ont des personnalités débordant de charisme... Ou plutôt de sadisme. Garcian Smith, le négociateur, est l’intermédiaire entre Harman et les 6 autres esprits, bien que d’une grande importance tout au long du scénario, il n’est que très peu utilisé durant l’aventure, il n’a pour but principal que de ressuscité les autres membres… Dan est un assassin extravagant de grande classe muni d’un revolver, il n’attend que le moment où il pourra tuer Harman qu’il déteste par-dessus tout! Kaede, la beauté féminine du Killer 7, est une sniper expérimentée, ayant la capacité de faire disparaître les barrières invisibles en se coupant les veines formant ainsi une douche de sang. Le plus jeune des tueurs est Con disposant d’une rapidité fulgurante, il ne sera pas gêné par son handicap… Aveugle depuis la naissance, il développa son ouïe à l’exceptionnelle, étant de petite taille il peut atteindre des passages inaccessibles par les autres Killer 7. Cette 5eme personnalité n’est autre que Coyote, un voleur portant comme personne la chemise Hawaïenne, fort de son expérience, il pourra infiltrer les bâtiments par le toit, mais seulement quand il lui sera impossible de crocheter la serrure. Un catcheur professionnel au physique impressionnant, le MASK de Smith peut faire trembler les sourires célestes grâce à ses deux lance-grenades. Et enfin Kevin, le plus mystérieux ou le moins charismatique il ne s’imposera pas durant l’aventure, mais il se démarquera par son utilisation des couteaux et sa faculté à se rendre invisible…

Contrôler le A

Nous pourrons toujours tergiverser sur l’artiste, sur l’œuvre, ou sur le concept, un jeu reste un jeu. Il faudra donc que nous abordions sa jouabilité, et c’est là que tout ce corse, si l’on pouvait ne pas adhérer à une ambiance sombre, ou délirante, on ne peut autrement pas le faire sur un gameplay troqué… Au début de l’aventure, on bouge dans diverses directions le stick analogique cherchant à déplacé le grand corps de Garcian, quand on fini par appuyer sur A. Et il avance d’un pas assuré dans un chemin préprogrammé, on nous laissera le choix aux différentes bifurcations. C’est d’une rare simplicité, ou d’une grande restriction, c’est selon le point de vue du joueur. Celui-ci ne pourra d’ailleurs que douter de ce système, et c’est compréhensible tellement c’est déroutant. C’est encore l’un des points sur lesquels Killer 7 se démarquera la concurrence actuelle. Si l’on ne peut pas dire que c’est une qualité, ce n’est pas un défaut non plus, on évite certain désagrément du à la liberté du gamer, comme les culs de sacs ou les bugs de collision. Maintenant que nous avons éclairé ce point, il nous faut observer la deuxième parties du gameplay, les phases de tirs. On l’active en appuyant sur R, elle vous sera utile dans l’extermination des Hevean Smiles. Ceux-ci ne pourront être tués quand touchant leurs points faibles, ils seront visibles grâce au bouton L. A leur mort ils vous lègueront des points d’expériences pour faire évoluer vos personnages, mais également pour fabriquer des fioles de sérum à multiples usages, notamment guérir. On soulèvera certains défauts, comme une certaine difficulté à réagir face à l’ennemi, la solution finale sera bien souvent l’explosion. On notera également un système de sauvegarde, la chambre d’Harman, assez long et fastidieux. Mais bien loin de ces considérations Killer 7 s’est démarqué bien autrement.

Ecouter la mort

Si Picasso était le peintre de Killer 7, Chopin n'aurait jamais pu être son compositeur. Malgré tout, sans être des chef d'oeuvres, les musiques nous permettent de rentrer encore plus profondément dans cet univers. Parfois parodiques, elles ont le mérite d'avoir été travaillées, notamment pour la chanson du mendiant dédié à Dan ou pour le générique du sentaï. Le doublage est quand à lui excellent, du cris des Hevean Smiles, à la voix du veille homme, sans omettre celle de Travis revenant de l'enfer. Le tout offre une qualité exemplaire et colle parfaitement à l'environnement psychotique de Killer 7.

Finir son oeuvre

Je concluerai ce 7eme chapitre sur: comme la dernière touche d’un tableau, la conclusion sera primordiale. Killer 7 accepte ses défauts, et les rend insignifiants par rapport à l’expérience de jeu qu’il propose… Ce mixte entre violence, environnements fluorescents, personnages aux tendances SM (Shinji Mikami, bien sûr)… font de ce titre un chef d’œuvre jamais imaginé par l’homme.