The Silent Hill Collection

Konami est comme les autres… Comme toute entreprise, elle cherche avant tout à amasser un maximum de profits, faisant la joie de ses actionnaires. Mais plaisir des financiers est-il incompatible avec plaisir des joueurs ? Pas toujours heureusement comme nous le prouve ce The Silent Hill Collection. En effet, surfant sur la sortie au cinéma du Silent Hill de Christopher Gans, Konami réédite en édition limitée un coffret contenant les 3 épisodes PS2 de la saga.

Silent Hill 2 : Psychologie et horreur

Commençons dans l’ordre avec ce Silent Hill 2, premier opus à sortir sur Playstation 2. Très différent du premier dans son scénario, il vous met dans la peau de James Sunderland, en route à Silent Hill pour répondre à l’invitation de sa femme Mary parvenue via une lettre. Seulement voilà, Mary est supposé être morte d’une maladie 3 ans auparavant. Vous incarnez donc le pauvre veuf ( ?) qui, malgré les horreurs grouillant dans les rues et bâtisses de Silent Hill, continuera son voyage jusqu’au plus près de l’enfer dans l’espoir de retrouver sa bien-aimée.

Le scénario, c’est bien la force de ce Silent Hill 2 qui surpasse les autres à ce niveau, notamment grâce à des personnages travaillés et tous vraiment dérangeants que ce soit Eddie devenant progressivement psychopathe, Angela dont le lunatisme vous surprendra, Maria, envoûtante et inquiétante ou même James, anti-héros malgré un certain courage apparent. Une empathie se formera très vite entre vous et le jeu, tant est si bien que vous finirez par faire votre propre introspection à l’issue de ces décidément trop courtes 5 heures d’errance. Une expérience inoubliable !

En terme de gameplay cependant, James est raide, surtout au niveau du maniement des armes de poing, et la caméra, malgré que les plans soient très cinématographiques, est parfois placée de manière trop gênante, mais rien de vraiment gênant pour votre plaisir de jeu. De plus, en terme de graphisme, le jeu a très bien vieilli : mise à part les visages in-game des personnages, les décors et les effets de lumières sont très bien rendus. Presque 5 ans après, Silent Hill 2 reste ainsi un grand hit sur Playstation 2 qu’il vous faudra immanquablement essayer.

Note : 17/20

Silent Hill 3 : Eprouvant

Il aura finalement fallu attendre le 3ème épisode pour voir enfin apparaître la véritable suite du 1er épisode sorti sur PSOne. Vous êtes ainsi dans la peau d’Heather, adolescente de 17 ans, faisant ses courses dans le centre commercial de sa ville. Alors qu’elle essaye d’échapper à un détective privé un peu trop collant, elle se retrouve en proie à des monstres cauchemardesques et personne n’est là pour l’épauler. Heureusement, Heather est tout de même une dure à cuire et c’est à coup de tuyau d’acier, de balles de pistolet et de sarcasmes qu’elle sortira de ce cauchemar.

Quel lien avec le premier me diront certains ? Je ne vais pas vous en dévoiler plus, ce serait vous gâcher de grosses surprises mais sachez qu’avoir suivi les aventures d’Harry Mason est indispensable pour comprendre toutes les ficelles de cet histoire qui renoue avec le mysticisme plein de grilles métalliques et de rouille délaissé par le précédent épisode, plus propret (tout est relatif bien sûr). Une histoire plus dérangeante, vous serez d’ailleurs souvent mal à l’aise à la vue des monstres et des décors toujours très soignés que vous visiterez, notamment lorsque les murs eux même sembleront vivants !

Heather, si elle garde tout de même une certaine raideur, est plus agréable à jouer que James, disposant d’armes plus variées et un tantinet plus bourrines mais aussi plus maniables. Elle est aussi plus belle que James, un grand soin ayant été donné aux visages où même les défauts de peau tels que les tâches de rousseur sont très bien rendus. Malheureusement, la durée de vie est encore très basse. Les énigmes, parfois véritablement tordus selon le niveau de difficulté choisi, la rallongeront mais il ne vous faudra pas plus de 5 heures pour arriver au face à face avec le boss final. Heureusement, des bonus comme de nouvelles armes (un sabre laser à la Star Wars par exemple), les nouveaux costumes, les différentes fins et les autres modes de difficulté vous inciteront à recommencer une petite partie.

Note : 17/20

Silent Hill 4 – The Room : Différent et quelque peu décevant

Enfin, The Silent Hill Collection se termine avec le 4ème épisode de la série sous-titrée « The Room ». En effet, vous incarnez un jeune homme, le trentaine à peine entamée, qui vient d’emménager dans son nouvel appartement. Cependant, quelques jours après, des chaînes et des cadenas sont apparus, bloquant sa porte et même en appelant à l’aide, personne ne semble l’entendre. 5 jours passent et Henry Townsend fait chaque nuit des cauchemars, toujours enfermés dans son appartement 302. Mais un bruit l’attire dans sa salle de bain… Il y découvre un trou qui s’est formé à côté de son lavabo. Décidé à ne pas moisir définitivement dans son appartement et y voyant une possible sortie, il s’y infiltre…

Silent Hill 4 n’a pas véritablement de rapport avec les autres épisodes de la série même si on pourrait tout de même le relier quelque peu au 2 pour certains détails de l’histoire. Mais Silent Hill 4 – The Room se distingue aussi des autres sur bien d’autres points. Si en terme de scénario, on est encore dans l’inquiétant avec l’énigme du mystérieux tueur en série Walter Sullivan, ce quatrième épisode se distingue surtout via son gameplay, beaucoup plus porté sur l’action que les précédents. Les développeurs ont choisi une nouvelle orientation, et elle ne plaira pas à tout le monde. Plus de radios qui grésillent, plus de lampe torche… 2 des marques de fabrique de la série disparaissent. Les énigmes sont aussi beaucoup moins tordus que les précédents épisodes, rejoignant même le niveau d’un Resident Evil, et les niveaux sont beaucoup moins bien construits. La série perd un peu de son charme et cela malgré la 2ème partie du jeu où vous devrez retraverser les 6 niveaux du jeu parcourus dans la 1ère partie mais accompagnée cette fois-ci. Vous avez d’ailleurs souvent dû entendre des films l’ami du héros qui, blessé à la jambe, dit « partez ! Je vais vous ralentir »… Et bien vous comprendrez à quel point il a raison ! La personne que vous escortez est en effet dans un sale état et sera donc plus lente que vous, un gros problème lorsque vous devez fuir les Victimes, des fantômes quasiment invincibles qui seront vos principaux ennemis du jeu.

Cependant, si Silent Hill 4 est moins bon que les précédents opus, il n’en reste pas moins un très bon Survival-Horror dont le scénario devrait vous scotcher, et les monstres, surtout les Victimes, feront grimper votre tension. Même si on le sent surexploité, on apprécie aussi le passage en mode subjectif à chaque fois que vous rentrez dans votre appartement, lieu rassurant dans la 1ère partie du jeu mais devenant inquiétant dans la 2ème lorsque des esprits viendront hanter vos murs. De plus, la durée de vie est plus longue que dans les autres Silent Hill, et même si vous repassez 2 fois dans chaque monde, ce sera dans 2 optiques différentes. Le gameplay est encore fluidifié même si Henry court comme un robot et les graphismes sont toujours parmi ce qu’il se fait de mieux sur cette console.

Note : 15/20

Isolez vous dans une pièce et mettez le son à fond !

Enfin, je me permets de faire une partie spéciale en ce qui concerne l’ambiance sonore des jeux Silent Hill. Du 1er au 4ème, s’il y a bien une chose que l’on ne peut reprocher à la série ce sont les sons et les musiques. Certes, à part certains thèmes sublimes comme l’intro de Silent Hill 2, Letter from lost days, You’re not here ou Room of Angel, on ne les écouterait pas en dehors du jeu, mais Akira Yamaoka a su démontrer à quel point l’ouïe pouvait être exploitée pour l’horreur. Grincements métalliques, cris, plaintes… Tout est merveilleusement orchestré pour contribuer à accentuer le malaise du joueur, assaillit par des bruis connus ou inconnus mais qui généralement lui suggèrent le pire… à tort ou à raison ! Un grand merci donc à Mr Yamaoka pour son travail ayant largement contribué à faire de la série Silent Hill ce qu’elle est aujourd’hui.

The Silent Hill Collection est donc un excellent investissement. 50€ pour 3 très bons jeux, c’est peu cher donné. Un petit regret tout de même : on aurait espéré avoir des bonus pour cette édition limitée mais, d’une certaine façon, les bonus se trouvent sur un UMD de 10€ : The Silent Hill Experience, dont peuvent profiter ceux ayant achetés indépendamment les épisodes de la série… à condition d’avoir une PSP.