Condemned : Criminal Origins

N’avez-vous jamais rêvé d’incarner un flic perdu au milieu d’une sordide histoire macabre ?comme dans les meilleurs films ? Et bien c’est en tout cas ce que nous propose le studio Monolith, auteur du non moins célèbre FEAR sur PC, avec Condemned : Criminal Origins. Annoncé comme un « testeur d’adrénaline », Condemned se veut l’un des premier FPS « suspens » de la Xbox360…mais qu’en est-il vraiment?

Maman !.....j’ai peuuuuuuuurrrr !!!!

Si l’on dresse un état des lieux, on se rend compte que Condemned a le mérite d’annoncer clairement la couleur….c’est à dire qu’il ne faut pas aller se plaindre par la suite, on vous aura assez prévenu : pochette de jeu flippante, introduction sombre, menu avec musique pour le moins pas entraînante voir lancinante….oui on sens la peur a plein nez mais comme cité précédemment, rien que la pochette devrait suffire à dissuader….
On lance donc une nouvelle partie, dans laquelle on propose deux modes de difficulté : normal/difficile. Autant le dire de suite, préférez commencer en normal car le jeu est déjà bien assez dur comme ça. On se retrouve donc avec un générique aux images floutées, noires et blanches, se superposant, à la manière d’un début de feuilleton, avec en fond des rapports d’affaires criminelles apparaissants rapidement à l’écran. On sent déjà une certaine tension, tant ce générique mêle images et sons étranges. Puis vient le moment de découvrir le commencement du jeu via une cinématique nous représentant, l’agent Ethan Thomas arrivant en voiture dans une ruelle assez sombre et sale…bref une introduction classique. Un chef de la police nous attend sur place et nous escorte jusqu’à la scène de crime sur laquelle vous devez enquêter. A peine descendu de voiture, la cinématique laisse place au jeu, et c’est avec un malin plaisir que nous prenons en main l’agent Thomas. A première vue, la maniabilité s’avère bonne, les déplacements un peu lents lorsque l’on marche tout du moins et les graphismes tout a fait honnêtes. On suit donc notre chef et la première chose qui saute aux yeux est le fait que les murs, les pièces, les rues ont vraiment un aspect crasseux, voir répugnant….il n’y a pas à dire, tout cela nous met dans le bain, ajoutez à cela une ambiance sonore pesante et vous voilà conquis. Mais l’apothéose intervient lorsque l’on découvre la scène du crime : corps déchiquetés, lieu sordide, pas ou peu d’éclairage….que du bon…enfin, du moins pour nous.

Les experts ? La police scientifique ?....non non…..ETHAN THOMAS !!!

Car c’est là que l’on commence vraiment à entrer dans le vif du sujet. Condemned ne se limite en effet pas à tuer des bandits, ou explorer des lieux étranges afin de retrouver un cadavre pour le signaler non…il se sert également d’outils de la police scientifique afin de récolter et d’analyser les échantillons de sang, des empreintes qu’il enverra pour analyse à une spécialiste via son super téléphone portable…pratique me direz vous. C’est là une des innovations de Condemned face à la concurrence, la possibilité de mener une enquête avec autre chose qu’une arme à feu et une lampe torche. Mais nous verrons par la suite que cette possibilité n’est en faite qu’une apparence.La scène de crime examinée, vous commencez donc votre périple en solo du fait que votre chef et le garde l’accompagnant prennent un autre chemin que le votre afin de quadriller toute la zone et ainsi identifier le tueur…logique n’est-ce pas ? On reconnaît encore une fois les ficelles d’un scénario à succès. Durant tout le jeu, vous serez donc confronté à de multiples renversements de situation, dont le premier (que je ne citerai pas pour les personnes n’ayant pas fait le jeu) sera le point central de votre histoire, un indice : vous serez accusé à tort d’un meurtre. Vous enchaînerez alors les dix niveaux que comporte Condemned en rencontrant diverses créatures et hommes plus ou moins compréhensifs….Le jeu alterne les séquences de jeu et les cinématiques faites avec le moteur même du jeu. Le tout se complète alors parfaitement et donne une bonne impression de continuité.

Je fonce ou je défonce ?....les deux !!!!

Comme annoncé plus haut, Condemned ne fait pas dans la dentelle. Afin de vous frayer un chemin à travers les rues ou bâtiments, il vous faudra avoir recours à des moyens….peu catholiques dirons nous: Hache, barramine, conduite de gaz, planche cloutée etc…autant d’armes « blanches » que vous pourrez utiliser pour réduire tout ces opposants en bouillie. Si le moteur graphique n’intègre pas le démembrement des corps autant vous dire que ce n’est pas nécessaire au vu de la violence extrême qui ressort des combats dans Condemned… Notons que lorsque un ennemi tombe à genoux sous le choc infligé, vous aurez le choix, via le pavé directionnel, de l’achever avec des techniques dignes d’un commando….no comment.
Si Condemned innove c’est bel et bien parce qu’il fait la part belle aux armes « primaires ».Bien sûr, il vous arrivera de trouver ça et là des armes à feu de type revolver, carabine, fusil à pompe ou encore mitraillette mais ne vous faites pas d’illusion, l’unique chargeur (dont vous pouvez vérifier le contenu avec la touche Y) ne contiendra au maximum que huit balles (hormis la mitraillette)….désespérant non ? à utiliser avec modération donc.
A travers ces combats autant jouissifs que monstrueux, on retrouve également des phases plus reposantes où l’on doit mettre la main sur des indices aux quatre coins d’une maison par exemple. Il y a également de nombreux flashbacks ou encore rêves que fait l’agent Thomas et qui vous propulsent dans un monde parallèle où il faut dézinguer du zombi à tout va. Mais l’ambiance est là, même magnifiquement là et c’est bien ça le plus important.

Un jeu parfait ? Peut-être pas…

Premièrement le « parfait » n’existe pas mais on est en droit de se demander si Condemned n’aurai pas pu être meilleur. En effet, commençons par les graphismes. Ils sont dans l’ensemble très réussis, les jeux de lumières sont sympas mais rien de révolutionnaire par rapport à un FEAR par exemple. Les animations sont quant à elles très convaincantes mêmes si les personnages se ressemblent un peu et qu’au fil du jeu une impression de redondance nous gagne…les textures sont correctes dans l’ensemble et plutôt bien fichues, ainsi les lieux et les scènes de crimes se veulent particulièrement glauques et réels, un bon point donc.
Sur le plan de la fluidité, le jeu se montre relativement fluide bien qu’il ait tendance à ralentir à certains endroits. De même, lorsque l’on entreprend une rotation de la tête, souvent des saccades viennent s’interposer ce qui donne une impression de lenteur ou alors de rapidité hachée….dommage.
En parlant de lenteur, il est vrai que hors course, l’agent Thomas marche tout de même bien lentement, c’est utile parfois mais désagréable aussi. Pour remédier à cela, les développeurs ont inclus un mode « courir » qui est ma fois très utile en cas d’affrontement pour fuir son adversaire bien que la jauge de fatigue ne vous fasse pas de cadeau ,mais ça c’est une bonne chose. Là où c’est ennuyeux, c’est lorsque l’on se rend compte qu’il faut rester appuyé sur le joystick gauche tout en le poussant vers le haut pour avancer….vraiment pas astucieux et pas précis du tout, mauvaise idée en somme.
Le jeu lui-même a tout de même beaucoup de chose pour plaire si l’on ne retient pas sa durée de vie assez courte : avec dix niveaux à son actif vous aurez vite fait le tour, mais chaque niveau étant unique et captivant, cela suffit amplement. Les temps de chargements sont tout a fait corrects voir rapides à certains endroit.
Le scénario quant à lui mêle enquête et action sans parvenir toutefois à bien concilier les deux…explication : on nous demande souvent de retrouver un indice ou bien un objet à travers les différents lieux du jeu. Mais en fait tout est assisté, ainsi si une porte est bloquée, on vous dit qu’il faut trouver une hache, si un coffre est fermé on vous dit qu’il vous faut une barramine….vous ne pouvez rien faire de votre propre chef, tout comme sauter par-dessus un obstacle… et bien l’agent Thomas en est incapable…Autant de petit détails qui rendent l’aventure moins passionnante…le scénario ne se déroulera donc que d’une seule manière, aucun de vos fait et geste n’en changeront le cours. Le côté enquête est donc marrant au début mais devient une simple formalité par la suite puisque l’on vous dit quand sortir les instruments, lesquels utiliser et à quel endroit précis il faut prélever via un jeu de lumières sur les instruments (plus il y a de lumières plus vous êtes proche, quand elles sont toutes allumées… et bien c’est bon).
Néanmoins le jeu permet de débloquer des bonus lors de l’obtention d’oiseaux morts et de plaques de métal à chaque niveau.
Sur le plan sonore il n’y a rien à dire, même si les voix sont en anglais c’est magnifique, les cinématiques sont bien rendues, et l’ambiance et tout simplement UNIQUE. La bande son représente à elle seule 30% de l’intérêt du jeu.

Verdict ?

Condemned est donc une bonne surprise dans l’ensemble. Bien que trop court, scripté et souffrant de faiblesse au niveau du gameplay, il se rattrape allègrement par de bons graphismes, une bande sonore de très bonne augure et une ambiance comme vous n’en trouverez nulle part ailleurs. A noter que le titre se veut original par l’utilisation d’armes blanches pour le combat, ce qui en fait un titre unique en son genre.
Condemned est donc un très bon FPS qui rend tout de même honneur à la Xbox360 et qui a le mérite d’innover sur certains points….un FPS où se côtoie technologie, barbarie et archaïsme.