Tom Clancy's Ghost Recon Advanced Warfighter

Apparue pour la première fois en Novembre 2001 sur PC, la série des Ghost Recon a connu un succès grandissant. Que ce soit le premier opus présent d’abord sur PC puis un peu plus tard sur les consoles 128 bits, ou bien encore le second présent cette fois uniquement sur console, Ghost Recon a su séduire autant par son concept que par sa qualité de jeu. Tactique à la base, mais tendant à s’orienter plus « action » avec le second volet, c’est à présent au troisième opus de la série de faire ses preuves sur la dernière née de chez Microsoft : la Xbox 360. Bien que prévu sur les autres supports dont le PC, cette version a été développée spécialement pour la Xbox 360. On nous promettait une immersion importante, mélangeant tactique et action le tout mis en scène par des graphismes « next-gen »…..Pari tenu ?

Intuitif ?vous avez dit intuitif ?

Dès l’insertion du jeu dans la console, on se rend rapidement compte que l’on n’est pas dans ce qu’on appellera une « promenade de santé ». La musique de fond, les écrans titres, la froideur générale du menu principal nous rappelle que nous sommes bien là pour faire la guerre et non pas pour apprendre le Mexicain. Le Mexicain ? Ah oui petit rappel : l’histoire de déroule en 2013, une armée rebelle prend d’assaut la ville de Mexico, et enlèvera même le président Américain ainsi que le président du Mexique…chose que l’armée des Etats-Unis ne peut évidemment pas laisser passer. Mais revenons en au menu principal qui nous montre bien que nous sommes dans un Ghost Recon : menu épuré, un mode solo, un mode partie instantanée et un mode Xbox live pour les parties sur le net. Rien de plus, rien de moins mais l’important n’est pas là, on lance donc une partie, là un petit écran de chargement apparaît rapidement et nous voilà en plein milieu d’une rue dans ce qui est appelé « entraînement ». Et oui tout bon Ghost aura subit un bon entraînement avant d’aller au combat, ici on parle bien de Ghost Recon, dont la devise bien connue « Mieux vaut se mettre à couvert que finir face contre terre » se doit d’être respectée…enfin si l’on veut jouer plus de cinq minutes. On se retrouve donc en face d’un mode entraînement qui disons le, nous montre déjà à quoi l’on peut s’attendre en terme de graphismes. Textures fines quoique inégales, éclairages et ombres dynamiques de toute beauté…en bref tout ceci ne présage que du bon. Mais nous redescendons vite de notre petit nuage lorsqu’il s’agit d’animer notre joli petit soldat…pour le néophyte de la manette ceci peut s’avérer un vrai casse-tête du moins au début. L’intuitivité des commandes n’est pas vraiment au rendez vous, et comptez bien un bonne heure pour vraiment bien avoir en main votre Ghost ainsi que l’équipe qui parfois viendra vous épauler dans vos périlleuses missions. On apprend alors à se déplacer, se mettre à couvert, viser, retenir sa respiration, mais aussi donner des ordres se limitant à « avancer-reculer-attaquer » pour un véhicule et « rejoindre-regroupement-attaquer » pour nos coéquipiers. Notons par ailleurs que l’on peut soit utiliser la carte tactique pour placer nos hommes soit viser directement l’endroit où l’on veut les placer. N’en déplaise aux aficionados de la tactique, il vous sera seulement possible de déplacer vos hommes tous ensemble et non individuellement, tout comme leur donner deux mode d’action : « Recon » où ils seront en position défensive et « Attaque » où ils…..enfin vous voyez quoi  .Le tout est coordonné par l’ATH (Affichage Tête Haute) qui n’est autre que l’ordinateur de bord qu’embarque chaque Ghost et qui lui permet de différencier les amis des ennemis (losange rouge pour ennemis, bleus pour équipe et verts pour alliés) et ce même à travers les murs….intéressant mais extrêmement assistant. Heureusement on peut réduire ces indicateurs dans le menu option afin de rendre le jeu plus dur et plus réaliste. Deux vues s’offrent à nous : 1ère personne ou troisième personne, suivant les goûts, la troisième permettant tout de même d’avoir un champ de vision plus large.

« Capitaine !!! J’ai vu un GRAW blindé !!! »

L’entraînement fini, on se retrouve soudain à bord d’un helicopter Black-Hawk survolant la ville de Mexico sous un soleil de plomb magnifiquement rendu tout comme la ville d’ailleurs magnifiquement modélisée. La première chose qui nous vient est : « Ouah !!Que c’est beau », pas de doute on est bien sur une console nouvelle génération et pour peu que vous soyez sur TV HD, le spectacle est alors grandiose. Une musique rock entraînante nous propulse directement dans l’action. Une fois pied à terre, on en prend encore plein les yeux…la ville est vraiment magnifique, que ce soit les bâtiments, les effets de lumières, les effets de fumées, le tout rend impeccablement. Les missions, au nombre de douze, s’enchaîneront de manières automatiques et seront séparées par un court écran noir de chargement mais surtout et il est important de le noter : par un survol en helicopter entre chaque zone de combat. Il n’y a donc pas de chargement à proprement parler mais plutôt des scènes transitives dans lesquelles vous serez parfois amené à tirer sur des troupes ennemies ou encore détruire des convois. Bon point donc que sont ces « minis missions » qui vous donneront une impression de continuité dans le jeu.
A chaque mission son style, vous commencez parfois seul, parfois accompagné de trois camarades que vous pourrez choisir en fonction de leur équipement et donc de vos besoin. A noter que vous pourrez bien sur choisir votre arme, en sachant que celle prédéfinie par le jeu représente souvent le meilleur compromis. Ce type de choix peut s’opérer dès le début d’une mission tout comme en cours de mission, si l’on juge que vous avez besoin de renfort. Au fur et à mesure que les missions se dessinent, on se rend compte d’une certaine disparité entre elles…En effet, bien que l’on se retrouve souvent en face de gros blindés, de snipers ou encore de simples soldats, les objectifs ne sont jamais les mêmes. Infiltration, destruction, défense, action pure sont autant de type qui se mélange dans l’histoire de GRAW et on peut saluer cette diversité qui nous assure de bons moments sans monotonie. Un petit bémol cependant concernant les deux dernières missions qui ne sont qu’un retour sur des lieux déjà visités….en bref, un étrange remake qui en rebutera sûrement certain.
Autre point intéressant, si il est fréquent de trouver sur son passage de gros points de résistance, on peut compter également sur la présence de chars alliés, drone ou encore apache pour mener à bien nos objectifs…ah les objectifs…GRAW fait parti de l’un des rare jeu où vous partez pour une mission « discrétion/mode sniper » pour finir en « action/mode bourrin ». Autant le dire tout de suite, la diversité des objectifs et les moults renversements de situation lors d’une mission renforcent l’intérêt et maintiennent la pression.
Seul point négatif ici, les rues de Mexico sont vides…..ok nous sommes en temps de guerre mais où sont les civils ? Bref a part les ennemis on sent un manque réel de vie dans les différents niveaux…dommage.

Mieux vaut être seul que mal accompagné…

Si il y a quelque chose d’autre à regretter dans GRAW c’est bel et bien l’ I.A qui est assez déplorable. Il n’est pas rare de voir des ennemis rester à découvert lors d’une fusillade, ou encore de voir vos coéquipiers faire de même. Ainsi lors d’échanges de tirs importants il est courant de voir vos coéquipiers rester debout en pleine rue essayant de dénicher le salopard qui tire en face alors que se coucher au sol serait bien plus pratique….Mais détrompez vous : « oui ils savent ramper » ou avoir des attitudes logiques lorsqu’ils sentent que le danger approche mais ces petits défauts vous feront sûrement grincer des dents à plusieurs reprises. Si bien que, force est de constater qu’il est parfois plus simple de se débrouiller seul qu’accompagné d’hommes dénués de toutes craintes. Mais passons ce point pour en venir à celui qui en découle directement : soigner un Ghost. Et bien rien de plus simple il vous suffit de donner l’ordre d’aller soigner le blessé, à un de vos hommes ou bien d’y aller vous-même à vos risques et périls. On assiste alors à une scène de soins très bien détaillée et réaliste où l’on voit le Ghost soigner son camarade au milieu du combat en lui tenant la tête et en lui parlant….touchant n’est-ce pas ? bien que l’on se demande comment l’on arrive à remettre sur jambe un gars s’étant pris un obus en pleine face, juste avec de petits soins rapides mais bon… on est dans un jeux vidéo non ?

Et la technique dans tout ça ?

Sur le plan graphique et comme cité plus haut c’est une réussite. Mis à part quelques missions dont celles de nuits, l’ensemble est très beau. Les textures se veulent fines en général mais parfois grossières, c’est assez inégal. Le jeu des lumières est lui parfaitement maîtrisé et donne à Mexico une ambiance unique. Les effets de chaleurs sont quant à eux bluffant et les explosions magnifiques. Mais là où le bas blesse c’est lorsque l’on aborde l’histoire de la fluidité. Ayant tiré parti pour la première fois des trois cores de la console, Ubisoft nous avait promis du 30 fps constant…Sur la moyenne on ne doit pas en être loin mais en pratique ce n’est pas vraiment constant. La baisse de frame-rate ne se fait vraiment sentir que deux ou trois fois dans le jeu au point d’avoir du mal à jouer, mais tout en restant jouable il arrive fréquemment qu’il y ait des micro-sauts d’image, ou encore de petits ralentissements lors des mouvements de caméra rapides….ça ne rame pas vraiment mais on sent une certaine difficulté à certains endroit et ce même en 60 Hz, vraiment dommage. Le moteur souffre également de faiblesses lorsque surviennent de grosses explosions, la gestion des particules semble peu optimisée. Mais ne nous voilons pas la face nous avons ici en terme de graphismes l’un des plus beau jeux Xbox 360 à ce jour. La jouabilité est bonne bien que ponctuée de nombreux bugs visuels ou encore de gameplay…mais espérons qu’Ubisoft y mettra un terme au moyen d’un patch correctif. Mais en somme GRAW s’avère fluide et très jouable.
Il est important de signaler que le mode multijoueur bénéficie d’une réalisation très correcte bien qu’en dessous de celle de la campagne solo ainsi qu’une seule vue disponible : celle à la 1ère personne.
La bande son quant à elle est un bonheur, que ce soit au niveau des musiques Rock ou bien des bruitages, la qualité est là et participe à l’immersion. Le doublage est d’ailleurs tout à fait crédible.

Mission menée à bien ?

L’impression qui ressort de ce nouvel opus est très positive. Disposant de graphisme somptueux, d’un moteur graphique très performant, d’un gameplay agréable quoique dur à adopter et d’une durée de vie honorable, GRAW a sa place dans votre ludothèque. Sacrifiant quelque peu le tactique au profit d’un coté action grand public bien plus prononcé, GRAW continue sur sa lancée, visant un public de plus en plus large. Ayant un mode multijoueur attractif et complet, GRAW s’affiche donc comme la référence actuelle dans la catégorie shoot/tactique.