Key of Heaven

Les aventures de Shinbu en exclusivité sur PSP

Key of Heaven, appelé Kingdom of Paradise au Japon, est l’un de ces jeux très attendu par les possesseurs de PSP en mal d’action-RPG. Pour les joueurs en mal de softs inédits sur cette portable, la nouvelle saga made in Sony apparaissait alors comme le Messie. Résultat : malheureusement une déception.

Seiryu, la douce Suzaku, Byakko, Genbu et Kirin.

Le scénario de Key of Heaven prend place dans un monde divisé en 5 clans, tous pratiquant un bugei (technique de combat) différent et protégeant l’un des 5 dieux : Seiryu, le dragon, Suzaku, l’oiseau de feu, Byakko, le tigre blanc, Genbu, la tortue et Kirin, la licorne. Vous incarnez Shinbu, ancien disciple de Seiryu renvoyé du clan pour avoir lu sans autorisation les écrits d’un monument sacré. Alors qu’il rentre d’un entraînement, il tombe sur Sui Lin, jeune fille du clan Seiryu à la recherche d’un certain Shinbu. En effet, son peuple s’est vu décimé et l’épée du seigneur, volé. Implorant notre jeune guerrier de retrouver l’épée et de reconstruire le clan, tous deux partent alors à l’aventure pour découvrir les complots du clan Kirin.
Bon, on a encore le droit au scénario simple du héros pour qui tout semble aller bien jusqu’à ce qu’une fille se ramène avec tous ses problèmes. Décidément, on va finir par croire que les scénaristes de RPG sont misogynes. Aeris, Linoa, Grenat ou encore Yuna pour les Final Fantasy, Meredy pour Tales of Eternia, Shana pour The Legend of Dragoon… Toutes des sources de problèmes !!!
Mais excusez moi, je m’égare. Revenons sur le scénario de Key of Heaven. Remplis de noms à consonances chinoises que les dialogues nous servent en bloc, on arrive rapidement à décrocher et à ne plus vraiment comprendre qu’est-ce qu’on fait exactement là. On en arriverait presque à dire qu’heureusement, c’est court (une quinzaine d’heures) avec ces 5 mondes à explorer. Même si la trame principale est facile à suivre, on a ce curieux et désagréable sentiment de ne rien comprendre aux subtilités de l’histoire. De ce fait, il est difficile de vraiment se passionner au scénario de Shinbu. Heureusement que le guerrier est agréable à contrôler !

Créer son propre bugei !

Dans Key of Heaven, pas besoin de combinaisons complexes de touches puisqu’il suffit simplement d’appuyer sur la touche rond à répétition pour que Shinbu exécute son combo. Dit comme ça, on peut croire que le gameplay n’est guère passionnant. Et pourtant, la grande originalité de Key of Heaven est dans la personnalisation des techniques de combat. Au tout départ, vous ne disposez que de combos imposés reprenant exclusivement des attaques des différents clans, les kenpus, alignés dans un ordre défini. Mais très vite, vous obtiendrez un parchemin libre. A partir de là, alignez dans l’ordre que vous voulez les kenpus récupérer sur les corps de vos ennemis pour personnaliser votre combo. On en vient alors à créer des chorégraphies aussi stylées que destructrices pour Shinbu et si l’absence de « lock » peut paraître au début un défaut, on comprend très vite que sans lui, les combos seraient bien moins efficaces face aux groupes d’ennemis.
Mais quel A-RPG se contenterait d’un héros qui ne sait manipuler que son sabre ? En effet, Shinbu est une fine lame mais c’est aussi un excellent magicien. Une pression longue sur la touche carrée permet de recharger votre énergie, le chi, et aussitôt prêt, notre guerrier peut lancer les éclairs foudroyants de Seiryu, les flammes brûlantes de Suzaku, le vent violent de Byakko, les eaux agités de Genbu ou les blocs de terre de Kirin. Pas vraiment spectaculaires, ses attaques n’en sont pas moins efficaces et de plus, aisément lançable au milieu d’un combo à l’épée.

On avance, on avance, on avance…

Cependant, même le gameplay qui reste le point fort du jeu n’est pas exempt de défauts. La garde est par exemple très mal pensée. Il faut maintenir la touche rond, la même que pour l’attaque, et ce n’est qu’au bout de quelques attaques prises que Shinbu bloquera et esquivera. Pas vraiment pratique même si la garde a son utilité et vous sauvera parfois de justesse d’une mort horrible.
Autre défaut qui concerne cette fois-ci l’exploration, Key of Heaven est bien en 3D… Je tiens à le préciser car parfois, on s’en poserait presque la question en avançant dans l’aventure. Pour progresser, on avance vers la droite ou vers la gauche mais rarement vers le haut, le bas, ou encore les diagonales. On aurait presque l’impression que le monde de Key of Heaven est une gigantesque ligne droite. Même les villages sont construits de cette façon !
Enfin, dernier défaut qui n’en est un que pour les maniaques du rangement d’inventaires dont je fais partie : pas moyen de classer par type d’objet ! Erreur frustrante ! Gros défaut ! Pas bien ! … … … … Je me tais…

En conclusion, Key of Heaven est l’un de ces jeux à fort potentiel mais bourrés de défauts facilement corrigeables : un scénario plus long et plus simple, un monde plus grand et un gameplay à remanier légèrement, cela suffirait pour passer facilement d’un 13 à 18 ! Vraiment dommage car graphiquement, le jeu est très beau à regarder et l'idée des combos à créer soi-même est vraiment bien pensée. Allez, on se remet au travail pour un Key of Heaven 2 !