Boules du dragon, fruits du démon et renards démoniaques

Vive le Jump !

Shonen Jump est LE magazine hebdomadaire référence pour les petits japonais. Chaque semaine, ils suivent des séries prestigieuses même en France comme Dragon Ball, One Piece, Naruto, Eyeshield 21, Yu-Gi-Oh !, Bleach etc.
L’univers Jump est donc un univers rempli de héros haut en couleur que l’on a pu retrouver dans le très réussi Jump Super Stars sur Nintendo DS. Ce jeu de combat de mêlée ayant ouvert la voie, il était donc naturel que Namco Bandaï, soucieux de satisfaire ses fans et ses actionnaires, sortent un jeu du même genre sur les 2 consoles de salon les plus populaires au Japon : la Playstation 2 et la GameCube. Battle Stadium D.O.N. ne réunit pas tous les héros du Jump mais vous propose de faire s’affronter les héros des séries ultra-populaires que sont Dragon Ball, One Piece et Naruto. Ca y est, vous comprenez le « D.O.N » maintenant ?


Quand un saiyan rencontre un ninja espiègle et un pirate élastique…

Dans l’introduction du jeu, quelques questions viennent rapidement nous tourmenter : pourquoi Luffy vole-t-il les ramens de Naruto ? Que fait San Goku à Konoha ? Pourquoi nos trois héros s’en prennent-ils les uns aux autres ? Malheureusement, ces questions resteront sans réponses puisque Battle Stadium D.O.N. n’a aucun scénario justifiant ces rixes. Vu que le boss final de chaque personnage dans le mode « battle solo » s’avère être Cell, on peut s’imaginer que l’androïde organique du docteur Gero est l’instigateur d’un tournoi visant à le vaincre, un Cell Game avec plus de participants que dans le manga de Toriyama. Mais après tout, pourquoi vouloir trouver une justification à un jeu de mêlée ?! Certes, on regrette que la cinématique de fin, aussi sympathique soit elle, soit la même pour tous, mais on ne s’attendait pas non plus à un scénario complexe pour justifier la réunion de Goku, Luffy et Naruto. A-t-on toujours besoin d’une raison pour se retrouver entre potes et se filer des roustes ?
Dommage par contre que peu de cartons d’invitation aient été envoyés puisque seulement une vingtaine de personnages sont disponibles (14 disponibles au départ et 6 à débloquer). Ce choix est regrettable, d’autant plus que les 3 séries sont chacune bourrées de personnages cultes que l’on aurait aimé voir remplir l’écran de sélection. De plus, pour débloquer Trunks, Nami, Usopp, Frieza, Majin Buu et Cell, il faut jouer à la roulette grâce à des jetons gagnés dans le mode solo. Il faut alors beaucoup de chance (et de patience) pour obtenir ces 6 personnages et les nouvelles arènes.

Kage Bunshin Gomu Gomu no Kamehameha

Les commandes de ce Battle Stadium D.O.N. sont simples. Après tout, c’est un jeu de mêlée, pas un Soul Calibur ni un Virtua Fighter. On ne lui demande pas d’être technique, simplement défoulant… c’est le genre qui veut ça. Carré est préposé aux attaques simples, Triangle, aux attaques consommant de l’énergie, la Croix permet de sauter et, lorsque votre barre d’énergie devient jaune, une pression plus ou moins longue sur la touche Rond permet de lancer une attaque spéciale comme le Genkidama pour Goku, le Rasengan pour Naruto ou encore le feu d’artifice de Luffy. Les boutons de la tranche servent eux à la protection et à la projection. Vous partagez une barre de vie avec vos adversaires. En leur infligeant des dégâts, votre couleur remplit de plus en plus la barre de vie et celui qui remplit toute la barre ou qui y a imposé sa couleur à la fin de la partie remporte la partie. Une prise en main simple, sans prise de tête pour rapidement prendre du plaisir en multi-joueurs. Vous évoluez ainsi dans des arènes connues comme le bateau de Luffy ou la planète Namek en passe d’être détruite, remplies de bonus mais aussi de malus, combattant jusqu’à 4 pour des parties vraiment jouissives. On se combat, on s’énerve, on se ligue contre la personne en mode Burst (activé dès que l’un des joueurs a conquis plus de 75% de la barre de vie, le personnage voit alors ses capacités augmenter).
En solo par contre, il vous faut remplir des missions dont les indications se trouvent en début de combat, compliquant la tâche des non-japonisants. Pas franchement passionnant, il vous faudra pourtant parcourir ce mode plusieurs fois puisque comme je vous l’ai dit, c’est l’unique moyen d’obtenir les jetons permettant de jouer à la roulette débloquant les secrets du jeu. Un principe franchement redondant qui en découragera plus d’un à obtenir tous ces bonus.

Winner ?

Battle Stadium D.O.N. est une réussite graphique. Les personnages sont très bien modélisés et bougent très bien. C’est d’ailleurs le seul point du jeu où l’on ne ressent pas cet arrière goût de travail bâclé. Les développeurs de Namco Bandaï ne sont pas dépourvus de talent : il n’y a qu’à voir aussi l’excellent travail sur la jouabilité, cependant, reste cette impression qu’ils n’ont finalement eu que peu de temps pour exprimer leur talent. Peu d’arènes, peu de personnages, un mode solo ennuyeux… Ce sont là les symptômes d’un jeu ayant bénéficié d’un délai insuffisant. C’est vraiment regrettable car pad en main, on se rend bien vite compte du potentiel du titre. On en vient rapidement à espérer une deuxième tentative pour faire de ce jeu un incontournable du genre, surpassant même les Smash Bros.