Gabriel Logan filtre ton syphon

Un syphon, phon, phon…

Ma mission si je l’accepte : me procurer un exemplaire de Syphon Filter : Dark Mirror sur PSP, tester le jeu et le publier ce PG. Pour la première partie, je me dirige donc chez mon revendeur habituel. Je lui dis bonjour, il me dit bonjour. Je lui demande « Syphon Filter : Dark Mirror s’il vous plaît », il me répond « tout de suite » . L’échange se fait sans anicroches, mon revendeur me rappelant même que j’ai 9€ de réduction sur cet achat. Le jeu payé et la partie onéreuse du plan étant accomplie, il est temps pour moi de rentrer rejoindre la PSP, seule habilité à lire cette UMD, pour accomplir la tâche non moins périlleuse que de vous donner mes impressions sur ce qui s’avère sans aucun doute le killer de Splinter Cell sur PSP et un sérieux concurrent au futur Metal Gear Solid Portable Ops.

Il était une fois en Alaska...

Le héros de la saga depuis le tout premier épisode et qui l’avait cependant délaissé pour le passage sur PS2 revient pour cet épisode PSP inédit. Après avoir résolu l’affaire Syphon Filter ayant mis en cause ses supérieurs de l’Agence, organisme secret anti terroriste, Gabriel Logan ou Gabe pour les intimes, est devenu chef d’une nouvelle Agence. Ses agents sont employés par le gouvernement lorsque l’opération ne doit pas faire d’éclaboussures. Dans Dark Mirror, Gabe est envoyé en Alaska où les terroristes de l’organisme Red Section s’attaquent à une raffinerie. Conscient que quelque chose cloche dans cette affaire, il se lance tout de même avec sa partenaire, la charmante Lian Xing, dans une aventure qui les feront voyager aux 4 coins du monde, tout ça pour découvrir ce qui se cache derrière le projet Dark Mirror.

Gabe Logan is back… and he is not très content !

Le synopsis de départ n’est pas sans rappelé celui de Metal Gear Solid : des terroristes investissant une base en Alaska pour une arme secrète rappelle en effet Shadow Moses. Malheureusement, le scénario de Syphon Filter est en fin de compte beaucoup plus proche d’un autre jeu d’infiltration : Splinter Cell, plus réaliste mais finalement, beaucoup moins accrocheur. Gabriel Logan n’a finalement de charismatique que son nom, prénom et pseudo mais manque cruellement de densité comme tous les autres personnages du jeu à commencé par les boss et leurs noms de code cheap (Red Jack, Black King…). Ils sont d’ailleurs à peine plus puissants que les soldats normaux et combattent avec de simples mitraillettes ou lance-flammes. Seule la situation où vous les affrontez s’avère finalement différente. Comme je vous le disais, c’est plus réaliste qu’un type rachitique se baladant avec un masque à gaz ou encore un redoutable sniper de 110 ans, mais après tout, le plus important est-il le réalisme ou le plaisir de jeu ?

Une maniabilité bizarre… mais efficace !

S’il y a bien quelque chose qui a été reproché aux jeux PSP, c’est l’absence d’un deuxième stick analogique qui handicapait la plupart des jeux. Et bien les développeurs de chez Sony sont des débrouillards et ont pensé à un moyen d’avoir un deuxième stick… en ajoutant un accessoire ? Non ! En utilisant les boutons croix, carré, triangle et rond. Déroutant ? Oui, au début. Maniable ? Je confirme ! Après un temps d’adaptation dans la salle d’entraînement où vous vous en prenez à de pauvres stagiaires de l’Agence, l’utilisation des boutons croix, carré, triangle et rond s’avère tout à fait intuitive pour la visée alors que le stick analogique sert pour les déplacements. La croix directionnelle, elle, sert pour les interactions avec le décor ainsi que la gestion de l’inventaire. Une maniabilité bizarre comme je vous le dis dans le titre, mais qui fait ses preuves.
On parvient sans mal à jouer dans la finesse comme dans le bourrin. Le jeu n’impose en effet aucune méthode. Imaginez un Splinter Cell où vos supérieurs ne vous engueulez pas tout le temps en vous ordonnant de refaire la mission si vous êtes repérés et vous aurez déjà une petite idée de ce que vous aurez dans Syphon Filter. Bien sûr, il est plus grisant d’égorger discrètement les ennemis et de passer un niveau sans jamais se faire toucher que de foncer dans le tas et de voir Gabe au seuil de la mort à chaque instant, d’autant qu’encerclé par des ennemis, la visée manuelle devient difficile tout comme la visée automatique qui peine à gérer les changements de cibles.

Que vous êtes belle miss Xing !

Techniquement, Syphon Filter Dark Mirror s’avère d’une beauté égale et peut être même supérieure à Daxter. Les visages des personnages sont très bien réalisés et le jeu serait tout à fait portable sur PS2 sans que cela ne soit choquant sur salon. On voit qu’au moins, Sony maîtrise sa console !
Côté son, le doublage français est bien réalisé avec Stephane Cornicard (Liquid Snake dans Metal Gear Solid) dans le rôle de Gabriel Logan. Pour les ennemis par contre, on retrouve un peu toujours les mêmes voix mais ce n’est pas une surprise : désignez-moi un jeu où chaque ennemi dispose de son propre comédien de doublage ?
Musicalement, l’ambiance est aussi l’œuvre de Mark Snow dont le travail est surtout connu pour X-Files. Même si les morceaux ne sont pas marquants, ils suffisent largement à ponctuer l’action quand il faut.

Bilan de la mission

Syphon Filter aurait mérité un scénario moins alambiqué tant le gameplay est très bon. Les fusillades sont un régal et l’absence de deuxième stick analogique ne se fait même pas sentir. Référence d’action et même référence sur PSP, Syphon Filter mérite sa place dans votre ludothèque, d’autant que s’il faut 10h pour le terminer (normal pour ce type de jeu), on se remet au modo solo assez facilement histoire de débloquer les bonus.
Et puis pour ceux qui ont le Wifi, le multijoueur vous permettra de rallonger la durée de vie de quelques bonnes heures à fragger. Il n'y a pas encore grand monde sur le serveur mais ça ne laggue pas. Il n'y a certes pas grand chose à faire mais on s'amuse et n'est-ce pas là l'essentiel ?