Beaucoup d'ennemis, beaucoup de pépins

La loi du beat'm all : jouissif mais limité. La situation : Dynasty Warriors, référence ultime depuis des années. Ninety-Nine Nights est là pour booster les choses, que ce soit dans l'historique des beat'm all, que dans le dynamisme des ventes de 360. Cette dernière chose a raté au Japon, mais ce n'est pas une raison pour que l'Europe s'en prive... Seulement, au travers des images, le soft avait un poids énorme et semblait être en pôle position, pad en main c'est tout autre chose...

Déluge d'effets !

On s'attaque à la première chose visible : les graphismes. On a eu le temps de les remarquer tout au long de l'actualité, et c'est sans surprise que la qualité est confirmée, N3 est magnifique à l'écran. Que ce soit dans les images de synthèse ou dans l'action, ça fourmille de mouvements, de lumières, de personnages, tout ceci est très fin, sur ce coup la 360 est bien exploitée et fait bruler la rétine.
En pleine bataille, ce sont des centaines de personnages à l'écran qui sont en plein mouvements avec vous au centre qui les repousse dans tous les sens, ça défoule réellement. Non seulement c'est ultra libérateur puisque c'est un beat'm all mais cette sensation de sur-puissance à balayer une centaine d'ennemis est tout simplement extra.
Ceci est renforcé par toutes les attaques spéciales qui déferlent à travers l'écran, les flammes traversent les ennemis, la lumière éblouie même votre écran, et tout ça en pleine bataille vivante. Clair que sur ce point, qui est le point le plus fort, N3 a réussi le pari, c'est très impressionnant.

SOS problèmes techniques

C'est beau, c'est génial mais conséquence de ceci, des problèmes techniques assez gênants. Il arrive souvent que trop d'éléments à l'écran provoque des ralentissements, chose bien peu agréable dans un jeu où les réflexes et l'instantanéité sont de mises... Qui plus est, il arrive que trop entouré avec une caméra un peu éloignée, nous n'avons pas une bonne visibilité. Et surmené, votre héros ne sera plus dans votre champs de vision, bonjour la galère pour vous rétablir... On l'a dit, le point fort est aussi ce dynamisme du combat, dynamisme qui emballe la caméra et à le don de buger, oui, buger avec une gestion de collision qui est parfois foireuse, il arrive que vous n'avez plus du tout la scène d'action sous le yeux remplacée par un vulgaire ramassis de feuillages...
Franchement, c'est non seulement désagréable pour le joueur qui doit frapper et enchaîner les combos envers un nombre impressionnant d'ennemis mais c'est aussi un ensemble de problèmes techniques qui ne se voit plus depuis plusieurs années... On a une next-gen qui est utilisée à double tranchant : "c'est super impressionnant mais vous inquiétiez pas, des fois vous allez avoir des bugs"...
Alors que formellement, la jouabilité fonctionne très bien, c'est à dire que les commandes répondent bien mais elle est handicapé par ces problèmes de ralentissements, bugs de collisions, caméras mal placées qui nuisent au confort et plaisir du jeu tel qu'il aurait dû être.

Un intérêt qui n'évite pas la déception...

Si on reste scolaire, on en déduit que les graphismes sont bons, mais la jouabilité pêche à cause des bugs, il reste donc à voir si la durée de vie est suffisamment conséquente et intéressante. Nous avons droit à 7 personnages totalement différents dans leur jouabilité que ce soit un barbare, un mage, une amazone, etc. Bref, un bon point qui permet de relancer l'intérêt du jeu au scénario des biens plus légers et ininteressants qui soit. En fait, beaucoup trop stéréotypé, le l'histoire ne vous permettra pas vraiment de pénétrer dans l'histoire, seul le plaisir des batailles le permet, même si les personnages ont un design assez séduisant bien que tâtonnant entre du fantaisiste occidental et du mysticisme orientale : original, certains n'aimeront pas mais c'est une question de goût, cela ne retire pas cette qualité visuelle qui permet d'être dans le feu de l'action. La bande sonore renforce aussi cette aspect et cet élan même si les voix auraient pu être d'une bien meilleure qualité puisqu' uniquement en anglais et casse justement cette particularité d'ambiance d'extrême-orient...

Là où N3 voulait se différencier du must de Koei, c'est un ajout tactique dans les niveaux. En effet, vous devrez sélectionner deux troupes pour partir avec vous, c'est à choisir entre quatre types différents : infanterie, infanterie lourde, lanciers et archers ; chacun ayant leur spécificité bien entendu. On est donc en droit d'attendre un doublon entre la bataille solo et la gestion de son armé. Hélas non, car vous n'avez le choix qu'entre les ordres "avancez" et "attendez"... Le gros problème vient aussi que ce sont plutôt des boulets car là où vous battez un ennemi en quelques secondes, vos armés mettent trois plombes... L'aspect stratégique est au plus plat, que vous avancez pour attaquer l'ennemi ou rester pour défendre ça reviendra au même et mise à part justifier le spectacle, ceci n'apporte bien peu de chose au jeu proprement dit.


N3 avait la côte auprès des joueurs et c'est légitime car N3 est un pur joyau visuel. Jouant la carte du spectaculaire et de l'épique sur fond oriental enivrant, le pari est réussi de ce coté. Hélas, un jeu se joue, comme son nom l'indique, et là le mât blesse car en plus d'un intérêt limité dû au genre, nous avons droit à sept personnages jouables et des artworks à débloquer contre une centaine de personnages avec un Dynasty Warriors. Xbox 360 est LA console du online... Cette dernière option est aussi absente et on peut dire que ceci aurait fait la différence pour la durée de vie assez faiblarde. Mais le plus ennuyeux est que derrière ce voile de beauté se cache, pad en main, un retour en arrière dans le debogage de jeux qui gêne franchement le joueur. Il y a toujours un des défauts citées plus haut qui rappelle le manque de maîtrise dans la programmation du soft. C'est là qu'on se dit que la next-gen n'en est qu'à ses balbutiements et Mizuguchi devrait rester dans l'univers du puzzle graphique qui lui semble personnel et plus praticable.