Megaman ZX

Créé en 1987 par Keiji Inafune, à qui l’on doit également des chefs d’œuvre comme Street Fighter, Onimusha et plus récemment Dead Rising, Megaman (Rockman au Japon) est certainement la série la plus longue de l’histoire vidéoludique. De qualité très inégale, il est vrai, on retiendra tout particulièrement deux grandes sagas, qui tout en gardant le concept de base du jeu, lui donnait un coup de jeune indiscutable, nouveau look des protagonistes, scénario plus adulte et gameplay plus rythmé. Ces deux grandes parties, se suivant scénaristiquement, sont Megaman X (8 épisodes) et Megaman Zero (4 chapitres sur GBA). La relève est enfin là, et c’est la DS qui a l’honneur de nous offrir cette nouvelle saison.

X et Zero, héros d’un autre temps

La guerre est finie depuis quelques années entre les humains (protégés par X et Zero) et les Mavericks, une armée de reploids rebelles (des robots en fait, pour ceux qui ne connaîtraient pas la série). Un accord a même été conclu, permettant aux humains d’acquérir la même puissance que les reploids, et à ces derniers de devenir mortels et de ne plus servir leurs congénères. Si bien que il est désormais impossible de faire la différence entre l’un ou l’autre. La paix est bien installée, Serpent, le dirigeant de la Slighter Inc, une société qui a découvert une nouvelle source d’énergie, passe pour un héros aux yeux du monde entier. Cependant tout le monde ne voit pas Serpent du même œil, et les Guardians sont créés afin de surveiller le comportement de plus en plus étrange du dirigeant. On incarne le rôle d’un livreur (ne riez pas) nommé Vent ou Aile selon son choix en début de partie. Travaillant pour la compagnie Giro Express, Vent/Aile et son « Boss » Giro, ont un important colis à remettre aux Guardians, mais en chemin ils sont attaqués par un groupe de reploids. Il découvre alors dans le colis un Biometal, une sorte d’artefact renfermant l’esprit d’un ancien guerrier qui n’est ni plus ni moins, celui de X. Afin qu’il se sorte de cette situation périlleuse, X lui demande d’activer le Biometal et… Vent/Aile devient le nouveau Megaman !!

Capcom, roi du gameplay

Tout de suite, on retrouve ses marques, et il suffit d’une minute pour savoir manier le robot bleu. Les mouvements bien connus des fans sont présents, on peut donc utiliser le fameux boost, permettant de traverser les niveaux à une vitesse fulgurante, grimper et glisser le long des parois, et bien entendu, tirer grâce au X-Buster (l’avant-bras canon de Megaman), par rafale ou en concentrant l’arme pour emmagasiner de la puissance. Plus tard, sans dévoiler la trame principale du jeu, on utilisera également le Z-Saber, permettant des enchaînements au corps à corps bien plus puissant, mais également plus risqués. Un jeu qui fait furieusement pensé à la saga « Zero », tant au niveau du gameplay qu’au niveau du déroulement du jeu. On passera par exemple par un QG entre chaque niveau pour accepter diverses missions rapportant de l’argent et quelques items. Pas de nouveautés ? Les niveaux suivants prouvent que Capcom ne prend pas les fans pour des moutons (en tout cas pas toujours) et qu’ils ont encore quelques bonnes idées.

La particularité de Megaman, c’est sa faculté de s’approprier le pouvoir des ennemis vaincus. On ne change pas une recette qui marche, mais cette fois on l’étoffe, ou plutôt, on l’épice. En effet, alors que dans les anciens chapitres, il suffisait de trouver l’ordre de passage des boss, chacun étant ultra sensible à un type d’arme (le vent contre le feu, le feu contre la glace…), dans ce ZX, on va tenter de contourner le point faible de l’ennemi, pour deux raisons. La première c’est que si on abuse trop de son point faible, qui, il est vrai, permettra de lui infliger des dégâts plus que conséquents, on risque de revoir le boss apparaître plus tard dans le jeu, et ce à l’infini tant qu’on ne l’aura pas vaincu « à la loyale ». La seconde, qui s’avère être la plus intéressante, concerne le biometal (entre autre, le pouvoir) qu’on obtiendra une fois l’ennemi détruit. Ce biometal, étant le point faible de chacun des boss, sera plus ou moins endommagé selon la façon qu’on aura combattu. Demandant de coûteuses réparations pour pouvoir profiter pleinement des différents pouvoirs.

Autre gros points positifs de ce ZX, les pouvoirs justement. Ici, ils ne donnent pas seulement une faculté élémentaire aux attaques, mais changent complètement la forme du héros. Tout comme le premier biometal « X », ceux trouvé par la suite renferme un ancien guerrier (venant de la série « Zero »). Chacune étant très différente, switcher d’une forme à l’autre devient vite indispensable pour progresser dans les niveaux. Ainsi, la forme « HX » est aérienne, c’est la forme la plus mobile mais elle manque de puissance, transformé ainsi, l’écran inférieur permet de repérer les points faibles des ennemis. « FX» a un comportement aux antipodes de « HX » obligeant le joueur à être plus statique, puisque le déplacement devient impossible en tirant mais sa puissance de feu est incontestable. L’écran tactile permet, de plus, de décider de la direction des tirs, pour des salves destructrices. « LX » quand à elle est la forme aquatique, et on regrettera qu’elle ne soit utile que dans l’eau, si ce n’est que le second écran repère les objets environnants. D’autres formes sont présentes, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir.

Techniquement, ça vaut un Zero !

Un compliment bien entendu, puisque je fais référence à la série sur GBA. On se retrouve avec la même patte graphique, mais le tout plus fin, on est sur DS tout de même. Ça ne casse pas des briques non plus, mais l’effort a été fait, et on appréciera, les différents plans de fond, les décors variés, et les animations donnant un peu de vie au tout. Les personnages sont également très détaillés et malgré la taille des sprites, tous très différents (on parle rarement à un clone comme il est courant dans ce type de jeu). Les musiques sont aussi très agréables à écouter, et en rapport avec la situation. Elle n’arrive pas au niveau de celle de Megaman X premier du nom, mais faut se faire une raison, elles étaient exceptionnelles ! Chapeau également pour les cinématiques qui parsèment le jeu, de bons petits animes bien compressés, et arrivant à point nommé dans l’aventure.

Court circuit

Megaman ZX n’est pas sans défaut. Le premier est certainement la possibilité d’incarner deux personnages, Vent ou Aile, c’est bien, mais où est l’intérêt quand la différence entre les deux protagonistes s’arrêtent à leur coupe de cheveux, leurs voix et au fait que l’un préfère les pantalons aux shorts. On aurait aimé une réelle différence dans la façon de jouer et non juste la possibilité d’incarner une fille ou un garçon. L’utilisation des deux écrans est présente, mais reste trop limitée, comme un certain Castlevania. Ça aurait mérité que les développeurs se penchent plus sérieusement sur cette fonctionnalité qui fait le charme de la machine (par exemple en permettant de se transformer via l’écran tactile, rendant le tout encore plus dynamique). Enfin le dernier point noir est récurent à toute la série : la difficulté. Autant prévenir les joueurs occasionnels, si vous n’êtes pas du genre acharné et patient, passé votre chemin, Megaman ZX malgré un design enfantin n’est pas à mettre entre toutes les mains… en tout cas, pas des mains humaines !

Capcom réussit une nouvelle fois à faire revivre le mythe Megaman. Gardant les ingrédients qui font le charme de la série, et trouvant toujours le petit truc qui nous fait accrocher. La difficulté en rebutera plus d’un (dans le pire des cas un mode easy est présent), mais le gameplay est si intense et varié qu’il serait dommage de ne pas au moins l’essayer. En ce qui concerne les fans, pas besoin de leur dire de se ruer dessus, ils l’ont déjà !