Georges est de retour avec son lot de péripeties...

"Je m'appelle Georges, je viens de la planète Zebulon" Voilà la présentation de Georges Stobbart aux gardiens du Vatican... Baphomet revient pour une énième fois nous emmener dans une intrigue bourré de mystères, humour et énigmes. Une recette qui a été quelque peu blessé avec le choix du passage en 3D lors du troisième épisode.
Voici le quatrième et la question qui taraude tout le monde : la série a t-il opéré un retour aux sources efficace ? On joue la carte explicatif car la réponse est nuancée...

Je pointe, je clique et je joue !

Annoncé comme un retour aux sources, ce volet promet effectivement le retour prévu, en tout cas pour le gameplay. En effet, là où Voynich avait un système automatisé du repérage d'éléments interactifs, comprenait par là qu'il sufisait passer devant pour que l'on repère une chose importante, Salomon lui, reprend la bonne vieille souris et il faudra balayer l'écran à la recherche d'indices et aussi d'action.
Très simple, lorsque quelque chose d'intéressant est pointé, une action par défaut apparaît, un click droit et vous avez toutes les possibilités. Rien de nouveau là dessus, vous avez l'oeil, la loupe, l'engrenage, prendre mais aussi les actions "déplacer" et "suspendre" ou "enjamber".
Les habitués vont reprendre leurs bon vieux réflexes donc et les novices trouveront une jouabilité d'une rare efficacité, une excellente chose donc.

Les énigmes sont aussi du coup plus difficiles que le troisième volet mais plus accessible que les deux premiers. Cela dit, il y a pas d'écarts de difficultés entre les énigmes. Là on quelque chose peut être évident, il y a une façon de procéder assez foireuse. C'est à dire qu'il y a souvent des cas où vous savez ce qu'il faut faire mais il faut trouver la bonne façon de faire. C'est un coup à prendre mais mine de rien, on perd un peu de créativité. Là où dans les deux anciens Baphomet il fallait occuper un chat, mettre en difficulté un géologue et rendre colérique deux vielles dames, juste pour entrer dans un musée est révolue. On a des choses plus simples qui consistent généralement à éloigner les personnes, on a moins de variété d'énigmes comme draguer un colonel avec Nico, pendant que Georges se libère, par exemple.
Bref, des énigmes plus accessibles mais avec une difficulté mal placée qui joue surtout sur un ordre de procédés et non sur l'action à exécuter, donnant ainsi un jeu plus plat et plus standard.

Georges a toujours hérité de Indinna Jones

Le troisième volet permettait aussi de se la jouer à la Indianna, escalader des pans de murs, être furtif, ou bien résoudre des énigmes à base de caisses. dans ce volet, certains éléments ont été garder mais utilisé avec parcimonie pour laisser la belle place aux énigmes. Il y aura donc des passages à base d'escalades entre autre, et même si cela n'apporte rien concrètement, ça varie la palette d'actions et permet de jouer avec le décors 3D (pour rappel, il y avait une séquence escalade dans le premier Baphomet).
Concernant les caisses, les énigmes puzzle ont totalement disparues mais on peut utiliser certains éléments du décors à base cubique pour accéder un endroit en hauteur par exemple. Bref, c'est moins scolaire et mieux pensé.

Une autre système d'énigmes a été mis en place. Georgie étant dans le 21ème siècle, il a accès a l'informatique. Et il peut hacker les PCs à distance via son PDA, pour cela, il faut résoudre un casse-tête en dirigeant un flux d'informations en passant par certains points et en évitant d'en toucher d'autres. Bref, même si ça varie les choses c'est un procédé qui est beaucoup trop utilisé et qui facilité la vie des créateurs pour éviter l'invention d'autres énigmes. Et donc à force, ce genre d'énigmes devient énervant. D'autant plus qu'il arrive à moment où il est nécessaire d'utiliser ceci pour ouvrir une porte... Pas vraiment original.

Techniquement à la ramasse

On ne demande pas la lune, un Baphomet n'est pas censé être une vitrine visuelle mais à ce stade, ça en devient inadmissible. Le jeu est dans une 3D correcte sans vraiment être éclatant, elle est même quelquefois vide. En fait, la modélisation ressemble beaucoup au 3ème volet mais un travail de texture plus poussé, plus réaliste. Bon, pourquoi pas ? Mais quand le reste ne suit pas, il y a un problème. En effet, on a dit plus haut que le gameplay été retourné au click'n play mais rien n'était précisé sur la jouabilité franchement limite du soft.
Le curseur a une vitesse de déplacement très lente, ou du moins une impression de poids, elle n'est évidement pas réglable. Mais cette jouabilité surtout des problèmes de caméra qui sont certainement encore plus mal gérés que son prédécesseur. Les caméras bougent sans arrêt provoquant alors un retard sur le pointage du curseur, nous obligeant sans cesse de la replacer afin d'être le plus précis. Imaginez la galère lors qu'on a un élément très petit à pointer...
De plus, le jeu a une optimisation vraiment mal faites et qui sanctionne énormément de joueurs, ceci dû à un manque de compatibilité de cartes graphiques (voir la deuxième page du test).

On note aussi que la 3D oblige a jouer en combo clavier+souris. En effet, il est préférable de se déplacer avec les flèches de votre clavier mais cette préférence n'est guère précise. Le personnage est lourd, imprécis il ne peut qu'aller dans quatre directions et de temps en temps en diagonal, difficile de se déplacer sans se prendre un mur ou du moins se déplacer avec fluidité... Ce qui est fort dommageable car si la jouabilité aurait été plus sensible et les caméras moins folles, on aurait un tout nouveau système dans la série et donc, un vrai plaisir à manier Georges ou Nico.

Une qualité technique vraiment pas à la hauteur qui nuit au plaisir du jeu, certes après l'habitude y gagne mais faut pas être presser. Si on ajoute à cela quelques bugs sonores, on se dit que Revolution Software n'arrive décidément pas à maîtriser la 3D ou tout simplement la technologie de pointe.

On perd du charme quand même...

Il est clair que tous ces points techniques fort peu reluisants gâchent le plaisir de retrouver notre bon vieux Georges. Mais en fait, l'américain a aussi perdu de sa verve, frustré de jouer dans un environnement bancal ?
Mettons les choses au clair, il y a de bons moments, des moments hilarants mais nettement moins que les autres volets. le tout manque de punch, d'agressivité et de fun. Déjà nous avons droit au moins bon scénario de la saga, un scénario à la narration pépère qui est très linéaire et peu complexe.
Un petit rappel sur les débuts en fanfare des précédents épisodes. Baphomet : Georges est victime d'une explosion, se sentant concerné il enquête sur un clown qui va l'amener sur des fanatiques religieux emplis de mysticisme.
Quetzalcoatl : Attendus chez un professeur de renom, Georges et Nico se font tromper et attaquer par un indien, Nico est enlevé il faut la retrouver !
Voynich : Un professeur que Georges devait rencontrer est tué sous ces yeux. Dans le même temps, Nico voit son contact journalistique se faire assassiner, la meurtrière est encore dans la maison.
Bref, vous le voyez ça démarre sur les chapeaux de roue et le scénario suit différentes péripéties et vérités très fortes. Ici, une belle blonde, Anna maria, vous demande de l'aide pour échapper à la mafia, puis rechercher un trésor.
C'est beaucoup plus plat, et le scénario ne surprend guère car il ne s'attache pas aux personnages, comme Plantard ou Inspecteur Rosso ou Professeur Oubier des épisodes précédents.

Ensuite, on a des retrouvailles avec d'anciens personnages comme Duane Anderson. Hélas, le type est moins drôle et surtout sa voix n'est pas la même que les volets précédents... Ça casse de suite la charme, charme qui aurait pu masquer des faiblesses techniques ou scénaristiques.
Pire : La voix de Nico a changé pour avoir une voix de gamine de 17 ans avec un look de trentenaire voulant garder ses 20 ans... Un personnage capital qui a perdu tout son charisme et sa personnalité entre autre. Tellement plat qu'il en devient plus plaisant de jouer avec Anna-Maria, grande nouvelle de la série et donc inconnue du public.

Baphomet 4 est réellement une déception car en dépit des faiblesses techniques, il a perdu de sa superbe, dû à des erreurs de doublages, à un scénario peu profond, peu surprenant et parfois même incohérent. Qui plus est, les énigmes, même s'ils ont repris l'apparence des anciens volets, ont perdu de leur variété et de leur ton décalé et humoristique (même s'il y a de bonnes tranches de rires et quelques personnages secondaires drôle comme l'alcoolo ou le prêtre amateur de films d'action).
Le "tout" est trop bancale et inachevé pour relever le niveau de Voynich. Oui, vous avez bien lu, moins bon que Voynich. Peut être qu'une adaptation console pourra régler les problèmes de jouabilité, mais cela restera insuffisant pour plaire aux fans purs et durs.