Le successeur de l'E3 peu révélateur

Depuis 2005, la Games Convention s'impose petit à petit comme une référence dans les salons internationaux de Jeu Vidéo. 2008 aura été sa pleine confirmation en pétant le record des 203 000 visiteurs. Nous allons refaire un point sur le salon avec ce qui inclut comme annonces ou jeux phares.
Et continuer sur un petit résumé de la première moitié de l'année.


Sony, seul, veut reprendre son marché

La Games Convention est scindé en deux parties. L'une réservé à la presse qui nous a permis de connaitre quelques nouvelles annonces, et l'autre au public avec différents essais de jeux.
C'est évidemment la première partie qui nous intéresse.
Cependant, bon nombre d'acteurs majeurs du Jeu Vidéo ont refusé d'y accorder de l'importance.
Nintendo en premier lieu malgré leur récent aveu d'échec de leur E3 08. Et dans un second temps, Microsoft malgré leur récente déclaration que tous les moyens seraient mis en œuvre pour remonter la pente en Europe...
Des actes qui ne concordent pas avec la parole et finalement il y a eu absence total de ces deux fabricants. Absolument aucun jeu Nintendo ou Microsoft était présent.

Il ne restait qu'un seul constructeur sur la scène. C'était Sony. Malheureusement, si vous suivez l'actualité, toutes les fameuses nouveautés annoncés de Sony étaient déjà dévoilés "officieusement" auparavant. L'effet de surprise était absent et de toute manière... Est-ce que ces annonces prêtaient à la "surprise" ? Pas vraiment.
Sony sait qu'il a une énorme carte à jouer en Europe. Premièrement, c'est la zone où elle fonctionne le mieux et ce, sans sourciller. Mais deuxièmement, c'est en Europe que sont partis les tous premiers jeux étiquetés "casual" ou plutôt "familiales". Singstar, EyeToy ou Buzz sont des productions de SCEE et cartonnent uniquement en Europe.
Avec la Wii qui cartonne en se basant massivement sur ce genre d ejeux, Sony tarde à réagir mais... Il l'a fait à cette GC. Ce qui ne nous a pas forcément emballé en tant que joueurs plus "traditionnels".

Ainsi, pour Sony, la GC était le moment de pousser Nintendo sur son propre terrain. Pour ça, rien que mieux qu'une avalanche Singstar qui associe le jeu et la musique. Les deux domaines de prédilection de la PS3 selon des sondages Sony posés aux européens. On nous a donc martelé du Singstar la moitié de leur conférence avec pas moins de trois nouveaux disques PS2, dont un "spécial Disney" sentant un peu la corde s'effilocher.
Davaid Reeves parlait du "réel Singstar nouvelle génération" juste après l'E3. Finalement, pas de nouveau Singstar mais une évolution. Celle de copier toutes ses galettes PS2 dans le disque dur de sa PS3 pour augmenter efficacement sa tracklist. Une bonne nouvelle pour les aficionados, certes, mais de là à parler de "renouveau Singstar"...

On nous a représenté un nouveau Buzz PSP, mais surtout on nous a balancé la nouvelle fonction du PlaystationEye. Déjà utilisé avec Eye of the Judgment, le PSEye joue cette fois une carte totalement fonctionnel avec EyePet.
EyePet était en fait la seule vraie nouveauté de cette conférence (même si on savait que le "futur EyeToy" allait être présenté à l'avance).
Sony continue donc ses recherches en parallèle pour le jeu jeu familiale mais pour une fois, change de disque. Evidemment, le but est de récupérer une partie des consommateurs qu'ils avaient engrangée avec la PS2, partis sur Wii. Le joueur a donc été totalement exclu de cette conférence, du moins en ce qui concerne les "nouveautés".
En revanche, nous entrevoyons chez EyePet, une utilisation de la PSEye extrêmement poussée avec une interaction à 100% naturelle avec un élément virtuel (une espèce de singe kiki). L'utilisateur se voit dans l'écran avec son bétail devant lui et vous pouvez alors interagir avec lui, avec vos mains ou un objet. L'animal s'adaptera alors aux gestes de ses "maitres".
Enfin bref, un concept technologiquement bluffant, mais qui éclipsera son côté ludique. Néanmoins, on notera que le PSEye évolue.

Du côté hardware, rien de bien passionnant, la PS3 80Go arrivera sous différents packs et une PSP 3000 qui n'est qu'une petite évolution, pas une réelle nouvelle version ont été annoncés.
Bref, Sony n'a rien montré de nouveaux, même au niveau jeu, si ce n'est un certain Heavy Rain qui a reçu une présentation digne de ce nom par David Cage et Guillaume de Fondaumière.

Pour ce qui est du reste des éditeurs, il n'y avait absolument rien. Activision qui a quitté l'ESA et a donc boycotté l'E3 aurait pu (du ?) dévoiler réellement leur fameux Singularity, à peine murmuré à Los Angeles. Idem avec Ubisoft qui n'a pas dit un mot sur I am Alive.
EA s'est contenté de nous pondre une annonce du jeu "Tennis" maquillé en exclusivité Wii. En effet, l'ogre américain a, dans un premier temps, annoncé le jeu sur Wii, avant de "préciser" qu'il sera aussi sur PS3 et 360... La même stratégie qu'Ubisoft avec son Shaun White lors de l'E3. Une façon bien médiocre de masquer le manque de confiance envers la Wii.

Si dans les chiffres, la GC est le salon n°1 du jeu vidéo. Dans les faits, elle est considéré comme secondaire aux yeux des éditeurs. Seul Sony a joué sa chance, sans pour autant faire des merveilles. Ce qui nous fait penser qu'on a à faire à une sacrée bande d'hypocrites qui fustigent l'actuel E3 en menaçant de quitter l'ESA alors que la majorité s'est donné plus qu'à Leipzig...
Alors, évidemment, ce n'est pas la même cible puisqu'il faut aussi gérer le public, mais s'il était possible de gérer les essais publiques ainsi que les annonces presse avant l'E3 2005, pourquoi est-ce impossible maintenant ?
Un manque d'efforts semble se remarquer dans la communication des éditeurs car ceux-ci ne profitent pas des rassemblements de joueurs et presse... Dans ce cas, à quoi ça sert de participer ? De nos jours, on a une espèce de culture de l'auto-suffisance et beaucoup pensent surement que "d'façon il n'y a plus d'ancien E3, ils se contenteront alors de ce qu'on leur donne à Leipzig"... Et c'est le cas, vu l'engouement pour ce salon alors que rien de neuf ne se levait à l'horizon.