Le fun selon Ancel

Michel Ancel, le frenchie le plus connu du monde vidéoludique est sur tous les plans depuis deux E3 désormais. KingKong avait été un des gros jeux de l'E3 2005 et cette année, Ancel a été au premier plan avec son kidnapping par des lapins venus conquérir la Terre. Un créateur dont le délire est un maître mot du Jeu vidéo, il fallait se pencher un peu plus sur son travail, chose fait de suite, après le premier portrait sur Hideo Kojima, voici enfin un autre créateur JV : Michel Ancel !

Programmeur dès l'enfance

Né à Monaco en 1979, le petit Michel voyage beaucoup avec sa famille dont le père est militaire. Son enfance est ainsi passé majoritairement en Tunisie où les contes orientaux lui ouvriront une porte vers son univers imaginaire, un univers qu'il a gardé comme référence créative encore aujourd' hui.

"(...)tous ces récits m'emportaient dans des univers dont je m'inspire aujourd'hui pour mes décors. Certains héros de mes jeux ressemblent à ceux que j'imaginais à la lecture de ces contes"
.

Adolescent, il se prend aux jeux vidéo et c'est le début d'un engouement pour ce média. Il apprend à programmer en autodidacte et créer des jeux de réflexion en dehors des cours de lycée à Montpellier. En 1989, Michel Ancel a 17 ans et se fait remarquer lors d'un concours par UbiSoft, attiré par une séquence animée qu'il a crée lui-même de A à Z. Il est embauché comme graphiste indépendant chez la firme française. Il participe ainsi à quelques jeux comme The Intruder ou The Teller. Mais en 1992, il commence à créer un petit personnage, qui s'appellera Rayman dont il aura la charge de s'occuper avec une équipe de 30 employés de développer ce jeu tellement connu. Rayman en 1995 sur Playstation, Saturn et Jaguar.

Le héros sans membres idolâtré

Rayman eût un succès sans précédent. Il faut dire que la qualité du jeu est énorme, ou plutôt la richesse graphique de son univers. Un monde très coloré, enfantin, magique qui enivre une grosse majorité de joueurs qu'ils soient jeunes ou adultes. Le héros qui n'a pas de bras, ni de jambes est tellement attachant grâce à cette fausse infirmité et ce grand courage qu'il doit faire preuve pour sauver ses amis. Le jeu, en plus de cet univers imaginaire fouillé, est très riche. Rayman gagne des pouvoirs au fur et à mesure que le jeu avance, cela permet aussi de voir des animations très variées et fines, comme le lancer de poing, s'accrocher aux lianes, double-saut, etc etc. De nos jours c'est un gameplay classique, mais à l'époque toutes ces actions était un pur régal. Le tout enrobé de ses graphismes 2D ultra-fins et détaillés, Rayman est encore aujourd'hui une référence de la plate-forme 2D et ce n'est pas sa longue durée de vie et sa difficulté qui dira le contraire.
Avec ce jeu, Ancel débarque dans le business du jeu vidéo en annonçant son univers et sa créativité qui lui sont propres. Les différentes applications du héros dans divers softs d'apprentissage enfantins confirment la chose.

Après ça, Michel Ancel bosse sur la N64 en 1999, l'homme est en effet très attiré par les nouvelles capacités des consoles. Ainsi la 3D est toute nouvelle pour lui et sortira Tonic Trouble qui n'eût pas un gros succès. Le héros avait les mêmes caractéristiques que Rayman à savoir être sans membres, et même si le héros était plus déjanté que Rayman, il est resté nettement moins dans les mémoires à cause d'un manque de surprise, car le jeu reprenait aussi un gameplay similaire du premier succès d'Ancel, bref un échec, il faut l'avouer.
Qu'importe, puisque cette expérience de la 3D lui a permis de sortir Rayman 2 The Great Escape, en 1999 sur différents supports mais surtout sur Dreamcast, la 128 de Sega.

Même si la PS et la N64 ont eu droit à cette version, la puissance de la Dreamcast a permis de mieux apprécié l'évolution du petit monde de Rayman. Celui-ci doit toujours sauver ses potes mais par d'infâmes pirates à moitié métallises. Même si l'univers est plus sombre graphiquement, l'humour est beaucoup plus présent et la bonne ambiance l'accompagne tout autant. Un retour fracassant qui a permis de voir un excellent jeu de plate-forme 3D à 360° où l'ombre de Mario 64 planait toujours malgré des essais avec Gex par exemple. L'univers de Rayman associé à une technicité sans reproches, en particulier une excellente gestion de caméra (le point noir de tout jeu de plates-formes) a permis à Rayman 2 d'être tout simplement un must et de voir le héros s'asseoir dans le fauteuil de figure emblématique du monde virtuel du jeu vidéo.