Heureux qui, comme Kratos, a fait un beau voyage...

2005. La Playstation 2 commence à entrevoir ses derniers jours, avec les multiples annonces concernant la PS3, console next-gen de Sony présentée à l'E3 de la même année. Mais certains ne l'entendent pas de cette manière. Un anti-héros va montrer au monde entier que la console de Sony a encore de grandes choses à dévoiler. Ainsi sort en juillet 2005 God of War, développé par les studios de Sony of Amercia. God of War, c'est l'histoire de Kratos, un capitaine de l'armée Spartiate, une des plus puissantes du monde Antique et certainement la plus disciplinée. Cruel, Kratos n'a de pitié pour personne, et enchaîne les victoires dans des batailles toujours plus sanglantes jusqu'au jour où, en très mauvaise posture face à une armée barbare, il pactise avec Arès, le Dieu de la Guerre, pour obtenir la toute-puissance. Mais ce don coûtera la vie à sa famille, qu'il tuera de ses propres mains, aveuglé par sa soif de violence. Ce premier opus de God of War conte sa quête de vengeance face à Arès. Kratos est en effet le champion désigné des dieux de l'Olympe, qui lui apportent leur pouvoir pour l'aider à mettre fin aux desseins du Dieu de la Guerre.
Reconnu comme un des meilleurs jeux de la Play 2, et se révélant parmi les plus grands jeux d'action toutes consoles confondus, ce premier opus fût largement plébiscité, et reçut de nombreuses récompenses, notamment pour sa réalisation de haute volée, combinant gameplay accrocheur, scénario passionant, musiques épiques et graphismes sublimes.
Annoncée il y a quelques mois, la suite directe de ce soft, intitulée Gof of War II: Divine Retribution, sortira en 2007 sur Playstation 2. L'E3 2006 a été l'occasion d'éclaircir quelques points Chronique d'un succès assuré.


Plus sombre

Kratos aurait pu travailler dans une boucherie ou dans un abattoir, mais non, lui il a choisi d'être Dieu de la Guerre. Chacun son kiff comme dirait l'autre. Toujours est-il que ce second épisode débute après son accession à ce poste si prestigieux. Kratos a passé dix ans au service des Dieux et le voilà maintenant élevé à son tour au rang de divinité, prenant la place du déchu Arès. Le scénario de God of War 2 devrait se dérouler, selon le peu d'infos dévoilées, sur deux voies distinctes mais qui finalement se recoupent. D'une part les Dieux de l'Olympe, pas réellement enthousiastes de voir Kratos parmi eux, lui retireront les pouvoirs dont il avait bénéficié dans sa lutte contre Arès. Un indice de scénario qui devrait rejoindre la trame principale, celle-ci se déroulant sur fond de vengeance familiale, avec la découverte du frère de Kratos. Un petit cours d'histoire s'impose pour traiter du sujet. En effet, Sparte imposait aux enfants dés leur plus jeune âge un entraînement militaire intensif. Mais celui-ci était réservé aux plus forts d'entre eux. Les autres étaient abandonnés dans les montagnes, jugés inutiles pour l'armée Spartiate et beaucoup y périrent. Kratos fût incorporé à l'armée, tandis que son frère, plus faible, se réfugia dans les montagnes. Sur le point de mourir, celui-ci pactisa avec Hadès, le dieu des Enfers, afin de se venger de ce frère, gloire de Sparte, qui l'avait abandonné à une mort certaine.
Le scénario devrait donc s'articuler autour du combat de Kratos, dénigré par ses comparses, contre un frère en quête de vengeance, ayant obtenu le pouvoir des ténèbres suite à son pacte divin. Le destin de Kratos est réellement l'un des plus tragiques qu'il soit. Après avoir tué de ses propres mains sa femme et son enfant, le voilà maintenant en conflit direct avec son frère. Une prise de conscience de la véritable histoire par ce dernier pourrait amener les deux frères à se révolter contre les Dieux de l'Olympe, dans des combats que l'on imagine déjà dantesques.
Une trame de fond alléchante qui s'annonce encore plus noire que celle du précédent opus.

Plus sauvage

Ce qui a scotché pas mal de monde lors du premier épisode, c'est cet aspect de puissance de Kratos, simple mortel, qui s'élève seul contre les sbires d'Arès et autres êtres malfaisants. Le paradoxe était simple: Kratos broie, étripe, découpe, décapite, fend, arrache ses ennemis, tout cela accompagné de gerbes de sang adéquates, mais s'il pouvait apparaître à nos yeux comme une simple machine à tuer, la réalité était bien différente. En effet, la palette de coups, vaste, accompagnée de magies héritées des dieux, permettait des enchaînements classieux, et évitait surtout de tomber dans la monotonie. Les possibilités d'exécution se révélaient être diverses et variées. Ce gameplay accrocheur fût donc l'une des clés de la réussite de God of War, au contraire d'autres beat'em all dont l'action répétitive gâchait de bonnes idées. De ce fait, pour God of War II: Divine Retribution, l'équipe de Sony of America nous concocte quelque chose d'encore plus impressionnant! A travers les premières présentations du jeu, nous avons pu découvrir un Kratos plus souple que dans le premier opus, avec une palette de mouvements encore plus conséquente. De nombreuses interactions sont à prévoir avec le décor. En effet, si Kratos avait la possibilité de grimper aux pans de montagne et à certains murs lors du premier opus, cette capacité sera plus étendue dans Divine Retribution, où l'on a pu apprécier les capacités du héros se balancer à des cordes et autres chaînes pour accéder à des endroits précis. De plus, Kratos aura également la faculté de se déplacer suspendu à des plafonds, agrippé grâce à ses lames divines. Les ennemis utiliseront également le décor, trouvant ça et là des armes à utiliser pour venir à bout de notre guerrier.
Au niveau des combats, la palette de coups sera étoffée. Une des particularités du premier opus était ces scènes à contenu interactif: une fois un ennemi bien bastonné, l'icône "rond" de la manette PS2 apparaissait au-dessus de celui-ci. Une pression sur ladite touche au bon moment, et c'était parti pour une mise à mort brutale (décapitation, éviscération, découpage de haute en bas tout en finesse et j'en passe) ou bien un coup spécial dévastateur: un second icône apparaît alors au-dessus du vilain poursuivant ainsi le mouvement, en appelant d'autres si là aussi la pression sur la touche concernée est réussie dans le bon timing. A noter également l'utilisation des sticks analogiques durant ces phases de combat, lors de la décapitation des gorgones par exemple. Bref, pas mal de petits plus qui seront réintégrés lors du second opus, mais améliorés encore un peu plus. De nouvelles mises à mort de la sorte sont en effet annoncées, et des coups spéciaux encore plus violents viendront s'ajouter à ceux déjà présents. L'exemple flagrant entre-aperçu lors de la diffusion des premiers trailers du jeu nous montre un Kratos survolté monter sur les épaules d'un énorme cyclope, puis s'acharner sur son œil unique pour finalement l'arracher violemment…, le Dieu de la Guerre, comme à son habitude, ne fera pas dans la dentelle.

Comme annoncé au niveau du scénario, un petit changement s'opèrera au niveau des pouvoirs magiques, légués par les dieux de l'Olympe, dont Kratos bénéficiait dans le premier God of War. Ceux-ci vont tout bonnement disparaître, au profit de nouveaux pouvoirs dont on ne sait pour le moment que peu de choses, mais gageons qu'ils soient du niveau de ceux du premier opus.

Plus beau

Les premières phases in-game dévoilées, couplées aux screenshots mis à disposition, ne laissent présager de bonnes choses pour un jeu qui ne sortira que début 2007. Plus de détails dans les décors, une meilleure modélisation des personnages, que ce soit Kratos ou le bestiaire d'ennemis présentés jusqu'à maintenant. L'animation du héros a elle aussi été améliorée, afin de rendre ses mouvements plus naturels.
Le jeu, en terme de graphismes, paraît plus sombre que son aîné, ceci sans doute dû à un scénario encore plus tragique.
Une version Playstation 3 avait pendant un moment été évoquée, mais celle-ci ne devrait toutefois pas voir le jour. Tant pis, cela laissera l'occasion à la Play 2 de sortir ses tripes encore une fois, peut-être dans un dernier baroud d'honneur destiné à rendre hommage à la console vieillissante, mais pas encore à l'agonie, de la firme nippone.

Plus complet

Les développeurs de Sony of America avaient vu quelques-unes de leurs idées non intégrées dans God of War premier du nom faute de temps. Mais certaines d'entre elles devraient voir le jour avec Divine Retribution.
Premièrement, l'équipe de développement souhaitait que Kratos bénéficie des ailes d'Icare, célèbre personnage de la Grèce Antique qui, s'échappant du labyrinthe du minotaure grâce à des ailes confectionnées par son père Dédale, s'était rapproché trop près du soleil, ce qui eu pour effet de faire fondre la cire des ailes, et Icare finit sa vie au fond de la mer… Ce mythe de l'homme souhaitant voler tel un oiseau révèle le complexe d'impossibilité de s'élever au rang des Dieux. Cette faculté de vol sera intégrée dans ce prochain opus. Bien sûr, il ne s'agira pas de se balader dans le ciel à la recherche de pigeons maléfiques, des ailes similaires à celles d'un ange dans le dos, mais les essais réalisés pour GoW et disponibles en bonus dans la galette nous révélaient des phases de déplacement fort bien pensées, sans que cela ne ressemble à du "pilotage" de personnage… Même si rien de concret n'a été dévoilé de ce côté, nous pouvons tout de même supposer que le système sera idéalement intégré au gameplay général, afin de donner encore plus de possibilités à Kratos lors des phases d'exploration (oui oui, il y en a!).
Autre ajout d'importance: Pégase, le canasson préféré des Dieux, né du sang de Méduse suite à sa décapitation par le valeureux Persée (notez le cours de mythologie). Le cheval ailé atteignit le Mont Olympe sans son maître, Bellérophon, qui fût désarçonné par Zeus avant d'atteindre le repère des Dieux. Et bien tenez-vous bien, Kratos pourra chevaucher ce mythique étalon! Par exemple, notre ami Spartiate aura la possibilité de sauter sur le dos des griffons, afin de se débarrasser de leurs chevaucheurs dans un premier temps, puis finalement leur arracher les ailes, dans des combats aériens du meilleur effet.
Le bestiaire devrait lui également être amélioré, avec de nouvelles créatures mythologiques venant renforcer les traditionnels minotaures, cerbères, gorgones et autres harpies que l’on rencontre dans les écrits antiques.
Les développeurs semblent vouloir mettre le paquet pour ce second épisode, en espérant que l’ajout de nouveaux ingrédients dans cette succulente recette soit habilement dosé afin de ne pas dérouter les amoureux du premier volet.


Sûrement l'un des derniers gros titres de la Playstation 2, qui sortira chez nous début 2007. Un scénario dans la lignée du premier opus, tragique, sombre, et héroïque. Une réalisation une nouvelle fois à la hauteur, avec un gameplay encore plus riche, gardant les bases de God of War mais en y incorporant certains des éléments abandonnés lors du premier épisode, faute de temps. Epique, sauvage, complet et splendide, celui-ci avait surpris la communauté des joueurs, s'imposant d'emblée dans l'univers du jeu d'action, et érigeant Kratos, anti-héros parfait au destin tumultueux, au rang de figure emblématique du monde vidéoludique. God of War II: Divine Retribution s'inscrit dans la lignée de cet opus, en mieux. La nouvelle Odyssée de Kratos sera sans nul doute homérique, tel est le destin d'un dieu.