La boucherie selon Capcom : rigolo !

Si le jeu d’action/aventure avait un nom, il s’appellerait Capcom à n’en pas douter. Onimusha, Resident Evil, Devil May Cry, j’en passe et des meilleurs : l’éditeur nippon est aujourd’hui la référence en la matière, et de loin, avec des séries tout simplement cultes dans son escarcelle. Alors quand nous est annoncé le développement d’un nouveau jeu d’action sur Xbox 360, nous sommes en droit d’imaginer un héros charismatique, agissant dans un environnement très recherché, un scénario alambiqué tenant en haleine du début de l’aventure jusqu’à sa conclusion, une réalisation de haute volée permise par la puissance de la console, et d’autres ingrédients dont l’alchimie aboutira certainement à un nouveau jeu mythique. C’est tout ce que l’on souhaite à Dead Rising, même si pour le coup le chef Capcom a modifié un temps soit peu sa recette.

Reporter sans frontières…du réel

Vous trouvez Dante trop froid ? Jubei Yagyu trop sérieux ? Leon Kennedy ne vous fait pas rire ? Capcom a pensé à vous ! Le héros de Dead Rising, Frank West, est un simple reporter qui manie bien mieux l’appareil photo que le katana ou le fusil à pompe. Personne n’est parfait, mais notre ami Frank voit pourtant l’occasion arriver de prouver sa valeur ses compères, avec un scoop des plus scoops : l’immense complexe commercial de la ville est envahi par une horde de zombies, rien de moins. N’y voyez cependant aucune ressemblance avec Resident Evil, ces zombies là disposent d’un quota de matière grise bien inférieur et heureusement pour notre ami reporter, qui est donc parachuté sur les lieux de l’ "évènement" avec pour une mission des plus simples : ramener le maximum d’informations dans un temps imparti, déterminé par le retour de l’hélicoptère, soit 72 heures. Mais arrivé sur place, l’euphorie retombe vite, le centre commercial et ses environs pullulent de morts-vivants, qui, bien qu’écervelés, sont en nombre assez conséquent pour mettre à mal les ambitions de notre journaliste de choc.

It’s shopping time !

L’action prend place uniquement dans le complexe commercial et ses alentours. L’on pourrait imaginer que l’intérêt du soft pâtirait de cette localisation, mais au vu de la taille du centre, des ses nombreuses boutiques et la diversité des environnements, les craintes sont vite ravalées. Frank débarque dans ce joyeux foutoir armé d’un appareil photo, dans le genre impressionnant on repassera. Vos premiers pas dans le jeu seront donc résumés à l’utilisation d’une des techniques de combat les plus efficaces au monde, et qui d’ailleurs a de nombreuses fois fait ses preuves : la fuite. Mais l’heure n’est pas à l’affolement, cette sensation de faiblesse n’est que temporaire. Si Capcom n’a pas offert directement à Mr West un arsenal digne des meilleurs films d’action, c’est tout simplement car dans un centre commercial, on en trouve des choses, et c’est bien là l’intérêt du jeu. Ainsi pratiquement chaque objet fera office de nouvelle arme, permettant de foutre sur la tronche aux milliers de zombis parsemant le centre commercial. Haltères, tailles-haie, palmiers de décoration, pistolets, plots de signalisation, tronçonneuses, peluches, ballons de football, tondeuses à gazon, bouteilles, couteaux, casseroles, seaux, boules de bowling, pelles, lances-flamme, distributeurs d’eau, masses…tout ce qui peut être balancé, qui peut servir à embrocher, découper, arracher, désorienter un zombie sera disponible en libre-service, sans nécessité un passage à la caisse en fin de jeu. Marrant !
Autre touche très fun, la possibilité de vous rendre dans plusieurs boutiques de fringues et autres pour changer à volonté votre look. Casser du zombie, c’est bien, mais affublé d’une tête de Lego et d’une tenue d’athlète, c’est encore plus la classe !

500 millions de morts-vivants, et moi, et moi, et moi

Vous l’aurez compris, il s’agit là d’un bon gros beat’em all bien bourrin destinée à rassasier les joueurs en mal de sensations fortes. Les plus gros de votre activité sera donc la destruction en masse de zombies, par tous les moyens possibles. Néanmoins, il ne faudra pas oublier le pourquoi de votre présence en ce lieu : la quête d’informations pour permettre un reportage béton. De ce fait, il vous sera nécessaire de prendre ça et là des photographies choc, que cela soit une centaine de morts-vivants à vos trousses, un civil leur servant de casse-croûte, vos opposants se pavanant avec un couvre-chef résolument débile tel un plot de parking, que vous aurez pris préalablement le soin de poser, ou d’autres clichés montrant réellement que vous êtes au cœur de l’action. Ceux-ci vous rapporteront des points de prestige, qui permettront de débloquer des nouveaux mouvements pour Frank, bien utiles pour la suite de l’aventure.
Outre votre job de reporter, vous aurez également la possibilité de venir en aide à des civils, bloqués comme vous dans le centre commercial, mais beaucoup moins débrouillards. Ainsi, ce sont plus de 100 personnages non jouables que vous pourrez épauler, afin de retrouver un de leurs proches égaré dans ce chambard, les guider vers un point de sortie et autres missions humanitaires tranchant un peu avec le côté grand massacre du titre. De plus, chacune de ces "missions" se répercutera sur le déroulement du jeu : celui-ci prenant place dans un temps limité, nul doute que vous y reviendrez avec plaisir pour l’explorer de fond en comble, et débloquer entre autres la totalité des mouvements de Frank West.
Celui-ci n’est d’ailleurs pas invincible, et un petit coup d’œil régulier à sa jauge de vie sera nécessaire pour éviter de finir en kebab. Là encore, vous pourrez vous restaurer gratos dans le centre commercial, via les boissons énergétiques, les pizzas et bien d’autres mets disponibles dans les boutiques et restaurants, bref, un bon gros buffet à volonté. Le rêve !

Réalisation aux petits oignons

Si le genre n’est pas franchement source de chefs d’œuvre graphiques, Capcom fait, pour l’instant, mieux que le maître du genre Koei, et sa série Dynasty Warriors transposée récemment sur Xbox 360 dans de simples conversions pas franchement folichonnes, en tout cas bien inférieures à ce que l’on peut espérer sur la console de Microsoft. On pourraît en dire autant pour 99 Nights, dont seul le nombre d’unités à l’écran permet réellement de faire un pas vers la next-gen. Pour Dead Rising, Capcom a fait de gros efforts sur la réalisation pour sortir un titre techniquement au dessus des standards du genre. D’une part, le nombre de zombies présent sur les lieux est tout à fait affolant, une véritable marée hum..zombie. Un spectacle digne de Woodstock, sans la musique. L’animation des morts-vivants est tout à fait réaliste, cela signifie similaire à ce que l’on peut voir sur grand écran dans les films de Georges Romero (La Nuit des Morts Vivants, Zombie). Ceci renforce l’immersion sans pour autant effrayer, ce n’est d’ailleurs pas le but premier du jeu, qui laisse une place largement plus importante à l’action qu’au côté survival/horror.
Les décors sont tout à fait corrects, même si l’on est loin d’un Gears of War au niveau technique évidemment, cela reste bon et agréable. De plus, l’interaction avec bon nombre d’éléments du décor ajoute un fun indéniable au titre, qui sort ainsi des sentiers battus du beat’em all pour, non pas proposer un gameplay novateur, mais plutôt une expérience rafraîchissante et accrocheuse.

Un nouveau succès pour Capcom ? C’est ce que l’on pourrait penser tant Dead Rising semble prometteur à plus d’un égard. Simple beat’em all bourrin et ennuyeux au premier abord, le soft est en fait bourré de bonnes idées le démarquant ainsi de la concurrence. En effet, en proposant un héros semblable au commun des mortels, Capcom met le grand spectacle de côté au profit d’une expérience riche, permettant d’alterner entre survie, charcutage, travail de journaliste et aide aux badauds bloqués avec vous, ceci dans un temps imparti ajoutant au côté oppressif du titre. De plus, Dead Rising sera sans nul doute extrêmement fun, les armes disponibles ainsi que l’aspect grand guignol de certaines situations en sont les parfaits exemples. Rendez-vous est pris en septembre pour la sortie française du titre !