Petite guerre entre amis

La Playstation 2 a permis à la fine équipe de Guerilla de se faire un nom dans le monde du FPS consoles. Et quel nom ! Killzone s’est imposé comme l’un des meilleurs softs de la ludothèque PS2, et a permis un dépoussiérage complet des circuits de la vieillissante console de Sony, exploitant à fond ses capacités pour nous offrir un jeu sublime, et par là même une nouvelle licence forte. Oui oui, licence forte, que l’éditeur japonais a su mettre en avant lors de l’E3 2005 via une présentation vidéo de la suite de Killzone. Même si le tout se révélait être du pré calculé qui ne sera pas du niveau de ce que l’on verra sur Playstation 3, Killzone 2 a eu son petit effet médiatique certain, avant de finalement jouer aux abonnés absents lors de la mouture 2006 du salon de Los Angeles. Enfin, absence, nous ne dirons pas ça ; on a bien vu du Killzone lors de ce salon, mais pas sur next-gen, et encore moins en FPS : Killzone Liberation, qui déboulera chez nous en octobre, sera un jeu d’action à la troisième personne, exclusivement sur PSP. Petit aperçu sur un jeu qui me tient à cœur, tout du moins assez pour me faire quitter Guild Wars, alors que mon rôdeur/élémentaliste vient de passer au niveau 20 et m’appelle de toutes ses forces pour level-up son familier. Triste monde fait de choix tous plus cruciaux les uns que les autres.

La vengance Hellgast version 2.0

Killzone, c’est tout d’abord un univers un temps soit peu recherché, car en général les scénarios des FPS sont aussi insipides que le riz au lait à l’eau de ma grand-mère.
Il s’agit de la guerre entre deux peuples : les humains, représentés par les soldats de l’ISA, et les Helgast, anciens colons terriens ayant subi des mutations sur l’inhospitalière planète d’Helgan, sans recevoir d’aide de leurs compatriotes. Ceux-ci sont des copies pures et simples des soldats de Jin-Roh, la Brigade des Loups, animé de Okiura Hiroyuki, et disposent d’armures étonnamment résistantes. L’histoire de Killzone Libération prend place quelques mois après le dénouement de Killzone sur PS2 : le général Adams, traître de l’ISA, a été bien amoché par vos soins avant de finir écrasé dans une plate-forme SD, clé de voûte de la défense rebelle. Mais voilà, comme l’annonçait le très prophète capitaine Templar à la fin de Killzone, les Hellgast reviendront sûrement à l’assaut. Et il avait vu juste le bougre ! La guerre entre ces deux factions repart de plus belle, et le casting de Killzone Liberation vous permettra d’incarner les principaux personnages de l’opus consoles de salon, avec, en guest-star de ce qui nous a été montré pour le moment, Templar le stratège peu charistmatique et le sergent Rico, brute spécialiste de l’artillerie lourde. C’est reparti comme en 40 !

Fini le FPS, place à la troisième personne

Killzone Liberation, peut-être par souci d’adaptation au support, ne sera pas comme son aîné un simple FPS ; Il est vrai que shooter du Hellgat à la première personne sans sticks analogiques, avouons-le clairement, ce n’est pas du gâteau, surtout que l’ergonomie n’est pas des plus adaptées pour ce type de jeu. Mais chez Guerilla, on a les réponses à toutes les questions, et des idées à revendre, c’est pourquoi l’équipe de développement nous propose ici un jeu d’action en vue à la troisième personne. Mais quand je dis action, c’est de l’action-action, pas du lancer de bananes ou de pastèques, mais la guerre, la vraie, avec son lot d’explosions, de sang, de balles qui sifflent, de cris, de gros calibres et de chaos notable. La guerre quoi. Vous dirigez donc un soldat de l’ISA parmi ceux déjà entrevus dans le premier opus, et votre mission est ma foi assez simple : nettoyer le niveau de fond en comble de tout ce qui porte masque à oxygène et goggles rouges, et tant pis pour l’équipe de dépoussiérage.
Peu de répit dans cette aventure, chaque pas effectué est propice à de nouvelles fusillades, laissant peu de place aux essais stratégiques. Cependant, possibilité sera donnée, lors des missions en coop’ avec un bot dans le mode histoire, de donner des ordres à votre compagnon d’armes (ou d’infortune, c’est selon). Assez sommaire, cette fonction se résume au déplacement de votre collègue à un endroit prédéfini lui permettant d’effectuer une action spécifique. Dommage, un système à la Brothers in Arms, simple mais intuitif, aurait pu être sympathique, mais d’un être côté aurait peut-être nuit à l’intensité du jeu. A voir.
Il y aura également possibilité de se cacher ça et là derrière diverses caisses ou autres planques, mais la méthode musclée sera plus souvent de rigueur.
Pour mener à bien les différentes missions, l’arsenal proposé sera fort conséquent. L’on retrouvera les fusils d’assaut Hellgast (tir secondaire fusil de chasse) et ISA (lance-grenades) ainsi que des lance-flammes, fusils à pompes, bazookas, mitrailleuses, grenades etc. Certains véhicules pourront même être utilisés, à de sinistres fins bien évidemment, ce qui était impossible dans Killzone. Enfin, l’on retrouvera les traditionnelles tourelles, dont il faudra user et abuser tant elles sont ravageuses.
Utilisant la 3D isométrique pour le rendu de l’action, on pourrait craindre à des difficultés concernant le lock des ennemis, mais la visée semi-automatique implantée par l’équipe de développement se révèle apparemment convaincante. Une bonne nouvelle tant cet aspect clé du gameplay aurait pu être rebutant à plus d’un égard.
Bref, un concentré d’action servi sur un plateau graphique assez réjouissant…

La guerre, c’est beau; la guerre, c'est long

C’est là qu’entre en scène l’un des points forts de la PSP : sa capacité à héberger de beaux jeux. Et les ptits gars de Guerilla ne se sont pas privées pour nous en mettre plein la vue, soyez-en sûrs ! L’opus PS2 brillait déjà par sa réalisation graphique, et bien il en sera de même pour Killzone Liberation sur PSP. Comme ça, pas de jaloux.
La modélisation des niveaux et des personnages est tout à fait convaincante, tirant profit des capacités de la portable de Sony. Guerre oblige, le soft proposera un spectacle pyrotechnique du plus bel effet : éléments destructibles, rendus des explosions fort sympathique, accompagnées comme il se doit de fumées et autres effets inhérents aux fusillades (lumières produites par le feu des canons, effusions de sang etc.), sans compter le niveau de détail très poussé. Evidemment, ne vous attendez pas à voir un soft du niveau d’Oblivion, ce n’est pas le même support…mais sur PSP, c’est du tout bon.

Le soft comprendra 16 missions pour le mode solo. Cela reste correct, étant donné que le niveau de difficulté s’annonce assez élevée et donc propice à de nombreux essais pour boucler les missions. Augmentation artificielle de la durée de vie ? Oui et non, car Killzone Liberation proposera également divers modes de jeux multi-joueurs jusqu’à 6 joueurs en infrastructure, mais également en had-oc, tout ceci via le Wifi. De quoi se foutre sur la tronche pendant quelques temps dans divers deathmatchs dynamiques et autres assauts : joutes furieuses en prévision !

La recette de ce Killzone Liberation aurait pu être « On prend les mêmes et on recommence », mais il en est autrement. Heureux qui comme Guerilla ne suit pas la tendance moutonnière de la simple adaptation PS2-PSP, et propose un gameplay totalement différent de ce que l’on connaît de Killzone sur Playstation 2. Abandonner le FPS, genre qui a fait la réputation de la toute jeune licence, pour développer un soft en vue à la troisième personne est un pari risqué, mais qui devrait finalement se révéler payante et apporter de la fraîcheur à la ludothèque PSP, qui croule sous les adaptations depuis son lancement. On peut espérer une nouvelle ère de jeux originaux sur la petite portable, Killzone Liberation en est le parfait exemple, proposant de l’action non-stop de manière dynamique et agréable à l’oeil.
En espérant que d’autres studios de développement suivent cette mouvance pour changer durablement le paysage vidéoludique sur la console de Sony. Les licences, c’est bien, lorsqu’elles sont judicieusement utilisées, c’est mieux, nous nous en rendrons compte dés la fin octobre avec ce Killzone Liberation. En attendant Killzone 2, killer app’ annoncé de la Playstation 3.