Retour prometteur de Baphomet

"Salut ! Je m'appelle George Stobbart, je viens de Californie !" Ça vous rappelle rien ça ? "Oh du calme le chat ! Avec tes griffes de velociraptor !" et ça ? "Paris en automne, les derniers mois de l'année... et la fin d'un millénaire..." Qui dit "Click'n play" dit ? Non pas Monkey island... Broken Sword ! Chez nous les Chevaliers de Baphomet. Véritable must du jeu d'aventure avec un grand "A", ce jeu a rendu chauve bon nombre de joueurs bloquant sur une de ces énigmes complètement tordues mais si savoureuses... Après un troisième épisode en demi-teinte, Charles Cecil relève le défi de faire évoluer sa création et de dépasser le must du genre : lui-même.

George n'est qu'un homme, pas Moïse

Des trois volets, le soft n'a jamais été infidèle scénaristiquement parlant, ce n'est pas encore le cas aujourd'hui. On apprend que Moïse aurait crée une arme surpuissante, presque divinatoire ce qui lui a permis d'avoir un peuple entier à ses cotés... Déjà, ça la fout mal pour les croyants, mais en plus de ça, l'arme existe toujours et est la conquête d'hommes puissants...

Dans les derniers volets, on y voyait notre George évoluer pour y devenir une sorte d'aventurier des temps modernes, comme le montrait clairement le dernier volet en date où les débuts de George se passent directement dans la jungle...
Ici, notre héros va toujours partir à l'aventure mais on l'y invitera... En effet, Charles Cecil veut que son héros soit vu comme un homme, un homme banal à qui il arrive des embrouilles. Et notre George va rencontrer à New-York, une charmante femme blonde, du nom de Anna-Maria.
Étant donné l'incompatibilité de vie avec Nico, il tombe amoureux de la miss et il va partir à la recherche du trésor après que ce nouveau personnage féminin lui confie une carte au trésor...

On aura donc affaire à un George beaucoup plus proche du premier volet, c'est à dire, un type qui n'a pas de bol et qui se retrouve dans des situations les plus folles qui soient. C'est aussi ce qui a fait le charme de la série, il faut avouer. Bref, ce quatrième volet semble reprendre quelques éléments clés du volet de 1996, et ce n'est pas plus mal...

Le click'n play est immortel

L'ombre du troisième volet est omniprésent sur ce quatrième volet car il s'agit de ne pas retomber dans un gameplay hyper simplifié et qui perd donc de charme et d'efficacité.
On dit toujours que ce n'est pas bon de revenir en arrière... Mais quand c'est mûrement réfléchi et subtil, ça peut cartonner. Le créateur est donc revenu au click'n play. Un bon curseur qui se transformera en main, engrenage ou loupe selon les endroits où l'on passe. Ceci devrait permettre deux choses : retrouver le plaisir de scruter, détailler, découvrir les éléments qui feront avancer la situation, et aussi de regagner de la difficulté, chose perdue lors du troisième volet.

D'ailleurs on annonce que les énigmes en eux-même sont bien plus complexes, peut être même plus haut que les deux premiers volets... Non ! Ne partez pas, tout ira bien ! La qualité ou la haute difficulté des énigmes n'a jamais été remise en cause dans Baphomet, cela dit, le plus sceptique d'entre nous peut très bien avoir des doutes sur la difficulté du jeu. Car trop ardu, dit aussi cible de joueurs réduite, c'est à dire les fans et habitués du genre. Une mentalité inverse du troisième qui ravit les fans (ne niez pas, je sens que vous l'attendez ce jeu) mais qui peut aussi rebuter certains autres ou les éventuels novices.

Techniquement ni bon, ni mauvais

Techniquement parlant le jeu gardera sa 3D "réaliste". "Réaliste" est un bien grand mot car le soft ne demandera pas de grosse configuration et les graphismes n'étonnent pas vraiment. Cela dit, force est de constater qu'il y a une beau pas en avant par rapport à Voynich (décidément, on arrête pas d'en parler). Les visages sont en fait bien plus affinés et précis, même si l'environnement n'est pas une grande beauté, il reste un certain charme chromatique, dans le choix de couleurs vives des bâtiments par exemple.
Cela dit, beaucoup de passages semblent être sombres, soit pris dans une obscurité persistante ou dans des situations intérieurs. A voir si cela influencera la jouabilité (si on voit rien, difficile de savoir quoi faire)...

Le jeu de caméras devrait être plus dynamique, plus vivant, cela est un bon avantage et évitera la monotonie d'un panorama graphiquement moyen. Mais ce jeu de caméras peut aussi influencer sur le jeu, plusieurs angles, trop de mobilité pourrait aussi empêcher d'avoir bonne vision des éléments cruciaux. Mais cela pourra aussi être un avantage et obliger les joueurs de mieux scruter l'environnement, ça s'appelle "régler le niveau difficulté".

Comme toujours, la bande son promet d'être un petit bijou de jeu d'acteurs. On prend les mêmes et on recommence, les dialogues cinglants seront toujours de la partie avec George toujours aussi cassant. De plus, petite gâterie, on pourra choisir entre la VF et la VO. Évidemment, on préférera la VF auquel nous sommes habitués, mais la VO peut être tout aussi intéressante.
Enfin à noter que la belle Nico sera aussi jouable et toujours aussi curieuse...

Ce Baphomet 4 promet de renouer avec le succès unanime, en tout cas on sent qu'il en a le potentiel. Mais au delà du scénario, du charme, de la difficulté du jeu que l'on connaît si bien, on a un brin d'anxiété car la 3D n'a toujours pas été maîtrisé par Revolution Software, et on a peur aux bugs, emballements de caméra, ralentissements, etc. Mais il y a de fortes chances que ce volet surpasse Voynich et c'est déjà ça de pris.