Phoenix Wright is Back et ça fait plais' !

Révélation européenne de l'année 2006, Phoenix Wright a conquis un certain public sur DS de part son scénario, suspens, rebondissements et pressions. C'était en mars 2006, et c'est à peu près à la même période que sa suite chronologique arrive sur nos terres.
Phoenix Wright n'a pas perdu de sa verve, reste à savoir s'il a réussi à en regagner...


Un Instant !

Petit rappel tout de même pour ceux qui ne connaissent pas le titre. Inauguré sur GBA, la série consiste à incarner un avocat de la défense. Jeu purement textuel, il vous faudra vous focaliser sur tous les dires des personnages pour ainsi assembler les pièces du puzzle de l'affaire en cours (toujours un meurtre). A cela vient aussi la défense de votre client, innocent, lors du jugement et là il vous faudra presser moralement les témoins et trouver des contradictions qui lèveront petit à petit le voile sur la culpabilité de l'accusé.

Cette suite, qui rappelle t-on, n'est pas nouvelle puisque originalement sur GBA, reprend en tous points les caractéristiques de son prédécesseur. Le concept et donc le gameplay sont parfaitement identiques. Ainsi, le plaisir de la lecture des dialogues est toujours présent.
Avec des scénario de plus en plus complexes et de plus en plus prenant, les qualités du premier volet se voient démultiplier tant la qualité scénaristique, la pression des situations, les sarcasmes du héros et l'humour de la plupart des personnages, bref l'ensemble des textes est excellent et c'est bien le point fort du jeu comme toujours. Ces textes prennent en grippe le joueur tant les personnages attirent la sympathie et tant le scénario est suffisamment alambiqué pour nous accrocher à notre DS...

Prend ça !


Le jeu est donc très similaire au premier épisode, mais... Mais une nouveauté fait son apparition c'est le "Psycho-lock". On rappelle que la meilleur amie de Phoenix Wright a des pouvoirs spirituels. Ainsi, très tôt dans l'aventure, vous aurez sa pierre magique avec vous. Et lors de différentes discussions avec les acteurs du jeu, vous vous rendrez compte que des sujets les gêne... Contrairement au premier épisode où il suffisait de pointer sous leur nez un ou deux objets, là une image symbolique viendra frapper le personnage questionné d'un chainage verrouillé de plusieurs cadenas. Plus ces derniers sont nombreux, plus les secrets des personnages seront lourds et difficiles à révéler.
Et là, comme au moment du passage au tribunal, il vous faudra faire preuve de logique en prouvant aux menteurs leur culpabilité. En gros, ce psycho-lock est un nouveau système qui permet de faire avancer l'investigation, jusqu'alors très libre et facile dans l'épisode précédent. Ici, l'investigation se voit renforcer et est donc plus passionnant et aussi difficile que les jugements.

Il vous faudra donc parler, soumettre des objets, faire des tonnes d'allers-retours pour accumuler une masse de preuves pour ainsi soulever les bonnes questions et ainsi glaner des informations-preuves cruciaux pour le jugement.
Attention, cependant ! Autant avant, on avait droit à un certain nombre d'erreurs, autant ici vous avez une barre d'erreurs". A chaque erreur, c'est à dire, faux jugements, mauvaises preuves ou justement mauvaises réponses dans l'utilisation du psycho-lock, votre barre de crédibilité diminue plus ou moins en fonction de la gravité de vos erreurs. Si elle vide, vous recommencez depuis votre dernière sauvegarde.

Objection !

Ce psycho-lock est malheureusement la seule nouveauté de ce deuxième volet. Même si cela apporte réellement un "plus" dans l'avancée du jeu qui en devient moins linéaire dans sa partie "investigation", cela reste peu. Car tout ce qui est concept, jouabilité, graphismes, tout est identique. Certes, cela reste d'une bonne, voir très bonne qualité mais quelques ajustements auraient été la bienvenue.

D'autant plus qu'aucun chapitre bonus n'a été crée pour l'occasion comme ce fût le cas l'année dernière. Cela dit, le jeu est bien plus difficile et donc plus long que le volet précédent. Vous prendrez une belle quinzaine d'heures pour le terminer, aussi long que le premier volet mais sans bonus... Les affaires sont bien plus tordues, plus ficelées, bourrées de rebondissements. Là où la dernière mission du premier volet vous avez donné du fil à retordre, c'est ici l'intégralité des missions qui vont prendront à la gorge de la sorte. Même le premier chapitre censé être un tutorial est déjà au dessus de la norme.

Techniquement, le jeu est parfaitement identique à son antécédent, c'est assez fin bien que ce soit des images fixes. Le design des personnages devient tout de même un peu trop fantaisiste, avec l'univers du cirque et donc un magicien tout de rose vêtu, le retour du héros du Samurai d'Argent et donc tout le trip Sentai qui va avec. Cela dit, ça permet aussi de casser avec le scénario sérieux pour équilibrer entre des phases plutôt sordides et d'autres plus légères, donc pas trop de soucis là dessus, surtout quand le design de ces personnages est justifié par le décors...
La bande son reste tout aussi bonne en reprenant certaines musiques déjà connus des joueurs de la série. Avec et c'est surtout ces trois sons qui donnent le ton de l'aventure "Objection !" "Un Instant !" et "Prend ça !".

Enfin, les scénarios sont bien ficelés et on a toujours une espèce de fil rouge propre aux personnages, ici ce sera la famille Fey avec Maya et Pearl, la jeune cousine de Maya qui, à huit ans peut faire apparaitre la défunte mentor du héros : Mia. Des personnages auxquels on s'attache toujours autant. Enfin, mention spéciale au dernier chapitre qui repousse les limites du stress et des rebondissements de maître... Mais pour le savoir je vous invites à y jouer...

C'est très difficile de blâmer le soft de son manque de nouveautés tant il procure des émotions intenses... Rien à faire, comme dit plus haut la qualité d'écriture est trop forte pour que le jeu soit boudé...
On pourra regretter que trop d'anciens personnages réapparaissent, ainsi que les nouveaux personnages soient un peu trop farfelues (affaire sur le Cirque ou les séries TV). Mais ce serait pinailler tant ce deuxième volet chevauche sur son prédécesseur en terme de qualité scénaristique, la "surprise" en moins cependant.